Des mini-reportages sur les façons de vivre, de penser, d'étudier, d'aimer en Chine. Des petits billets pour montrer une Chine plurielles, diverses et contradictoire.

Pendant que le président français divorce d’avec sa femme par consentement mutuel, le président américain reçoit le Dalaï Lama, au risque (bien calculé) d’un divorce diplomatique avec la Chine.
L’un annonce son divorce le jour des premières grèves de son quinquennat, détournant ainsi l’attention du public. L’autre reçoit le leader tibétain la semaine du 17ème congrès du parti communiste chinois, mais les journaux chinois n’en parlent pas, et ne se laissent pas détourner facilement. Je ne sais pas si mes amis chinois sont au courant de la visite du Dalaï Lama, j’ai oublié d’en parler avec eux. Je ne sais donc pas ce qu’ils en pensent.
Mais c’est un signe fort de la part des grandes nations occidentales (Allemagne et Etats-Unis) : il me semble qu’il n’y a pas eu d’affirmation aussi forte de critique du régime chinois depuis 1989. Jusqu’à présent, les pressions des Occidentaux concernaient surtout les règles et le droit du commerce. La prudence et le réalisme économique vont-elles laisser plus de place à des questions de politique et d’éthique ?
C’est en tout cas un bon moyen d’éprouver les nerfs des dirigeants chinois. S’ils montrent qu’ils peuvent exprimer leur mécontentement face à Bush, sans menacer pour autant les négociations en cours avec la Corée du nord et la Birmanie, sans se venger de manière viscérale sur les étrangers, ils marqueront des points, paradoxalement, sur la scène internationale. Ils donneront d’eux l’image de responsables mûrs, pondérés, sûrs d’eux.
Et au fond, le meilleur pied de nez que Hu pourrait faire aux Etats-Unis ne serait-il pas de proposer un rendez-vous pacifique au Dalaï Lama ? D’organiser une bouffe végétarienne dans la belle lamaserie de Pékin ? Ils sortiraient de là en disant que les échanges ont été fructueux et qu’il faut encore un peu de temps avant que le débat sur la pertinence d’un retour du chef spirituel (qui n’est plus reconnu comme tel officiellement par la Chine) puisse être engagé. Ils se donneraient cinq à dix ans de tranquillité sur ce dossier.