Des mini-reportages sur les façons de vivre, de penser, d'étudier, d'aimer en Chine. Des petits billets pour montrer une Chine plurielles, diverses et contradictoire.

La passion de l’énumération est présente partout. Les Chinois, depuis des millénaires, parlent à des fins édificatrices des « quatre machins », des « trois bidules », par exemple, les « quatre trésors du lettré » (papier, pinceau, encre et encrier). Feng Menglong, au dix-septième siècle, parla des « quatre grands livres extraordinaires » (Les trois royaumes, Au bord de l’eau, La pérégrination vers l’ouest et Jin Ping Mei, ou Fleurs en fiole d’or). Les copies d’étudiants évoquent les « quatre inventions géniales » qui sont censées représenter le génie chinois (la poudre à canon, la boussole, l’imprimerie et je ne sais plus quoi, peut-être le fil à couper le beurre, la porcelaine ou la manipulation des masses). Au Musée d’art de Shanghai, j’ai vu qu’il était question des « cinq –ismes » pour faire comprendre le mouvement des artistes modernes (modernisme, internationalisme, expressionnisme, etc.)
On pourrait énumérer toutes les énumérations apparues dans la culture chinoise, la liste serait infinie. Cela montre au moins un grand souci de la pédagogie et une croyance aveugle dans le pouvoir des chiffres, à moins que ce n’en soit une conscience aiguë.
La dernière énumération en date a été trouvée dans un parc de Shanghai. Les « sept ne pas ». J’ai une affection particulière pour le numéro 6 : « Ne pas parler grossièrement ni faire preuve d’obscénité. »