Des mini-reportages sur les façons de vivre, de penser, d'étudier, d'aimer en Chine. Des petits billets pour montrer une Chine plurielles, diverses et contradictoire.
Quand ils écrivent sur leurs grands-parents, les étudiants chinois dressent presque tous le même portrait. De vieux sages, travailleurs et frugaux, mais surtout méditatifs et silencieux. Et souriants et dévoués.
Des mots reviennent de copies en copies, qu’ils ont dû pêcher dans leur dictionnaire électronique : « diligent », « économe », « collation », « aimablement », « jouir », « usage », « érudit », « éminent ». Des mots qu’on retrouve dans la conversation de nos amis, quand ils ne sont pas encore occidentalisés, et qui rend leur français si fleuri, si agréable, comparé à celui de nos voisins européens.
Une étudiante, pourtant, a écrit un portrait un peu original : sa grand-mère était une aristocrate, ou venait d’une famille bourgeoise, et a dû épouser un « camarade » lors de la révolution culturelle. Elle n’a jamais rien su faire de ses dix doigts, et c’est la mort dans l’âme qu’elle fait la lessive pour son mari. L’après midi, elle va suivre des cours d’université uniquement pour échapper à la corvée des repas. Quand elle rentre, le grand-père a fait la popote, elle mange et elle critique ce qui est dans l’assiette, ce qui met le vieux dans tous ses états. Après s’être copieusement engueulés, ils se promènent, pour digérer, le long d’un canal ou dans un parc.