Il ne faut pas confondre 玄武湖 (Xuan Wu Hu) et 紫霞湖 (Zi Xia Hu).
Qui serait tenté de le faire, franchement ? Cela ne s'écrit pas pareil, et ça ne prononce pas du tout de la même manière.
Pourtant, beaucoup confondent, dans les conversations, et moi le premier. Les deux lacs sont à Nankin, mais l'un est connu de beaucoup de Chinois, alors que l'autre n'est connu que des lecteurs de mes blogs.
J'ai passé tant de temps à parler du Lac des Nuages pourpres (Zi Xia Hu) que j'en ai oublié celui qui figure sur cette vidéo.
Il est large, il constitue à lui seul le nord-ouest du centre ville de Nankin.
On ne s'y baigne pas, mais on peut y faire du pédalo.
Moi je n'en ai fait qu'une fois, avec ma joyeuse bande d'étudiants de Shanghai. C'était en juin ou en juillet, après les examens.
Autour du lac, les Nankinois se reposent et s'adonnent à toutes sortes d'activités, musicales entre autres.
Musicales souvent.
On y joue du Erhu, ce violon à deux cordes qui vient des barbares de l'ouest, les Ouïghours ou les Kirghizes. On y danse, on y chante dans des karaoke en plein air.
Moi - c'est plus intime mais ça compte - j'y ai embrassé pour la première fois une Chinoise. C'était près de l'arbre, non loin du joueur de Erhu que l'on voit sur la vidéo.
J'avais porté mon amie sur ma bicyclette, depuis la salle d'opéra de Zhongshan Lu. Comme elle s'accrochait à moi, et que je lui tenais la main, je pris la décision de nous diriger vers l'endroit idoine pour le commerce des atomes crochus.
J'aurais pu l'embrasser avant et ailleurs, mais c'est là que c'était le plus romantique, aux yeux du sage précaire que j'étais déjà.
C'est d'ailleurs là que j'ai conçu la notion de sagesse précaire. Sur ma bicyclette, mais tout seul, en tournant autour du lac.