Des mini-reportages sur les façons de vivre, de penser, d'étudier, d'aimer en Chine. Des petits billets pour montrer une Chine plurielles, diverses et contradictoire.
Il me prend des envies de nourriture italienne, des envies de pizza, de mozzarella, de carpaccio, d'huile d'olive, des envies qui m'etreignent le coeur plus que l'estomac. Il y a quelques jours, je mangeais avec des copains chez Da Marco, et je m'apercus au moment meme ou je le disais a mes amis, que j'etais nostalgique de l'Italie. La France ne me manque pas, au fond, car j'y vais souvent, au moins une fois par an ou tous les vingt mois. Bizarrement, ce qui me manque, c'est l'Italie. Je ne suis pas d'origine italienne pourtant, loin de la, je suis d'origine radicalement nordique.
Mais je crois que je suis plus italien de culture. C'est mon origine culturelle, si cela veut dire quelque chose. L'italie fait partie de mon identite nationale. La bouffe, par exemple, j'aime ces produits simples, legers, colores, francs comme les bles. Des feuilles de sauge sechee, broyees dans la main et saupoudrees sur une boule de mozzarella au lait de buffle, je ne connais rien de plus sain, de plus propice a la reverie ensoleillee. Les romans d'Erri de Luca sont habites de ces gestes simples, virils, muets et pleins de classe, avec des soupes, des herbes, des verres de vin.
La gastronomie francaise, bien sur j'en suis fier, mais je n'ai aucune relation avec elle. Je n'ai aucun acces aux vins les plus fins, aux plats les plus artistiques. Honnetement, pour moi, la cuisine francaise, c'est le steack frite, le gratin dauphinois, le boeuf bourguignon... J'aime, entendons-nous, mais je n'en ai aucun besoin quand je vis en Chine. Non, non, je suis italien, quelque part, entre le cerveau et le palais. Je repense souvent a mon premier voyage en Italie. En Ombrie, j'avais choisi une region pas trop touristique et pas trop intimidante, pour ma jeune culture et ma premiere vraie amoureuse. J'aime ce temps sec, cette belle lumiere sur la pierre et cette proprete des chambres.
Alors, apres la Chine, peut-etre aurai-je de ces nostalgies soudaines et inexpliquees pour la vie chinoise. Sera-ce un souvenir des papilles gustatives, de la main, de la joue ou du pied ?