Des mini-reportages sur les façons de vivre, de penser, d'étudier, d'aimer en Chine. Des petits billets pour montrer une Chine plurielles, diverses et contradictoire.
Le sinologue Jean-François Billeter avait publié un pamphlet en 2006, Contre François Jullien (Allia), auquel a répliqué l’intéressé :
Chemin faisant. Connaître la Chine, relancer la philosophie (Paris : Le Seuil, 2007).
Les premières et les dernières pages de Chemin faisant montre un homme blessé dans son orgueil. Il en perd un peu son sang froid, pour tout dire, et prend une pose supérieure qui le discréditera aux yeux des lecteurs qui n’iront pas plus loin.
Car il faut aller plus loin. Les chapitres centraux de ce libelle sont l’occasion pour le philosophe, de réexposer son approche, pour répondre à un certain nombre d’accusations ou de critiques.
Et c’est tout l’intérêt des polémiques, c’est la raison pour laquelle il faut en produire de temps en temps : quand elles sont bonnes, elles revivifient un champs de recherche, un domaine du savoir. Elles prennent l’allure d’un combat de coq, mais elles mettent en lumière des idées, des positions théoriques. Les mauvaises polémiques ne sont que des combats de coqs. Les bonnes polémiques explicitent, sous le bruit des combats, les concepts, et les rendent plus saillants. Les bonnes polémiques font évoluer les idées pendant que les belligérants attaquent, défendent, contre attaquent, dédaignent, disqualifient, montrent du doigt, ricanent.
Je pense que la polémique Billeter Jullien est de celles-là : une belle polémique qui, sous les querelles de personnes, nous permet de repenser notre rapport à la Chine, notre façon d’écrire sur elle, ce qu’on peut attendre d’elle.