Des mini-reportages sur les façons de vivre, de penser, d'étudier, d'aimer en Chine. Des petits billets pour montrer une Chine plurielles, diverses et contradictoire.
L’idée de l’enfant revenait constamment dans mon imagination. Faire un enfant avec une Chinoise, voir naître et élever un être qui vient de moi, je ressentais soudain cela comme un miracle hallucinant, de désirable comme rien d’autre au monde.
Je pensais à l’enfant plus qu’à la femme, en vérité, car si la femme peut me décevoir, l’enfant ne le pourrait pas. Il n’y a pas d’espoir mis sur l’enfant, il n’y a qu’un événement extraordinaire qu’il convient de vivre et d’incarner.
Je pensais à l’enfant, et je pensais aux langues qu’il devrait parler. Ma femme parlerait avec lui en chinois, moi en français, et la langue officielle de la famille, serait l’anglais. On en ferait un polyglotte dès le berceau, il n’aurait plus à se soucier des langues étrangères, quel repos.
Je voyais des gens faire du taiji, sur le campus, et je pensais : « Mon gamin fera peut-être du taiji, lui aussi, quand il sera vieux. Ce sera un Chinois. Je vais faire un Chinois. » Mon enfant parlera couramment le chinois, il le fera sans fierté, sans arrogance. Il sera superbe et plein de classe, plein de sagesse, il sera d’une beauté sans égal. Mon enfant sera en avance sur l’Histoire, il aura les yeux un peu bridés et la tête ronde. Partout où il passera, les Chinois auront envie d’aimer la France et les Français d’aimer la Chine.