Des mini-reportages sur les façons de vivre, de penser, d'étudier, d'aimer en Chine. Des petits billets pour montrer une Chine plurielles, diverses et contradictoire.
J’ai fait la découverte d’un blog extraordinaire. Un Français, installé à Shanghai actuellement, mais qui vit en Asie depuis longtemps, parle de la France. D’ailleurs son blog s’intitule : « La France vue d’ailleurs ». Voici son adresse : http://delpy.blog.lemonde.fr
En le lisant, on se frotte les yeux. Un homme a fait l’effort de quitter son pays, dont il critique abondamment le conservatisme, le socialisme, l’archaïsme, et il n’a rien d’autre à observer que ce pays abandonné et son actualité quotidienne.
Du reste, on se demande ce que l’ « ailleurs » vient faire là-dedans. On s’attendrait à une perspective intéressante, un point de vue éloigné de notre pays, donc nouveau, provocateur, stimulant. Or, les billets ressassent inlassablement les poncifs de la droite libérale que l’on peut lire dans le Figaro, et que l’on peut entendre chez tous les gens de droite, à tous les déjeuners de toutes les familles de droite : la France est un pays de fonctionnaires, les communistes ont du sang sur les mains, les impôts sont trop élevés, les Français travaillent trop peu, moi je travaille 70 heures par semaine, etc.
Je vous recommande quand même le billet du 15 décembre sur la décision de Johnny de quitter la France, c’est un grand moment d’humour involontaire. L’homme d’affaire, emporté par une bouffée d’émotion, se lance dans une déclaration d’amour contrarié à la France qui atteint un sommet de poésie rock’n’roll – peut-être inspiré de Johnny lui-même. L’auteur est mon double inversé : moi j’essaie d’être drôle et je ne fais rire personne, lui cherche à être sérieux et il est vraiment impayable.
Voilà une preuve, s’il en fallait une, de l’inutilité absolue de quitter son chez soi. Je le dis en connaissance de cause, le voyage n’apporte aucun savoir, aucune ouverture d’esprit. Les voyageurs n’ont rien d’intrinsèquement intéressant. Ne nous laissons jamais impressionner pas un voyageur, un explorateur ou un expatrié, c’est la leçon que j’en retire.