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Des mini-reportages sur les façons de vivre, de penser, d'étudier, d'aimer en Chine. Des petits billets pour montrer une Chine plurielles, diverses et contradictoire.

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Détonations

Vous êtes chez vous, un soir. Vous regardez un DVD ou vous lisez quelque chose et soudain, vous sursautez sous le coup d’une explosion juste à vos fenêtres. Autour du nouvel an chinois, on n’y coupe pas. « Leur amour des pétards et des détonations », écrivait déjà Henri Michaux dans les années trente. Cet amour s’est transformé en une pratique obsessionnelle et marquée par la mass production. J’habite un quartier calme le reste de l’année, mais chaque nuit, je me sens encerclé de bombardements incessants. Des jours durant, la nuit surtout, le vacarme reprend et me rend fébrile, nerveux. Comme en temps de guerre.

C’est curieux, tous ces feux d’artifice, ces pétards qui explosent de partout. La nuit, dans les rues de Shanghai, des individus lancent des explosifs de toutes tailles, mais aucune espèce de joie, aucune communion, aucune fête n’est liée à ces détonations. Quelqu’un allume la mèche, et les gens continuent leur vie à côté.

Le gouvernement avait interdit l’usage des pétards et des feux il y a quelques années. Cette année, il est revenu sur son interdiction, et la population en profite pour se lancer dans une surenchère étonnante. A Hong Kong, à Taiwan, cette pratique est accompagnée d’une danse de dragon, d’une réunion aux temples, les bruits conservent encore leur sens prophylactique : ils font peur aux démons et les éloignent. Là-bas, « faire du bruit ensemble » continue de créer du lien social, comme disent les politologues.

Ici, sur le continent, s’il y a sans doute une partie de la population qui croit encore aux démons, généralement, les gens produisent un boucan de tous les diables pour d’autres raisons, plus obscures. C’est peut-être l’amour du bruit, peut-être l’envie de montrer aux voisins qu’on a dépensé une fortune en feux d’artifice. C’est peut-être l’expression maladroite et retentissante d’un désir de grandeur, de gloire, de superbe. 

 

 

 

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G
Non, ce n'est pas ce que je pense, mais l'expression est plaisante. Je ne ressens pas ici un désir de chaos. Les gens que je connais sont plutôt heureux et n'ont pas de grandes envies de changement.
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B
Ou peu-être l'expression adéquate d'un désir de destruction, de chaos et de terreur. N'est-ce pas ce que tu penses toi-même? Si c'est le cas, il y a peu de chances pour que l'artifice du plus-offrant démocratique de Mengzi ait des chances d'aboutir.
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