Des mini-reportages sur les façons de vivre, de penser, d'étudier, d'aimer en Chine. Des petits billets pour montrer une Chine plurielles, diverses et contradictoire.
Parmi toutes les compositions, il y a de nombreux moments où le prof rigole, d'autres où il sourit d'aise, d'autres où il fronce les sourcils et d'autres où il fait les yeux ronds.

A propos de Diane, par exemple, je lis que le châtiment qu'elle a réservé à Achtéon – le transformer en cerf et le faire bouffer par des chiens – est un peu exagéré pour le simple crime de l'avoir vue nue en train de se baigner. L'étudiante juge la déesse de la chasse trop sévère et suggère qu'à la place, le jeune homme fasse un peu de prison et qu'il « devienne l'esclave de Diane pendant quelques jours. Cela est nécessaire mais assez aussi. » C'est vrai que quelques jours d'esclavage, près de la femme qu'on aime, c'est à la fois nécessaire et suffisant, pour un attentat à la pudeur.

Quelques étudiants ont des interprétations marxisantes des toiles baroques, c'est intéressant. Les frères Le Nain sont, avec leurs portraits de paysans, qualifiés de peintres révolutionnaires et héroïques car « figurer la réalité, c'est non seulement le but, mais aussi le principe des artistes. »
D'autres interprètent L'enlèvement des Sabines sous l'angle du « clash des civilisations ». Les Occidentaux seraient friands de telles scènes de violences car, même s'il s'agit d'un acte malhonnête, il est la condition de possibilité de la naissance de la civilisation romaine. « Comme successeurs de la civilisation de l'antiquité, les occidentaux pardonnent facilement cet enlèvement (…) Aux yeux des européens, la brutalité et les intrigues seraient excusables en face de la grande cause, même ils sont une partie de la mérite. » Les théories sur le crime fondateur ne sont pas encore au goût du jour, visiblement. Ces passages d'étudiants sont précieux car ils montrent combien s'est insinuée dans les cœurs et les esprits une image de l'Occident comme une civilisation profondément malhonnête, impure, agressive, qui prend ce dont elle a besoin là où cela se trouve et par tous les moyens envisageables. Je ne dis pas que c'est une image fausse, d'ailleurs. Et elle n'a peut-être pas tort de dire qu'au fond, pour nous, c'est un des mérites des Romains d'avoir fait preuve de brutalité avec les femmes et les voisins. Est-on jamais assez brutal avec les femmes ? Je ne sais pas, je reflechis, n'est-on pas toujours trop bon avec elles, comme dit le poete ?