Des mini-reportages sur les façons de vivre, de penser, d'étudier, d'aimer en Chine. Des petits billets pour montrer une Chine plurielles, diverses et contradictoire.

Une étudiante vient vers moi et me demande : « Guillaume, pourquoi chantes-tu toujours des chansons tristes ? »
C'est vrai, je ne connais pas de chanson joyeuse, il faut que je me mette à Charles Trenet, pour que mon cœur fasse Boum !
L'année dernière, une amie m'avait dit : « Quand tu parles, tu as une voix d'homme, mais quand tu chantes, celle d'un enfant blessé. »
Alors j'ai tenté de trouver des chansons plus entraînantes, même si ma pente naturelle va vers le Requiem. (J'ai toute une collection de Requiem, du Moyen-âge jusqu'à nos jours, que j'emporte dans tous mes déménagements.) J'ai ressorti Les Champs-Élysées, c'est joyeux, c'est léger, ça ne donne pas envie de mourir, si ?
Mon étudiante me dit : « Mais les Champs-Élysées, c'est l'histoire d'un homme qui est toujours en mouvement, il va ici, il va la, ce n'est pas du vrai bonheur. Tu ne chantes jamais de chanson de quelqu'un qui s'établit quelque part et qui y reste, avec sa famille. » Une telle chanson existe-t-elle ?
Mon étudiante me dit que toutes mes chansons lui donnent envie de pleurer, mais qu'elles sont belles. C'est Joe Dassin qui va être content. Il n'avait sans doute jamais prévu qu'en Chine, au début du 21 ème siècle, on prendrait son hymne boheme pour un symbole de la mélancolie migratoire, erratique et quasi vulgivague.