Des mini-reportages sur les façons de vivre, de penser, d'étudier, d'aimer en Chine. Des petits billets pour montrer une Chine plurielles, diverses et contradictoire.
Shanghai, nous le savons, est cosmopolite. Les étrangers y sont légions, ils viennent faire fortune depuis qu’ils ont façonné la ville à leur image.
Les expatriés français sont très nombreux, et ils ont marqué l’histoire de Shanghai, mais je m’inquiète de la nouvelle génération, ici présente. Ils viennent tenter l’aventure, mais on ressent chez les plus riches d’entre eux une volonté farouche de se soustraire au fisc. Tout en eux dit : « j’aime mon pays, j’ai profité de son système éducatif et de ses bons vins, mais maintenant je m’enrichis loin d’elle parce qu’elle me prendrait trop d’argent. » Je vous laisse juge de ce que cela comporte de noblesse d’âme.
Et puis il y a cette indifférence absolue à la Chine. Etre en Chine pour faire du business et rien que du business, n’est-ce pas un fourvoiement ? S’ils s’intéressaient aux sages chinois, ils apprendraient à se détacher de leur passion pour l’argent. Ceux qui se plaignent de payer trop d’impôts (je parle des gens richissimes, pas des artisans ou des patrons de PME), ont un problème de représentation : ils croient que cet argent est à eux. Ils croient légitime de posséder une fortune et en viennent à confondre leur argent et eux-mêmes. Alors payer des impôts revient à se faire voler, pensent-ils. S’ils s’intéressaient à la Chine éternelle, ils sauraient combien cet argent n’est pas le leur, combien il n’est fait que pour passer, ils auraient une meilleure conscience de l’impermanence des choses et seraient consolés à jamais de devoir reverser soixante pourcent de leurs revenus à la communauté. En revanche, ils commenceraient peut-être à s’attrister du sort des gens plus pauvres qu’eux, et ce n’est pas sûr que cela les rende plus sereins.