Des mini-reportages sur les façons de vivre, de penser, d'étudier, d'aimer en Chine. Des petits billets pour montrer une Chine plurielles, diverses et contradictoire.
Quand les filles grandissent et qu’elles sont de jeunes adultes, elles gardent ces habitudes mais avec des variations. Certaines préfèreraient appeler tout le monde par son nom et se faire appeler ainsi. Ce serait plus simple et cela éviterait d’inscrire constamment des relations de hiérarchie et d’étiquettes dans la vie de tous les jours.
Car pour nous, traduits en français, ces mots de « petites sœurs », « grandes sœurs », c’est doux, chaleureux, tendre, on trouve cela mignon comme tout. Ils cachent pourtant des relations de pouvoir, d’ascendance et de respect dû, de devoir social, qui peuvent être pesants pour certaines jeunes personnes, plus modernes ou plus occidentalisées.
Chez les jeunes femmes professeurs, ou les enseignantes chercheuses, les questions de dénomination et d’appellation sont encore très intéressantes. Deux collègues, égales selon l’âge et le statut, mais aussi en terme d’expérience, de compétence et de prestige, vont s’appeler différemment selon l’âge et selon cette coutume proprement chinoise. Certaines osent faire une transgression et passer de « grande sœur » au prénom, ou au nom complet, mais c’est au risque d’être mal vue, ou de créer une tension. D’autres n’osent pas et toute leur vie seront appelées par leur prénom, comme un enfant, par des collègues à peine plus âgées qu’elles, et se feront appeler « professeur » par d’autres collègues à peine plus jeunes qu’elles.