Des mini-reportages sur les façons de vivre, de penser, d'étudier, d'aimer en Chine. Des petits billets pour montrer une Chine plurielles, diverses et contradictoire.
Etre professeur en Chine implique de beaucoup corriger, car les collègues chinois vous considèrent comme le mieux placé pour cette tâche.
Heureusement, le voyageur se rend vite compte qu’en lisant autant, il a accès à des espaces mentaux que les jeunes gens ne partagent pas facilement. Ils racontent des histoires, développent des idées, construisent des plans, élaborent des critiques. Rien de tel pour savoir comment pensent les jeunes Chinois d’aujourd’hui. Je devrais dire : « les étudiants chinois » car rien ne me permet d’assurer que les autres, l’immense majorité de ceux qui ne bénéficient pas de formation universitaire, pensent de la même manière.
La richesse de mon boulot, c’est le point de vue qu’il donne sur ce que pensent les jeunes Chinois, ce qu’ils ressentent, ce dont ils rêvent, ce qu’ils rejettent et critiquent, ce qui les rend tristes, ce qui les oppresse, ce qui les rend heureux, ce qu’ils ont envie de raconter, ce qu’ils perçoivent de leur propre culture, ce qu’ils perçoivent des étrangers, ce qu’ils perçoivent de la France.
Dans l’intimité d’une feuille blanche, avec pour seule barrière l’obligation d’utiliser telle ou telle structure de langue, une étudiante raconte l’histoire d’une poupée qui « ne sourit jamais ». La fille à qui appartient la poupée était très joyeuse, puis à l’adolescence, des malheurs arrivent à sa famille, la douleur atteint le cœur de la jeune fille, qui, « petit à petit, s’est habituée à cacher ses vrais sentiments. Elle ne riait plus et ne pleurait plus. » Puis à vingt ans, « assise de nouveau en face de sa poupée, elle murmura : ‘Maintenant, nous sommes les mêmes, toi et moi, avec un masque !’ »