Des mini-reportages sur les façons de vivre, de penser, d'étudier, d'aimer en Chine. Des petits billets pour montrer une Chine plurielles, diverses et contradictoire.
Au dix-neuvième siècle, les voyages étaient vus comme dangereux pour la santé mais en même temps, les docteurs écrivaient des livres pour expliquer qu'ils pouvaient être aussi des remèdes puissants. L'Italie, par exemple, était recommandé dans un livre de 1864, pour « les affections morales, pour faire cesser des chagrins profonds, des hallucinations, des monomanies. » (in Théodore Zeldin, Histoire des passions françaises, tome 2, Payot, p.131)
Et la Chine, alors, qu'est-ce qu'elle soigne ? Comme tout remède puissant, la Chine peut occasionner des troubles considérables, si elle est mal prescrite : vague à l'âme, neurasthénie, dépression nerveuse, dysenterie chronique, eczéma, trucs dégueulasses au niveau des parties intimes, perte du moi, dissolution de la personnalité. Sans parler de toutes les espèces d'ahurissement, d'hébétudes et d'envoûtement.
Inversement, elle soigne efficacement les crises existentielles, les problèmes de peaux sèches, et même la sècheresse du cœur. La Chine adoucit les complexes de supériorité et les complexes d'infériorité ; elle redonne confiance en soi tout en empêchant au patient de penser qu'il vaut le moindre kopek.