Des mini-reportages sur les façons de vivre, de penser, d'étudier, d'aimer en Chine. Des petits billets pour montrer une Chine plurielles, diverses et contradictoire.
Il y a des jours où même le sage précaire est incroyablement charrette.
"Charrette" est un terme qui signifie "busy", "très busy" même, dans le milieu de l'architecture. Comme il dit bien ce qu'il veut dire - les architectes devaient poser leurs plans dans la charrette qui passait pour les ramasser une fois par jour, d'où l'agitation et la précipitation pour terminer à temps - cette habitude linguistique s'est répandue dans le domaine du design, de la danse, des musées, et jusque dans la communication.
Il est donc plus "cool" de dire "charrette" que de dire "busy", aussi extraordinaire que cela paraisse. Je le dis pour tous les blaireaux, les ploucs, les provinciaux et les beaufs de mon espèce qui, peut-être, lisent ce blogs sans trop savoir pourquoi.
Dans la même journée, donc, j'ai attéri en France, j'ai vu mon vieux pote Mathieu, j'ai rencontré Cai Chongguo, le blogueur indispensable de Journal d'un Chinois, déjeuné avec lui, j'ai posé mes manuscrits chez des éditeurs et j'ai dîné avec des amis de Nankin, dont Camille, le documentariste de Demoiselles de Nankin. Tout cela avec le décalage horaire qui faisait qu'il était 22h00 pour mes amis lorsqu'il était 4h00 du matin pour moi.
Je reviendrai sur ma rencontre avec Lao Cai, qui m'a fait très plaisir. Ce n'est pas tout les jours qu'on fréquente des gens qui, toujours modestes, incarnent à ce point des choses d'une importance historiques.
Chez Mathieu, où je logeais, une jeune Allemande architecte m'apprit ce que voulait dire "charette"