Des mini-reportages sur les façons de vivre, de penser, d'étudier, d'aimer en Chine. Des petits billets pour montrer une Chine plurielles, diverses et contradictoire.
Après, elles disent « comprendre et ressentir ce désir ».
L’âge n’y est pour rien, les femmes interrogées sont d’âges différents, certaines sont déjà actives sur ce plan-là, d’autres pas encore, certaines parlent des questions sexuelles ouvertement, mais tout ce qu’elles disent amène l’ethnologue à tracer le portrait de filles asexuées, rêveuses, désireuses d’avoir une relation amoureuse mais dans l’ignorance des mécanismes physiques et sans excitation sexuelle, sans fantasme.
C’est à peine croyable, dans un milieu estudiantin, où les garçons et les filles se fréquentent, où l’on voit des couples se promener et se tenir la main.
Ce n’est d’ailleurs pas du tout chinois. Quand on lit leur fameuse tradition érotique, on ne doute pas de la magnifique capacité des Chinois, hommes et femmes, à parler de sexe et à en jouir de multiples façons.
L’ethnologue s’interroge plutôt « sur le rapport entre la réalité physique du désir et l’apprentissage social qui en est fait au cours de l’enfance, de l’adolescence, ou à l’âge adulte. » C’est vrai qu’on imagine souvent le désir comme une chose animale, naturelle, mais cette interprétation est un réflexe pour éviter d’en parler, ou pour rester dans la plaisanterie grivoise, ce qui revient au même. Le désir est au contraire quelque chose de complexe, toujours en construction, qui demande une éducation, une connaissance, une reconnaissance des corps : « Le non apprentissage du désir (physique et sexuel) pourrait-il entraîner sa non-existence (provisoire) ? » Peut –on penser la chasteté ? C’est une vraie question, que la nouvelle norme consommatrice rejette avec mépris.
L’ethnologue est obligé de passer à autre chose sans avoir pu creuser davantage, mais il promet qu’il faudra revenir sur cette question pour des recherches plus approfondies.