Des mini-reportages sur les façons de vivre, de penser, d'étudier, d'aimer en Chine. Des petits billets pour montrer une Chine plurielles, diverses et contradictoire.
Résumons. Avant le quinzième siècle, Taiwan est peuplé d’Aborigènes et de divers migrants, venus de Chine et d’un peu partout autour.
15ème siècle : Les Portugais s’y installent et lui donnent le nom de Ilha Formosa, l’île de beauté.
16ème siècle : Les Hollandais la prennent aux Portugais, construisent des forts et font un commerce du feu de Dieu dans tout l’extrême Orient.
Fin 16ème siècle : La Chine des Qing chassent les Hollandais et règnent pendant deux siècles. L’île est largement laissée à elle-même, en fait. Les populations aborigènes sont sans contrôle, ils torturent, pillent et tuent les marchands (ah ! les marchands, les fameux marchands qui donnent de la vie partout où ils passent.)
Fin 19ème : Les Japonais colonisent et restent jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale. Chose intéressante, les « Taiwanais » se considèrent comme agressés et opposent une résistance redoutable, mais ils ne semblent pas vouloir être rattachés à la Chine. Ils essaient de déclarer l’indépendance de la « République démocratique de Taiwan », et se font finalement battre par les Nippons (qui ont dû utiliser un tiers de leur armée pour arriver à bout de cette maudite résistance locale, qui se battait avec des bambous et de vieux fusils déglingués !)
1945 : Taiwan est rétrocédé à la Chine, selon les accords passés au Caire en 1943 entre Tchang Kai Chek, Roosevelt et Churchill. Le parti nationaliste (Guo Min Tang) prend le contrôle de l’île.
1949 : Les nationalistes perdent la guerre civile contre le Parti communiste de Mao Zedong, et Tchang Kai Chek vient se réfugier à Taiwan, accompagnés de soldats, d’artistes, de moines, etc.
Depuis cette époque, la population de Taiwan se divise plus ou moins ainsi :
1- Les Taiwanais. Ils sont Chinois, mais se sont mélangés avec les Hakkas, avec d’autres migrants et avec les Européens des siècles passés. Ils vivent sur l’île depuis longtemps. Leur langue est un dialecte proche de celui de la province chinoise du Fujian. Ils sont habitués à l’économie de marché et sont pour l’indépendance de Taiwan. Exemple de leur volonte affichee, les drapeaux et bannieres que l'on voit dans toute l'ile, en faveur de la presence de Taiwan a l'ONU.

Ils représentent plus 80% de la population. Leur parti (DPP, Democratic Progressive Party) est actuellement au pouvoir depuis 2000.
2- Les Chinois venus avec les nationalistes, après la deuxième guerre mondiale. Ils ne veulent pas l’indépendance, mais l’unification de la Chine. Seulement, ils ne la veulent pas sous la direction du parti communisme, mais sous les principes énoncés par Sun Yat Sen : démocratie et liberté économique. Ils représentent 15% de la population. Leur parti, le Guo Min Tang, est toujours un grand parti même s’il symbolise la dictature de l’époque de Tchang Kai Chek.
3- Les tribus aborigènes, qui sont là depuis dix à quinze mille ans, à qui personne ne demande s’ils veulent l’indépendance ou le rattachement à la Chine. Ils forment 2% de la population.
Pour faire un rapprochement très discutable, les Taiwanais se sentent aussi chinois que les Québécois se sentent français. C’est-à-dire pas du tout du point de vue de la nationalité, alors même qu’ils participent de l’histoire et de la culture chinoises.