Des mini-reportages sur les façons de vivre, de penser, d'étudier, d'aimer en Chine. Des petits billets pour montrer une Chine plurielles, diverses et contradictoire.
Une puree de poix remplissait jusqu'a la gueule les vallees de l'Ile de la Fleur de Pecher. Une ile tres interessante mais encore peu frequentee, ou les habitants proches de la plage principale vous alpaguent pour vous proposer des chambres. Condition ideale pour marchander. Je n'avais pas l'intention de dormir dans une chambre de toute facon, un coin d'herbe grasse dominant la mer m'etait tout destine pour la nuit a venir. Mais je demandais quand meme les prix, pour me donner un ordre de grandeur. 150 yuans la chambre ? Connaissant mes capacites de marchandage, la situation touristique creuse, et le fait que je suis etranger, j'estime pourvoir obtenir la chambre, si besoin est, pour 80 yuans. Un chinois pourra l'avoir pour 50, voire moins s'il est bon, mais pas moi.
Dans le village de pecheurs, loin des lieux touristiques, les femmes sont reparties en trois groupes bien separees. Les filles de joie dans un salon de massage pour marins, les femmes de marins qui reprisent les filets, et celles de la classe moyenne, habillees en tenue de ville, qui discutent avec les epicieres, qui promenent leur enfant ou qui se reposent sur les bancs.
Pas beaucoup d'hommes, en revanche. Certainement partis a la peche. Il y en a un, quand meme, qui est venu pour m'intimider lorsque je me suis rapproche des femmes de pecheurs. Elles s'amusaient de voir un etranger en train de les filmer, et l'homme, ca ne lui plaisait pas, les femmes qui rigolent. Je lui ai dit bonjour, avec un grand sourire, et j'ai continue mon film. Il est parti, mais il avait reussi par son unique presence a faire taire les gloussements et les plaisanteries.