Des mini-reportages sur les façons de vivre, de penser, d'étudier, d'aimer en Chine. Des petits billets pour montrer une Chine plurielles, diverses et contradictoire.
Pour tous les habitants de Shanghai, comme pour tous les visiteurs qui n’y restent que quelques jours, voici les étapes d’une belle balade à pied qui prendra la journée. En douze étapes numérotées. Chaque étape mériterait un ou plusieurs billets à elle seule. Ici, je résume pour donner une vision d’ensemble.
1- Commencer à la Banque de Chine, sur le Bund, et descendre la promenade du quai. Même les Shanghaiens devraient retourner par moments sur le Bund, car la vue des tours de Pudong, sur l’autre rive, mérite qu’on y revienne. Pour ma part, ce n’est qu’au bout de la quatrième ou cinquième vision que j’ai commencé avoir de l’émotion.
2- Ne pas hésiter à entrer dans les banques et les hôtels qui longent le Bund. J’ai oublié leur nom, mais je n’oublierai pas leur hall plein de marbre et de lustre. Ne pas hésiter à monter aux étages, à profiter de leurs cafés, de leurs toilettes. C’est le luxe du promeneur.
3- Au bout du Bund, vous arrivez dans la ville chinoise. Aller au jardin Yu. En faire d’abord le tour par l’extérieur, pour voir ce que cette demeure de riche offrait aux yeux des citadins, combien le jardin débordait de ses murs.
4- Visite du jardin Yu et de ses pierres vertigineuses.
5- Maison de thé au cœur du lac qui borde le jardin. Se faire faire la cérémonie du thé au fond de la salle du rez-de-chaussée. Le client choisit un thé (jasmin, litchi, thé vert) dans une grande tasse, et s’en fait servir un autre dans de minuscules tasses et théière. Ce dernier est du Wulong, et du meilleur : au bout de quelques tasses, sentir l’arrière goût d’anis. Rester suffisamment de temps, oublier le premier thé choisi, et apprécier cet excellent Wulong, à mi-chemin entre le thé vert et le thé noir.
6- Revenir vers le centre ville en se repérant aux tours que l’on voit au nord. Marcher jusqu’à la Place du Peuple en traversant des quartiers des années vingt, trente, qui donnent une forte impression de ville coloniale.
7- Place du Peuple. Marcher jusqu’au Musée de Shanghai, puis le Grand Opéra, le Musée d’Art, le Musée d’art contemporain. Tout cela au hasard, en levant le nez le plus possible car les tours environnantes proposent des formes variées et surprenantes. Les architectes se sont follement amusés, ici, et n’ont pas fini de s’amuser.
8- Dans la direction de la concession française (ouest), marcher en empruntant une suite de petits parcs. Ces parcs longent plus ou moins la grosse artère aérienne Yan an lu. Marcher en entendant le bourdonnement continue du trafic et en regardant les tours à travers les arbres. Des amoureux se bécotent sur les bancs publics et des bandes de jeunes s’essaient à des trafics louches.
9- Au bout du dernier parc, arriver au grand croisement des routes aériennes. Un formidable réseau de lignes entrecroisées, le plus important de Shanghai. Au centre, une colonne a été revêtue d’un dragon pour éviter les accidents. Faire le tour de cette colonne dragon sur la passerelle piétonne qui fait harmonieusement partie du réseau routier.

10- Continuer vers l’ouest, vous êtes sur la rue Changle. En pleine concession française. Aller au hasard, toujours vers l’ouest. Maisons de la première moitié du vingtième siècle et boutiques de fringues. Restaurants de toutes sortes, de la gargote de rue au Japonais branché et hors de prix (je recommande le Shintori, rue Julu, au design soigné de béton, et à la cuisine extra fine.)
11- Finir la journée en sirotant un cocktail au People, à côté du Shintori, ou/et au Face, dans le parc de l’hôtel Ruijin, entre la rue Maoming et la rue Ruijin. Un bar à l’apparence très coloniale aussi, qui peut en rebuter certains, mais qu’il est bon de connaître car c’est Shanghai, sa légende, sa frime, son confort, son luxe.
12- L’idéal serait d’aller se faire masser les pieds avant de rentrer se coucher, mais ça dépend un peu du nombre de verres que le promeneur s’est envoyé avec ses copains.