Des mini-reportages sur les façons de vivre, de penser, d'étudier, d'aimer en Chine. Des petits billets pour montrer une Chine plurielles, diverses et contradictoire.
J’ai cru comprendre que dans des lieux branchés, j’étais vu comme un philosophe. Pauvre de toi, me direz-vous, te voilà désigné comme le parfait blaireau. Certainement, mais je ne m’en fais pas trop car ça peut jouer en ma faveur. Les milieux branchés aiment voir un philosophe autour d’eux, dans la même mesure qu’ils aiment avoir un Arabe et un Noir dans leur cercle. Le philosophe un peu paumé, c’est un gage d’authenticité, ça leur confirme qu’ils font partie d’une faune hétéroclite. L’hétéroclite, l’apparence de l’hétéroclite est essentielle à la survie et au dynamisme d’un cercle mondain. Voyez les Verdurin, n’avaient-ils pas dans leur salon un ou deux vieux savants ennuyeux, par soucis d’équilibre et d’image ?
Si je parviens à jouer ce rôle, et à fermer ma gueule la plupart du temps, je pourrais peut-être faire mon trou chez les Guermantes de Shanghai.