Des mini-reportages sur les façons de vivre, de penser, d'étudier, d'aimer en Chine. Des petits billets pour montrer une Chine plurielles, diverses et contradictoire.

Cette photo a été prise par une étudiante chinoise, et il me semble bien qu'elle me donne l'air chinois. Mes yeux me paraissent bridés. Cerné d'eau, l'eau du Lac des Nuages Pourpres, je suis plus ondoyant que jamais.
Mon front dégarni rappelle les coupes de cheveux que les Mandchous de la dynastie Qing imposaient aux habitants de l'empire. Il ne manque plus que la queue de cheval.
Le doigt qui pointe dans une direction inconnue, et les yeux qui regardent un interlocuteur invisible, nous ramènent à l'anecdote qui dit : "Quand le sage montre la lune, l'imbécile regarde le doigt". Sauf que là, le sage, il ne montrait rien de bien élevé. Le corps docte, il semble au contraire lancer un défi, ou un pari idiot à quelque nageuse inexpérimentée.
En Chine, j'ai donné des leçons de natation à plusieurs personnes. Mais ce n'est pas cela seulement, qui m'attirait vers le lac. J'ai toujours considéré qu'un lieu de baignade naturel proche de son lieu de vie était une condition sine qua non du bonheur. Même à Lyon, je me baignais dans le Rhône, par acharnement. Cela m'a manqué à Shanghai, car je n'ai jamais osé plongé dans le Huangpu, ni dans la Suzhou he.