Des mini-reportages sur les façons de vivre, de penser, d'étudier, d'aimer en Chine. Des petits billets pour montrer une Chine plurielles, diverses et contradictoire.
Depuis que je me les fais masser, mes pieds sont devenus très sensibles. Mon corps s'exprime par eux avant tout autre organe. Je suis fatigué d'abord dans les pieds, je désire par les pieds, bientôt je respirerai et je penserai par les pieds.
Si on me coupait les mains, je serais emmerdé, un peu triste, mais pas catastrophé. De toute façon, écrire avec un stylo m'ennuie, et je tape sur les claviers avec deux doigts, donc je peux travailler avec deux moignons.
Si on me coupait la tête, pareil.
Si on me coupait les testicules, je me dirais que c'était le destin, et je tenterais une carrière de chanteur. Et j'entonnerais Herzlich lieb hab Ich lieb Ô Herr, Ô Herr meine stärcke, la la la la…
Si on me coupait la langue, ce serait un bienfait pour l'humanité, et la plupart de mes soucis disparaîtraient.
Mais si on me coupait les pieds, je ne serais plus moi. Je souffrirais tout de travers, et ma vie ne saurait pas comment s'écouler.