Des mini-reportages sur les façons de vivre, de penser, d'étudier, d'aimer en Chine. Des petits billets pour montrer une Chine plurielles, diverses et contradictoire.
On donne beaucoup aux étrangers, mais pas ce qu’ils voudraient qu’on leur donne. Les étrangers n’ont pas besoin de privilèges, ils ne veulent pas avoir l’air d’être des VIP, ils détestent être mis en situation de maîtres. Les lieux réservés aux étrangers ne sont pas les lieux où veulent aller les étrangers. Pour la simple raison que nous n’aimons pas les lieux réservés.
Les Occidentaux, dans leur majorité, aimeraient être à égalité avec leurs collègues. Ils ont la passion de l’égalité, alors que les Chinois, dans leur étiquette et leurs rites, font de subtiles distinctions qui les placent toujours en situation de supériorité ou d’infériorité.
Les étrangers ne peuvent être ni l’un ni l’autre, mais comme on est mal à l’aise avec eux, on leur donne toutes sortes d’attentions, on les entoure d’une cage de politesse, pour les tenir à distance.
Un article de Neige, a excellemment illustré cette distance et ce malaise : http://anonymouse.org/cgi-bin/anon-www.cgi/http://paysdeneige.blogspot.com/2007/09/la-visite-dune-dlgation-suisse.html
Il y a donc un décalage intéressant, qu’il faut essayer de comprendre, entre le discours qui dit que les étrangers sont très bien accueillis en Chine, et l’instinct de rejet que les Chinois ressentent en eux-mêmes à notre égard. Le discours circule à l'extérieur, l'instinct reste rivé à l'intérieur.
C’est un instinct, vraiment, ce n’est pas volontaire, pas raisonné, pas contrôlé. Neige pense que cela vient peut-être de la période coloniale, qui n’est pas effacée. Je la crois volontiers. Elle pense aussi que les Chinois ressentent la même chose à leur égard en Europe, mais est-ce la même chose ?