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Des mini-reportages sur les façons de vivre, de penser, d'étudier, d'aimer en Chine. Des petits billets pour montrer une Chine plurielles, diverses et contradictoire.

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L’autocensure

C’est une des questions qui me chiffonnent depuis que je suis en Chine. A-t-on le droit de parler de tout avec les étudiants ? Je dis oui, parler de tout, de démocratie, de droits de l’homme, des événements de Tiananmen, du Tibet, des Ouïghours du Xinjiang, de Taiwan, de Mao. Parler de tout, mais pas n’importe comment.

Il y a trois ans, à l’alliance française de Nankin, j’avais signé un contrat qui stipulait que je n’avais pas le droit de me mêler des affaires politiques intérieures. C’était clair. Mais la politique internationale, c’est international, ce n’est pas intérieur. Les droits de l’homme sont des valeurs et une idéologie liées à la France, dont j’enseigne la culture et la langue. J’estime avoir le droit d’en parler dans le cadre d’un cours de civilisation. Le massacre des étudiants, on peut dire ce qu’on en a perçu dans les médias étrangers, sans avoir besoin de porter de jugement sur les dirigeants de l’époque.

Mais beaucoup de profs ne veulent pas parler de toutes ces choses, ils se l’interdisent. Pourtant, parfois, les étudiants sont demandeurs, ils posent des questions. Les profs trouvent que ça sent le roussi et préfèrent éviter tout dialogue. Ils concourent ainsi à dramatiser la moindre opinion. Il est évident qu’il y a un malaise que tout le monde ressent, moi comme les autres. L’autocensure, cependant, n’est pas une bonne réaction à ce malaise.

L’autre jour, sur une liste de livres à commander pour l’université où je travaille, le consulat français a retiré sans aucun commentaire les livres de Gao Xingjian. Cela m’exaspère. Que les autorités chinoises nous demandent de les retirer, soit, mais que de nous même nous allions au devant des interdictions possibles, je trouve cela presque immoral. Gao est français, il a le droit d’être présent dans les bibliothèques financées par la France. Ce n’est pas à nous d’ériger des remparts pour protéger le régime chinois. C’est le risque qu’il prend, lui, en s’ouvrant à nous, les étrangers de tous poils. C’est le risque de l’ouverture : on se laisse contaminer par les idées des autres.

On voudrait faire de nous des locuteurs sans idées, des techniciens de la langue qui enseignent la bonne manière de prononcer et le style léché des phrases administratives. Mais nous pouvons refuser ce rôle. Il nous suffit de ne pas nous censurer, de rester nous-mêmes sans chercher à provoquer.

 

 

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G
Le travail à venir des historiens chinois est immense. Il ne s'agit pas d'établir des faits, seulement, mais de faire comprendre sur le long terme que l'histoire est aussi une science sociale, qu'elle doit ouvrir au débat, qu'elle fait réfléchir sur le sens des actions des hommes. <br /> Il faut accepter l'histoire, et accepter que les historiens nous disent des choses déplaisantes sur nous-mêmes, ce qui provoque de profondes douleurs. Je ne suis pas sûr que la Chine connaîtra ce moment où la nation fera face à son passé et à ses différents visages. Il faudrait une démocratie pour cela, mais même cela ne serait pas suffisant. La Russie n'a pas fait ce travail de mémoire, me semble-t-il. 
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C
J'ai croisé un jeune chinois il y a deux ans, qui est le petit fils d'un très haut fonctionnaire à la retraite du Parti. Il m\\\'a insisté de lui raconter l'événement 89, parce qu'il avait vu la photo d'un homme devant les chars quand il était en voyage aux Etat-Unis. C'était sa copine américine a lui explqué que ce qui était cet homme. Il m'a dit : J'ai la honte. C'est un évément tellement important mais je n'en sait rien, une petite américaine sait mieux que moi sur l'histoire de mon pays, c'est pas possble! <br /> Il semble, pas sûr, qu'il a commencé donc mettre en cause de son éducation. Cache l'histoire, c'est un risque pour la crédibilité des autorités. <br />    
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D
Oui il y a une partie des jeunes chinoise qui sont conscients de l'histoire réele. (mais y a-t-il vraiment de la réalité dans l'histo...). On a essayé de demandé les adultes de l'époque. A l'univ-Nankin l'on a parlé de l'affaire en 88, notre prof en a parlé brièvement, d'un ton tout discrèt. ILs nous révèlent un petit bout du rideau avant de nous conseiller "de ne pas trop en parler, et qu"il faut faire attention..." La peur est tjrs là et ça se montre pas tant que ça n'a pas poussé à l'extrème. <br /> Par contre certains jeunes circulent l'information entre eux. Certains de mes copains de lycée qui ont eu une série de DVD de 68, on les circule et on en parle, c'est ainsi que j'ai su ce qui s'est passé. <br /> Et ce sont ces jeunes qui ont conscient de tout ça qui me donne espoir pr la chine de...peut être 50ans plus tard. ON verra ce qui s'évolue.
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G
Les Chinois sont plus critiques vis à vis de leur gouvernement quand ils sont entre eux que lorsqu'ils parlent à des étrangers, car ils craignent de donner une mauvaise image de leur pays. Ce dont ils ne se rendent pas compte, c'est qu'en défendant à ce point leur régime, ils donnent d'eux-mêmes une mauvaise image, car ils montrent combien le sort des victimes chinoises leur est indifférent. <br /> Là-dessus, la force d'inertie de l'administration, son refus absolu et affolé de toute espèce de pensée. L'indifférence muette, terrible, des administrations.
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B
Je me souviens avoir vecu cela a Dalian, lorsque, invite par mes collegues profs de francais - de nationalite chinoise - nous avions commence un debat sur la lecture des evenements de l'histoire contemporaine chinoise faite par l'Occident. Quelle levee de boucliers ! Debat passionnel, dans lequel les arguments ne sont qu'actes de foi. En tout cas, j'en fus pour ma pomme : Tien An Men, ce sont les etudiants qui ont provoque l'armee. Pas l'inverse, et si l'occident le dit, il ment. Et s'il ment, c'est parce qu'il a deja les mains bien sales en Chine (Ce qui, malheureusement, est vrai...).Alors, la Chine, meilleure ecole de diplomatie ? Pour un prof, certainement, car tout est matiere a.Bon courage a Nanjing !
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