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Des mini-reportages sur les façons de vivre, de penser, d'étudier, d'aimer en Chine. Des petits billets pour montrer une Chine plurielles, diverses et contradictoire.

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Sociolinguistique du professeur

Si j’ai été votre professeur à un moment donné, vous m’appellerez professeur Guillaume toute votre vie, même si j’ai presque le même âge que vous. C’est une façon de parler, bien sûr ; les étrangers qui s’appellent Guillaume, on les appelle « Guillaume », ou « Monsieur Guillaume », ou « Monsieur », ou, malgré tout, « Professeur ». Entre Chinois, en revanche, on appelle les professeurs par leur nom de famille accompagné du titre : Professeur Wang, Wang Laoshi.

Moi, en revanche, je vous appellerai par votre prénom, ce qui, en Chine, est plus osé qu’en Europe. (Une femme ne se fait jamais appeler par son prénom, ou alors par son mari, et encore.)

Appeler un professeur par son prénom, c’est l’anarchie. Dans un département de langues étrangères, on pourrait toujours faire passer cela pour des influences venant du français ou de l’anglais. Je connais un professeur qui appelle un de ses collègues par son prénom alors même qu’il a été son élève, il y a des années. C’est une sorte de coup d’état sociolinguistique. Par l’appellation, il fait perdre un peu de face audit professeur et se présente publiquement comme son égal. Il prend le pouvoir symboliquement.

Enfin, c’est comme ça que je ressens les choses, je peux me tromper. Toujours est-il que si vous connaissez des Chinois, je vous recommande de leur poser des questions sur les appellations, les dénominations : c’est passionnant, compliqué, subtil et parfois très drôle.

 

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G
Oups, désolé, Michel. C'est l'habitude du voyageur de demander aux gens, pour se remplir d'histoires incompréhensibles.
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M
Cher ami, il est des questions qui ne se posent pas. Vous auriez pu vous en douter.
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G
Peut-être bien, mais comment ton père appelait-il ta mère ? "Ma mie"? "Mon amie" ? "Maman" ?
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M
En France, l'usage du prénom ainsi que le tutoiement ou le vouvoiement participe aussi d'un jeu subtil de proxémie. Y excellent certains tribuns de télévision ou de la radio qui , créant de l'intimité dans la relation alors qu'ils sont écoutés par des milliers d'auditeurs, génèrent ainsi de l'exclusion. "Familiariser" l'autre est effectivement une posture de pouvoir, mais venant d'un plus jeune, elle montre peut-être simplement la problématique du  jeune mâle attaquant l'ancien. Un truc assez universel, semble-t-il.Concernant le prénom des femmes, mon père n'a jamais prononcé celui de ma mère. La pudeur bretonne croise-t-elle celle des chinois?
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