Des mini-reportages sur les façons de vivre, de penser, d'étudier, d'aimer en Chine. Des petits billets pour montrer une Chine plurielles, diverses et contradictoire.

Là, j'avoue que je n'y comprends plus rien. On nous dit de toute part que l'économie chinoise, si cela se trouve, va mieux résister que les autres à la crise financière, et qu'elle pourrait bien être un facteur de stabilité dans le monde.
De qui se fout-on, je le demande ?
Moi, on m'a toujours dit que, précisément, l'économie chinoise était en surchauffe et qu'elle n'était pas saine. Que pour beaucoup de raisons, le géant était en fait chaussé d'argile.
J'ai demandé ce qu'elle en pensait à une amie chinoise. Elle m'a répondu qu'en effet, dans la presse chinoise, on ne s'inquiétait pas trop, et même qu'on sentait l'heure chinoise venir.
Deux sentiments se bousculent en moi, pour ne rien vous cacher.
1- Je ne parviens pas à croire que l'économie chinoise soit saine au point qu'elle devienne un pôle de stabilité dans le monde. Je suis peut-être trop intoxiqué par certains médias, je ne sais pas. Il y a certainement de nombreux éléments que je ne connais pas et que je ne pourrais pas comprendre, mais c'est un fait : je prévois une plongée de la Chine si la crise continue en Occident.

Il me semble impossible, en temps de crise, de faire consommer les individus et les familles pour compenser la baisse des exportations et garder à l'économie réelle (la production des usines) une activité soutenue.
Cette consommation chinoise aurait pour but d'augmenter les importations, et donc redonnerait de l'air aux entreprises occidentales. Certes, mais surtout, elle serait le signe d'une amélioration du niveau de vie des Chinois, ce dont je me réjouirais, mais ce à quoi je ne peux pas croire, dans la situation actuelle.
2- Je me demande vraiment, ces jours-ci, qui peut avoir un discours crédible sur la Chine, finalement ? Qui s'y connaît, voilà la question ? A qui faut-il se fier ?
Aux bloggueurs comme moi ? Certes non, mais personne n'a jamais eu une telle idée.
Aux Chinois que l'on rencontre, que l'on connaît ? Oui, il faut les écouter, inlassablement, mais sur leur pays, ils vous donnent en général une version plus ou moins officielle qui permet surtout de comprendre la vie des discours et des représentations.
Aux échanges des Chinois entre eux ? Sur internet, ce n'est pas très éclairant, non.
Aux sinologues ? Il faudrait qu'ils aient d'autres compétences que la langue chinoise, et c'est rarement le cas.
Aux journalistes ? Souvent, ils viennent en Chine avec des idées toutes faites, et il est extrêmement rare qu'ils en changent.

Reste des observateurs doués du monde en général. Quelques artistes, quelques romanciers. Peut-être. Il faudrait voir.
Il faudrait surtout que de nouvelles personnalités prennent la parole, parmi ceux qui vivent en Chine : commerçants, traders, ingénieurs, dites-nous ce qu'est la Chine pour vous, où elle va, où vous allez avec elle. J'ai souvent dit à mes amis qui travaillent dans le monde marchand : "Ah, comme c'est dommage que tu n'écrives pas ! Ca intéresserait tout le monde, ce que tu dis!"