Des mini-reportages sur les façons de vivre, de penser, d'étudier, d'aimer en Chine. Des petits billets pour montrer une Chine plurielles, diverses et contradictoire.
Pour signer mon contrat, je suis allé au bureau de la très charmante comptable de l’ambassade. On se demande d’ailleurs comment une fille aussi jolie peut finir par exercer un métier pareil. Un peu naïvement, je pensais que les gens beaux avaient davantage d’opportunités que les autres pour faire des choses amusantes, excitantes, palpitantes, et laissaient aux laids le travail de scribe, de trésorier ou de répétiteur. Erreur, ma comptable est tellement avenante que si je la croise dans le couloir d’une galerie d’art, je l’invite à manger dans le plus beau restaurant de Shanghai. (Je sais déjà lequel, j’y suis allé avec des amis, mais quand nous avons vu les prix indiqués sur la carte, nous avons littéralement fui, oubliant un portable dans notre course.)
Sur le contrat, il est écrit à plusieurs reprise que je suis « astreint » à la plus grande confidentialité à propos de tout ce qui concerne mon boulot. « En particulier, dit l’article 6, compte tenu du caractère confidentiel de la mission qui lui est confiée, l’Agent (c’est moi) s’engage à ne divulguer aucune des informations etc. » En lisant ledit contrat, et en le signant, je me sentais investi d’une importance… J’étais le dépositaire de secrets d’Etat. Nom de Dieu, quand je dirai ça à mes copains !
Je me demande tout de même dans quelle mesure on a le droit d’exiger des gens qu'ils se taisent…