Des mini-reportages sur les façons de vivre, de penser, d'étudier, d'aimer en Chine. Des petits billets pour montrer une Chine plurielles, diverses et contradictoire.
Il y a des phrases que vous entendrez souvent en Chine, car il semble que tout le monde les dise. Elles sont comme des vérités qu’il est impossible de remettre de question.
En voici un florilège. J’ai entendu ces énoncés au moins trois fois.
Les Français sont romantiques
L’Autriche est le pays de la musique
Le train est plus sûr que le car
La province du Xinjiang est célèbre pour ses jolies filles et ses fruits
Les Français n’aiment pas travailler, ils préfèrent profiter de la vie
Hangzhou est un paradis sur terre
Suzhou est un paradis sur terre (en vertu d’une phrase d’un ancien poète devenue proverbiale – donc vraie – qui dit : « Au ciel il y a le paradis, sur la terre Hangzhou et Suzhou. » Mais curieusement, on ne sort cette phrase que pour Hangzhou, plus rarement pour Suzhou.)
Shanghai est adaptée à la vie des occidentaux
Les étrangers préfèrent Shanghai aux autres villes chinoises
Le lac des nuages pourpres est dangereux
La Chine est un pays amical
La Chine n’a jamais envahi un territoire qui n’était pas le sien
Les minorités ethniques (Tibétains, Ouighours etc.) sont des peuples frères
Je place exprès des phrases au contenu politique au même niveau d’autres sans aucun contenu politique. On pense aisément que la propagande du régime en place a favorisé les premières, mais les deuxièmes sont dites avec la même sincérité, la même candeur et sur le même ton.
Sincèrement, je ne sais pas si nous ne sommes pas pareils qu’eux ; je ne sais pas si cette façon de penser, collective et proverbiale, est proprement chinoise ; je ne sais pas si elle est la conséquence d’une politique totalitaire, ou si elle en est la cause, ou si les deux n’ont aucun rapport ; je ne sais pas si cela vient de leur éducation qui, traditionnellement, consiste à répéter et à mémoriser ; je ne sais pas si de tels lieux communs aident la pensée en fonctionnant comme des bornes, des piliers sur lesquels s’adosser, ou s’ils entravent la pensée individuelle. Bref, je ne sais pas grand-chose, et je n’ai aucune phrase toute faite à laquelle me raccrocher.