Des mini-reportages sur les façons de vivre, de penser, d'étudier, d'aimer en Chine. Des petits billets pour montrer une Chine plurielles, diverses et contradictoire.
05h28. Mon appartement est baigné de lumière. Des gens jouent au badminton sous mes fenêtres et les oiseaux s'égosillent. J'ai trois heures devant moi avant de songer à partir au boulot. Que faire ? Aller courir, s'assouplir, suer et ventiler ? Ecrire ? Prendre un petit-déjeuner pantagruélique ?
De 5h00 à 9h00, le monde nous appartient, la Chine respire, l'air est moins pollué, le corps plus léger, l'esprit plus délié, le système émotif plus contondant.
Je mets un vieux CD de Schütz et j'en ai une boule dans la gorge. Je me demande si c'est la musique qui me fait ça ou si j'ai trop fumé la veille.
J'ai fait un cours récemment sur la musique polyphonique et la musique baroque. De ressortir les Josquin Després, les Guillaume Dufay, les Schütz, les Bach, ça m'a ramené violemment aux émotions crues de la musique.
Dès les premières notes de la Déploration de Josquin, l'impression que ce morceau vous prend aux tripes pour ne plus vous lâcher.
06h29. Les oiseaux ont changé de trilles. Les vieux ont apporté leurs oiseaux encagés qui font de la concurrence à ceux qui habitent les arbres de ma rue. Les gens discutent à voix haute et rigolent. Tout le monde est pleinement réveillé, la journée est belle. Il fait frais.