Des mini-reportages sur les façons de vivre, de penser, d'étudier, d'aimer en Chine. Des petits billets pour montrer une Chine plurielles, diverses et contradictoire.

La forêt de stèles, à Xian, est une expérience magnifique, même pour ceux qui ne lisent pas le chinois. C'est avant tout une expérience physique, avant même d'être visuelle, et loin avant d'être de déchiffrage. Le voyageur, en s'y promenant, pense inévitablement à Victor Segalen, qui fut tellement fasciné par ces monuments d'écriture qu'il en conçut son livre le plus connu.

Cette stèle est la combinaison de huit caractères dont les quatre premiers (Ke, Ji, Fu, Li) renvoient à des préceptes confucéens très austères : "régler ses passions", "cultiver son esprit", s'écarter de l'orgueil", "observer les bienséances".
Or, ce qui m'émeut aux larmes et me fait aimer la Chine plus que tout autre culture, c'est le fait que le résultat est un personnage qui danse. On oublie trop souvent que Confucius aimait la musique, qu'il dansait, qu'il chantait et qu'il jouait de la cithare. C'est la Chine que j'aime : la sagesse et l'enthousiasme, l'austérité et le sourire irrésistible, ce que confirme les images de cette jeune personne, ma compagne de voyage : une Chinoise à la fois grave et espiègle.
