Des mini-reportages sur les façons de vivre, de penser, d'étudier, d'aimer en Chine. Des petits billets pour montrer une Chine plurielles, diverses et contradictoire.
Il arrive que les gens vous disent qu’il y a d’un côté les livres, et de l’autre la vie. Une distinction que je n’ai jamais comprise. Et surtout une arrogance, de la part de ceux qui prétendent vous enseigner ce qu’est la vraie vie, une arrogance qui les rend infréquentables.
L’autre jour, rentrant chez moi au petit matin après une nuit de débauche, j’ai ouvert un roman de Giono, et voilà ce qui m’a éclaté au visage, ce qui a scintillé devant mes yeux, ce qui s’est répandu dans mon cerveau et mon épine dorsale :
C’était une nuit extraordinaire.
Il y avait eu du vent, il avait cessé et les étoiles avaient éclaté comme de l’herbe. Elles étaient en touffes avec des racines d’or, épanouies, enfoncées dans les ténèbres et qui soulevaient des mottes luisantes de nuit.
Et ça continuait ainsi, sur des pages et des pages. Et si la vraie vie était là, blottie, palpitant dans le phrasé de Giono ? J’y voyais plus de vie réelle, débordante, incontrôlable, que dans l’attitude de cette femme que j’avais vue danser sur une table, quelques heures auparavant. Giono laissaient passer une émotion singulière, alors que la jeune femme reproduisait un comportement stéréotypé.