Des mini-reportages sur les façons de vivre, de penser, d'étudier, d'aimer en Chine. Des petits billets pour montrer une Chine plurielles, diverses et contradictoire.

La cupidité des promoteurs immobiliers n'a pas de limites, et elle a fait plus de mal au patrimoine culturel de la Chine que tous les étrangers impérialistes réunis. Le long de la rivière Suzhou, on aurait pu laisser toutes les friches industrielles et penser un lieu de vie intéressant. Les usines, ça fait longtemps qu'elles ont gagné leurs lettres de noblesse en terme d'architecture, d'ambiance, de formes pures. Et même de couleur : pour des raisons qui regardent les producteurs, un grand bâtiment industriel est peint en bleu, et il se voit de loin.

Avec de tels vestiges, ne me dites pas qu'on ne peut pas faire un quartier plein de joie, de cohérence historique, favorable au lien social et à la créativité des administrés.
Je ne sais pas si cela coûterait plus cher que de tout raser et de faire pousser à la place des résidences gardées pour nouveaux riches, dont la majorité des appartements ne sont pas occupés et ne sont que des objets de spéculation.

La vie au bord de la rivière est paisible, comme partout où les rues ne sont pas larges et où il y a de nombreux ponts. Les ponts ont un effet apaisant sur les gens, comme s'ils charriaient avec eux la peur de tomber à l'eau, et qu'ils redonnaient à ceux qui sont à terre un sentiment de confiance pacifiée.
