Des mini-reportages sur les façons de vivre, de penser, d'étudier, d'aimer en Chine. Des petits billets pour montrer une Chine plurielles, diverses et contradictoire.
Une jeune amie, après m’avoir fait comprendre qu’elle préférait ne pas me revoir, m’écrit qu’en Chine, on donne ce conseil aux filles : « N’approche jamais d’un homme qui ne s’installe pas, qui fait de la littérature et qui est du moyen âge. »
Elle précise qu’elle craint de me voir par ce que je remplis presque tous les critères de ces hommes dangereux dont il ne faut pas approcher. (Pour le moyen âge, c’est vrai que j’ai une inclination pour certaines glorieuses heures des troubadours, ainsi que pour l’ambiance joyeuse, dans les romans de chevalerie, qui entoure les soldats errants que l’on accueille dans les châteaux avec des filles vierges pour passer la nuit.)
Dans quel mépris tient-on donc les jeunes filles, pour leur prodiguer de tels conseils ? Ne sont-elles pas assez grandes, à vingt ans passés, pour savoir ce qui leur fait du bien ou du mal ? Et surtout, ont-elles besoin de conseils pour s’éloigner de ce qu’il est convenu d’appeler un raté, un rebus de la société ? Pourquoi imagine-t-on que les jeunes filles vont se ruer sur de tels individus ?