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28 septembre 2008 7 28 /09 /septembre /2008 14:58

Mademoiselle Wei n’est pas contente. Elle vient de faire visiter un couple d’artiste une partie de Shanghai. Ses amis ne voulaient pas aller dans les tours ultramodernes de Pudong, ils disent que cela ressemble à New York et qu’ils n’aiment pas.


Photos : Cécilia de Varines ©


Sur la rue de Nankin, où les commerces rutilent, elle a voulu leur montrer les grands magasins. Ils sont à peine entrés et ont voulu s’éloigner. Elle s’en ouvre à moi et se plaint de leur attitude. « Mais les Chinois vont dans ces lieux. S’ils veulent connaître la Chine, ils doivent visiter les magasins que fréquentent les Chinois. »


Mlle Wei pensait que comparer sa ville à New York était justement un des plus beaux compliments.



En revanche, ils ont aimé les quartiers plus vieux, avec des maisons basses. Mademoiselle Wei trouve que c’est trop sale, et que cela ne correspond pas à la Chine d’aujourd’hui. Il y encore des pauvres et des quartiers insalubres, mais avec l’évolution et les progrès de la Chine, ils disparaîtront, du moins Mlle Wei l’espère.

Photo : "Chines"

Cela énerve mon amie, ces étrangers qui veulent voir de la Chine uniquement des paysans, des paysages sordides, des vieux, des salopes et des usines interdites. Shanghai présente une réalité que les étrangers ne veulent même pas regarder.

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5 avril 2008 6 05 /04 /avril /2008 01:00

Dans les récits de voyages d’Auguste Haussmann (1843-1845) ou d’A. Raquez (1900), et les chroniques tenues par les rares Français qui font paraître « L’écho de Chine », la ville chinoise de Shanghai est invariablement décrite comme puante et sale. Cela continuera jusqu’à Albert Londres qui proposera de faire fortune en vendant des pinces à linge à l’entrée. Les Occidentaux s’installent non loin avec leurs propres étrangers. Les Anglais ont leurs Sikhs, les Français leurs Annamites. Les Chinois ne sont pas admis dans les concessions étrangères, jusqu'à la révoltes des Taiping qui fait refluer des centaines et des milliers de Chinois qui cherchent refuge dans ces îlots européens surprotégés.
Commencent alors la grande ambigüité, qui ne cessera plus, entre étrangers et Chinois. Shanghai va protéger des Chinois tout en les méprisant, les étrangers vont épauler le gouvernement chinois dans sa lutte contre les Taiping mais en restant plus ou moins ennemis. Shanghai va développer l'économie de la région tout en gardant une mauvaise réputation aux yeux des locaux.
Même acceptés dans les concessions étrangères, les Chinois - même riches - sont exclus de nombreux lieux publics et de lieux de loisirs. Les récits parlent parfois des Chinois de Shanghai avec mépris. Des poèmes s’en moquent même avec racisme et une lourdeur rare. On y lit aussi le récit d'émeutes assez violentes : en 1898, les Chinois qui de la concession français avaient fait un cimetière d'un terrain vague. Quand les promoteurs ont voulu construire, les révoltes durèrent plusieurs jours, il y eu des morts.

La ville européenne n’inspire pas beaucoup plus les plumes de la belle époque. Segalen écrit à sa femme combien il déteste la ville. L’église Xu Jia Hui, et tout le quartier, tout cela le dégoûte. De nombreux esthètes actuels persistent dans ce sentiment : Shanghai, ce n’est pas la Chine éternelle.

Bref, Shanghai coloniale est loin d’être glamour.

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1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 14:54

Des Français écrivent sur Shanghai depuis les années 1840. Cela nous fait 170 ans de littérature, ce n’est pas peu dire, et savez-vous qu’il n’y a pas une étude digne de ce nom sur le sujet ?

Alors, comme d’habitude, comme chaque fois qu’une bonne idée traîne dans le coin, je m’en charge. Pas tout seul, d’ailleurs, puisque j’encourage des étudiants shanghaiens à se pencher sur cette question. La transformation des images de Shanghai dans la littérature française, j'imagine que cela pourrait être une façon pour eux d’utiliser leur parcours universitaire pour embrasser l'identité  de leur vie urbaine. Il y a une identité française de Shanghai, comme il y a une identité italienne de Lyon, ou une identité juive de Venise.
Il nous reste à créer un centre de recherche international, centré autour de la bibliothèque Zi Ka Wei, qui travaillera sur tous les textes écrits sur la ville, en plus de vingt langues. Cela aussi demande ardemment à être fait. Comparer les images de la ville selon les époques et selon les pays d’origine des auteurs. Imaginez un peu les lettres et les journaux intimes des Japonais, des Polonais, des Africains... Ne me dites pas que cela ne vous fait pas rêver !

Commençons par les Français, et posons l’hypothèse qu’il y a eu quatre grandes époques.

Le temps des colonies, où les étrangers ne se mêlaient pas aux Chinois. Ils apportaient leurs propres étrangers, d'Inde et de Cochinchine, et ne voulaient rien avoir à faire avec la Chine, commerce excepté. 


La Belle époque
, où Segalen rejette cette ville : elle est exclue de la Chine éternelle des esthètes.


Les Années folles
où les Chinois prennent une plus grande importance dans le mythe que nos écrivains sont en train de créer, mythe d'une ville capitaliste, aventurière, immorale et comploteuse.


Les années maoïstes
où les écrivains sont accueillis par le régime en place. Font-ils seulement attention à Shanghai ? C’est à étudier.


La temps de la réouverture
aux étrangers, de 1978 à nos jours, et la reprise du capitalisme, avec une différence de taille : Shanghai est devenue chinoise à part entière. Elle est même devenue un symbole de la Chine éternelle, de sa capacité à se relever, à digérer les conquêtes étrangères et à les siniser.

 
Histoire d'une inclusion. Ou comment une ville est tenue à l'écart de la culture d'un pays avant d'en devenir un symbole et une locomotive.  

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6 mars 2008 4 06 /03 /mars /2008 10:33

J'ai été absent pas mal de temps car on m'a volé mon ordinateur, mais j'ai déjà raconté cela mainte et mainte fois.

Dans la section Toshiba du centre commercial de mon quartier, Wu Jiao Chang pour ne pas le nommer (mon quartier, pas le centre commercial), un groupe d'au moins cinq jeunes hommes rouillaient et fumaient. Le temps que j'attende le portable que je voulais acheter, modèle Satellite L203, 4800 yuans (prix réduit à 4300 yuans) j'ai eu le temps d'observer leur manège.
L'un d'entre eux, à peine pubère, jouait à une console de jeu. Il s'excitait sur sa petite machine avec feu. Un autre, plus grand et plus gros, lisait un livre. Oui, un livre, en plein stand Toshiba. Les autres allaient et venaient. Le vendeur s'occupait de moi, il me conseillait, il essayait de me vendre des choses, que je refusais systématiquement. Il me montra un DVD intitulé "Vista" et me demandait si je voulais qu'on l'installe sur ma nouvelle bécane. Faites comme vous voulez, je n'y connais rien. Il m'apprend que cela coûte beaucoup d'argent, mais que pour moi ce sera beaucoup moins cher. "Laissez tomber, alors."
Je vis alors que les jeunes qui traînaient n'étaient pas des clients qui attendaient leurs machine, comme moi, mais des sortes de simili employés, des gens qui travaillaient plus ou moins là, en cas de besoin. Comme les restaurants et les bars qui ont un personnel pléthorique, les stands de vente font aussi vivoter tout un petit peuple dont le voyageur se demande s'il ne serait pas plus à sa place sur les bancs de l'école. A son âge, le petit peuple, il aurait encore des choses à apprendre, me semblait-il, comme l'anglais par exemple, pour vendre des machins à tous les étrangers qui résident à Shanghai quelques mois, ou quelques années. Je ne lui ai rien dit rien car vu mon niveau de chinois, le petit peuple se serait à juste titre bien foutu de moi.
A ma grande surprise, mon vendeur installe quand même "Vista" sur mon ordinateur. J'avais pourtant dit non. Va-t-il me le facturer ? Il arrive que les vendeurs me mettent devant le fait accompli, comme ça, mais je refuse toujours et je paie le prix convenu. Ils insistent alors avec le sourire puis acceptent dans un mouvement de tête qui semblent dire : "Ah toi, alors, tu as la tête dure, à ce qui paraît."   
Non, il ne me facture rien de plus. Il me donne sa carte de visite et me serre la main.
Sur le chemin du retour, je repense à ces jeunes gens qui jouent aux jeux électroniques. Il paraît que les nouvelles technologies sont les secteurs porteurs, les signes de modernité d'une nation et d'une économie. Faut-il que je fasse un effort pour m'y intéresser un peu ?
 

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29 janvier 2008 2 29 /01 /janvier /2008 10:26
Comme je sais que vous vous inquiétez de me savoir en Chine, où le froid et la neige causent des dégâts considérables, où "25 personnes ont été tuées dans des accidents de la route dus aux intempéries" comme l'annonce le Daily China, qui égrène ses chiffres : "827 000 personnes ont été évacuées, 4,2 millions d'hectares de céréales ont été abîmés, 399 000 maisons ont été endommagées."

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Comme je sais que vous vous inquiétez pour moi, je tiens à vous rassurer sur mon petit sort. A Shanghai, la neige est tellement rare que les gens, lorsqu'ils n'ont pas besoin d'utiliser les transports en commun, font des bonhommes de neige, se photographient dans les parcs et se lancent des boules en criant.

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Il y a une passion des bonhommes de neige chez les Chinois, une passion que je comprends parfaitement car rien ne me fait plus revenir en enfance que la neige. Chaque fois que je la vois tomber, je suis ému.

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6 janvier 2008 7 06 /01 /janvier /2008 01:38

Il y a un parc, très loin dans le nord de Shanghai, au bord de la rivière Huangpu. C'est le vestige d'une ancienne forêt, immense, qui couvrait toute la région autrefois, avant le développement de la ville.

 

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Les botanistes y trouvent de nombreuses espèces d'arbres, les mariés s'y font photographier, comme dans tous les parcs. Ces deux-là, assis tranquillement, posent en se les gelant car il fait près de 0°. Je prends la photo en tremblant de froid, moi-même. Eux n'ont pas intérêt de trembler : cette série de photo leur coûtera au moins 5000 yuans pour la journée et un album de 40 photos "traditionnelles". Des photos qui leur coûtent plus d'un mois de salaire. 
Les jeunes mariés sont prêts à faire des sacrifices. Ils se serrent tellement la ceinture, avec le crédit de l'appart, qu'ils veulent avoir des photos resplendissantes, débordantes de richesse, de sourire, de douceur.

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A quelques pas de là, la rivière qui se jettent dans le fleuve Yangtzi et qui, en amont, a traversé le centre de Shanghai en mouillant le fameux Bund. Ici, c'est Business as usual.

J'aime quand le monde de la forêt rencontre le monde des fleuves et des marins. Je lance ici même l'idée d'inclure, dans les photos de mariage, des clichés sur les péniches, le marié déguisé en marinier, la mariée en prostituée, rappelant l'esthétique noir et blanc du film Atalante, de Jean Vigo.

 

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Pas sûr que les parents aiment le noir et blanc, qui fait peut-être un peu cheap.

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5 janvier 2008 6 05 /01 /janvier /2008 00:46

Comme personne ne parle de la photo de ma bannière, je vais le faire, car c’est une photo qui me plaît, à moi. Mais c’est peut-être parce que je suis shanghaien. Je la trouve poignante. Je l’ai prise depuis le ferry qui me ramenait du Japon, en février 2007. 
Ces tours en construction (qui doivent être terminées à l’heure actuelle) ont quelque chose de troué, d’ouvert, de strié. De fragile et d'élégant.

Cela ressemble à des ruines en construction.



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3 décembre 2007 1 03 /12 /décembre /2007 13:48


Je reviens de Nankin où les rues m’ont paru un peu vieilles, un peu sombres, où la ville m’a paru plus basse qu’autrefois.

Je reviens de Nankin dont le plan seul m’émeut. Dans le métro, la contemplation du plan de la ville suffit à me faire penser à cet attaché consulaire qui, un jour, avait haussé les épaules en m’écoutant dire que Nankin était une ville très intéressante. « Oui, oh, c’est assez intéressant... » Mais qui embauche-t-on donc, dans les consulats ?

Je reviens de Nankin où je fais du business. Un business très spécial, un business sentimental, un business de midinette aventurière.

Je reviens de Nankin où une jeune femme sait trouver des mots irrigués de vie.

Je reviens de Nankin que mon vieux poteau Sigismond arpente sans illusion et sans espoir.

Je reviens de Nankin.

Je reviens de Nankin.

Je reviens de Nankin.

 

Où j’ai fait un aller retour furtif.

Où j’ai marché sur un mur datant des Ming.

Où j’ai visité des usines désertes.

Où j’ai fumé des cigarettes avec Sigismond.

Où le lac Xuanwu dormait sous la brume.

 

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29 octobre 2007 1 29 /10 /octobre /2007 02:48
Ce voyage aura beaucoup tourne autour du lac Houhai. A Pekin, il y a, au centre, la Cite interdite, a gauche de laquelle le lac Zhong Hai s'etend de tout son long. Au nord, celui-ce se prolonge par le lac Bei Hai. Lui-meme laisse la place au petit lac Qian Hai qui s'efface devant celui que j'ai beaucoup frequente depuis jeudi soir : Hou Hai.
Si vous allez a Pekin, je vous conseille de louer un velo et de vous promener autour de tous ces lacs, ainsi que dans les ruelles "Hutong" qui, pour celles qui ne sont pas (encore) detruites, gardent toujours un charme extraordinaire pour le voyageur, a chaque fois frappe de stupeur et de melancolie.
Le lac Hou Hai, j'ai du y passer la nuit de jeudi a vendredi, pour des raisons diverses que je ne peux pas etaler ici. Depuis cinq ou dix ans, ce lac voit se multiplier sur ses berges une myriade de bars plus ou moins branches. Apres quelques cafes underground, sont arrives les grands bars scintillants pour les baireaux du week-end.
J'esperais trouver des lieux ou je pourrais me divertir, lire, rencontrer des gens, me laver, dormir un peu ou, du moins, me reposer. 
La plupart de ces bars ferment a deux heures du matin, le jeudi, sachez-le, vous qui louerez des bicyclettes et prevoirez de vous bourrer la gueule au bras de prostituees chamarrees et vindicatives jusqu'au petit matin.
Je marchai, solitaire, sur la rive du lac, ma capuche sur la tete, ravi qu'il ne pleuve pas, ravi d'avoir pense a prendre un vetement chaud, ravi d'etre a Pekin et de voir se detacher, sur le ciel clair de la nuit, des batiments chinois qui datent des Ming.
Je pus me reposer dans le "Zone", loin vers le nord, sur le dernier lac du centre ville, le Xi Hai. Un bar plein de banquettes, isole, qui restait ouvert Dieu sait pourquoi. Je pris un Irish coffee et m'assoupis, sur les quatre heures. On me reveilla vers cinq heures pour que je regle et fiche le camp. 
Cinq heures du matin, j'avais fait le plus dur, j'avais meme reussi a soutirer un peu de sommeil a la ville. Ma nuit blanche serait donc moins dure a recuperer. Je repris ma promenade nocturne en attendant que le jour se leve.
Sans surprise, les berges resonnerent des cris des vieux Chinois venus faire leurs premiers exercices. Les memes cris, exactement les memes sons qu'autour du lac des Nuages Pourpres.
Un sentiment de bonheur tres fort m'enveloppait et me conduisait. J'etais si heureux que je decidais de couler un bronze entre les arbres, dans un coin d'herbe tendre jonchee de feuilles mortes. Feuilles mortes que je destinai a un usage quelque peu prosaique, mais necessaire et respectable.
Je ne savais pas l'heure qu'il etait, tant le brouillard etait epais, mais, bientot, je pris un petit-dejeuner dans un Macdo et disparus dans un taxi pour rejoindre l'hotel, loin dans la banlieue, ou se tenait un seminaire de lecteurs francais des universites de la Chine entiere. Je sechai naturellement les activites du premier matin pour dormir dans ma chambre d'hotel.
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15 septembre 2007 6 15 /09 /septembre /2007 12:38

Quand on me dit que le Face bar est un endroit minable, qu'il transpire le néocolonialisme, qu'on n'y voit que des expats, voici comment je le défends.
Il est vrai qu'on y trouve davantage d'Occidentaux que de Chinois, mais cela s'explique aisément. Les Chinois n'ont pas intégré la culture du bistrot, du café, du pub, enfin du lieu public où l'on prend l'apéro. (Ils avaient les maisons de thé, en revanche, mais elles ont pour la plupart disparues, sauf dans des villes comme Chengdu.) Par conséquent, si vous voulez sortir dans des lieux à forte proportion de Chinois, il faut aller dans les karaokés.
On croit souvent que les Chinois ne vont pas dans les bars branchés parce que les consommations sont trop chères, mais c'est faux. Dans une ville comme Shanghai, il y a assez de nouveaux riches pour remplir dix ou vingt bars comme le Face. Ce qu'ils dépensent dans les karaokés en bouteilles et en accompagnatrices est largement supérieur à la demie douzaine de bières qu'un sage précaire peut boire (au maximum) lors d'une soirée commencée un peu tôt.
Quand Jin Ping Mei sera redevenu un livre de chevet dans ce pays, les jeunes gens cultivées voudront à nouveau jouir du temps qui passe dans les maisons de thé. Il paraît qu'elles sont déjà redevenues à la mode, mais je doute de la réalité de cette mode. Aujourd'hui, les immenses karaokés fermés, confinés, sont loin d'être détrônés.
Dès lors, le néocolonialisme qu'on reproche au Face, n'est qu'une affaire de décoration et d'architecture.
De mon côté, quand il y aura d'autres terrasses avec vue sur des arbres centenaires, des pelouses et des billards où les femmes chinoises se montrent intraitables et extrêmement concentrées, je m'impliquerai dans des débats de fond sur la meilleure manière de finir son dimanche.

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