Des mini-reportages sur les façons de vivre, de penser, d'étudier, d'aimer en Chine. Des petits billets pour montrer une Chine plurielles, diverses et contradictoire.
Je demande à une étudiante ce qu’elle compte faire comme recherche, en France. De la linguistique, dit-elle. C’est alors que je me rends compte que très peu d’étudiants ne font de la littérature, à proprement parler. Ils choisissent pour la plupart linguistique, traductologie (théorie de la traduction), ou n’importe quoi d’autre. Mon étudiante m’explique ce phénomène par deux raisons à moitié contradictoires mais également valables : la littérature, c’est trop difficile, et ce n’est pas assez sérieux. Voilà de quoi méditer.
Là-dessus, Neige raconte une histoire poignante sur son blog Pays de neige. La narratrice, séduite par une prof, choisit la littérature comme champs de recherche, et se retrouve avec un bouquin à traduire, la dernière merde concernant Chirac et sa prétendue érudition. Voilà comment étouffer les étudiants. Plutôt que de leur demander des travaux de recherche dignes de ce nom, qui les obligent à lire, à comparer, à réfléchir, à discuter, on leur donne un boulot bassement commercial. Plutôt que de diriger leurs recherches, on accepte sans le dire une forte dose de plagiat. Plutôt que de les inciter à sortir de chez eux et d’eux-mêmes, à s’élever vers des auteurs difficiles mais qui sont nos trésors, on les flatte et on en fait des assistants, des techniciens. Des employés et des administrateurs.
Neige termine par ces mots : « … je me sens…mal. » Il y a quelque chose de ce malaise dans la situation de la littérature étrangère en Chine.