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28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 17:33
Il ne faut pas confondre 玄武湖 (Xuan Wu Hu) et 紫霞湖 (Zi Xia Hu).
Qui serait tenté de le faire, franchement ? Cela ne s'écrit pas pareil, et ça ne prononce pas du tout de la même manière.
Pourtant, beaucoup confondent, dans les conversations, et moi le premier. Les deux lacs sont à Nankin, mais l'un est connu de beaucoup de Chinois, alors que l'autre n'est connu que des lecteurs de mes blogs.
J'ai passé tant de temps à parler du Lac des Nuages pourpres (Zi Xia Hu) que j'en ai oublié celui qui figure sur cette vidéo.
Il est large, il constitue à lui seul le nord-ouest du centre ville de Nankin.
On ne s'y baigne pas, mais on peut y faire du pédalo.
Moi je n'en ai fait qu'une fois, avec ma joyeuse bande d'étudiants de Shanghai. C'était en juin ou en juillet, après les examens.
Autour du lac, les Nankinois se reposent et s'adonnent à toutes sortes d'activités, musicales entre autres.
Musicales souvent.
On y joue du Erhu, ce violon à deux cordes qui vient des barbares de l'ouest, les Ouïghours ou les Kirghizes. On y danse, on y chante dans des karaoke en plein air.
Moi - c'est plus intime mais ça compte - j'y ai embrassé pour la première fois une Chinoise. C'était près de l'arbre, non loin du joueur de Erhu que l'on voit sur la vidéo.
J'avais porté mon amie sur ma bicyclette, depuis la salle d'opéra de Zhongshan Lu. Comme elle s'accrochait à moi, et que je lui tenais la main, je pris la décision de nous diriger vers l'endroit idoine pour le commerce des atomes crochus.  
J'aurais pu l'embrasser avant et ailleurs, mais c'est là que c'était le plus romantique, aux yeux du sage précaire que j'étais déjà. 
C'est d'ailleurs là que j'ai conçu la notion de sagesse précaire. Sur ma bicyclette, mais tout seul, en tournant autour du lac.
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7 septembre 2008 7 07 /09 /septembre /2008 14:00
Je sais ce que vous allez dire. Il ne faut pas abîmer le patrimoine ! Des sculptures du XIVe siècle, vous n'avez pas honte ? Des animaux légendaires, gardiens du tombeau de Hongwu, le premier empereur de la dynastie Ming !
Pire, vous, l'enseignant, qui auriez dû mettre des bornes à leur enthousiasme dégradant, vous les accompagnez, et peut-être même les avez-vous encouragés ! 


J'avoue. Non seulement je les ai encouragés, mais je leur ai montré la voie. Je leur ai appris à faire la courte échelle (ces jeunes citadins ne savent pas forcément faire des conneries à plusieurs...). Non seulement mes étudiants sont plus respectueux que moi, mais je les ai entendus dire, entre eux, sur le chemin, que ce genre d'escalades, il n'y a qu'avec des fous comme moi qu'on pouvait les faire.
J'avoue et j'assume. Je suis absolument certain que ce type de sculptures sont faites pour résister à ce type d'assauts. Preuve : si les corps d'hommes, de femmes et de chats, ne se frottent pas à ces statues, on ne verrait pas le marbre dans lequel elles sont sculptées. On le voit un peu (le marbre) là où ça brille, sur la patte, au creux de la bosse où est assise Zoé.



Et puis les statues sont faites pour cela, j'en suis intimement persuadé. Regardez où nous sommes assis : sur la trompe de l'élephant qui, s'appyuant sur le sol, se relève et s'évase pour former un siège au passant. Dans l'esprit du sculpteur, bien sûr, le passant ne devait être que l'empereur qui, enterré, continuerait de se promener dans son allée protectrice (ici, des sinologues amateurs, s'ils lisent ceci par extraordinaire, par erreur, se gaussent et me traitent d'imbécile. Dieu leur vienne en aide.)
Voyez comme l'éléphant propose un espace accueillant, chaleureux, protecteur. Cela ne peut pas être fait pour être exposé dans un musée. 


Je sais ce que vous allez dire. Vieux pervers, vous profitez de votre position pour corrompre des jeunes filles innocentes ! Vous dégradez donc dans le même temps le patrimoine historique et la jeunesse de la Chine.  


Que répondre à cela ? Je suis pris en flagrant délit par les photos, qui circulent peut-être déjà sur le net. Maintenant, je m'adresse à leur mère : mesdames, veuillez accepter mes excuses mais, si je puis me permettre, c'était soit cela, soit vos filles restaient sur le dromadaire.
Et puis elles n'ont pas été si traumatisées que cela. Elles ont continué à poser en ma présence.

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5 juin 2008 4 05 /06 /juin /2008 16:44


La forêt de stèles, à Xian, est une expérience magnifique, même pour ceux qui ne lisent pas le chinois. C'est avant tout une expérience physique, avant même d'être visuelle, et loin avant d'être de déchiffrage. Le voyageur, en s'y promenant, pense inévitablement à Victor Segalen, qui fut tellement fasciné par ces monuments d'écriture qu'il en conçut son livre le plus connu.



Cette stèle est la combinaison de huit caractères dont les quatre premiers (Ke, Ji, Fu, Li) renvoient à des préceptes confucéens très austères : "régler ses passions", "cultiver son esprit", s'écarter de l'orgueil", "observer les bienséances".

 

Or, ce qui m'émeut aux larmes et me fait aimer la Chine plus que tout autre culture, c'est le fait que le résultat est un personnage qui danse. On oublie trop souvent que Confucius aimait la musique, qu'il dansait, qu'il chantait et qu'il jouait de la cithare. C'est la Chine que j'aime : la sagesse et l'enthousiasme, l'austérité et le sourire irrésistible, ce que confirme les images de cette jeune personne, ma compagne de voyage : une Chinoise à la fois grave et espiègle.


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5 juin 2008 4 05 /06 /juin /2008 02:52
Plusieurs fois, j'ai entendu dire quela visite de l'armée en terre cuite, à Xian, était décevante. Que les spectateurs étaient loin, qu'on distinguait mal les visages. On dit que c'est moins impressionnant que les photos diffusées dans la presse. Ce n'est pas pour me vanter, mais moi, j'ai été très impressionné, j'ai trouvé le site extrêmement puissant. La scénographie nous permet de tourner autour de l'armée, en surplomb par moments, à hauteur de soldats à d'autres endroits. Le voyageur expérience donc à la fois le nombre, la masse de l'armée, et les individualités, le visage des soldats, leur corps, leur diversité.  



En visitant l'immense site du tombeau de Shi Huang Di (259-210 av.JC), on se pose la question : comment a-t-il été possible de ne rien laisser filtrer de ce colossal travail, de ce trésor infernal ? Comment a-t-on su empêcher le moindre poète soûlographe de faire des poèmes là-dessus ? Les ménagères de moins de cinquante ans d'en discuter au marché et de faire circuler une rumeur ? Moi, je veux bien qu'on ait tué tous les gens qui ont participé aux travaux, mais c'est une explication qui ne me suffit pas (il faut dire que je suis un peu chiant, comme mec.) Après tout, les Chinois écrivaient depuis des siècles, et pas n'importe quoi! A l'époque de cette réalisation, de nombreux débats ont eu lieu et de nombreux systèmes de pensée ont été mis en place pour déterminer ce qu'est un bon gouvernement, un bon chef, etc. Et personne n'aurait parlé, même de manière plus ou moins fabuleuse, du tombeau incroyable du plus fou de tous les hommes d'Etat du monde ? Il suffisait de laisser libre cours à l'imagination, et d'inventer n'importe quoi, à l'époque, et on aurait été en dessous de la vérité...


Quel pays, la Chine ! Il paraît qu'avant la découverte de cette armée enterrée, en 1974, Xian et ses environs n'était pas un site touristique. Ce n'est pas tout à fait vrai. D'abord en 1974, la Chine n'était visité que par des intellectuels invités par le régime de Mao, comme la délégation de Tel Quel. D'ailleurs, Julia Kristeva raconte ce voyage (en compagnie de Sollers, Barthes, Pleynet) dans la région de Xian, mais ne dit rien de l'armée : ils sont arrivés l'année même de sa découverte et l'ont donc ratée.  



Un autre mystère que je n'accepte pas : le silence et l'obscurité qui entoure la chambre funéraire de l'empereur lui-même. On dit que cela abîmerait trop, et patati et patata. Qu'on ne me dise pas qu'aucun chef d'Etat n'a mis les pieds là-dedans, poussé par une curiosité plus forte que lui. Quoi! Mao, après avoir causé des dizaines de millions de morts dans sa propre population, aurait ressenti devant ce tumulus un respect tel qu'il ne se serait pas aventuré plus loin ? Et Deng ? Et Jiang ? Et Hu ? Et si le respect est tel, pourquoi n'a-t-on pas fermé le site de l'armée en terre cuite à tout ce public qui, par millions, vient dégager son haleine destructrice sur ces vaillants soldats ? 
Je ne sais pas, je ne connais rien à l'archéologie, mais enfin : est-ce raisonnable de penser que depuis trente ans, on travaille sur ce chantier de fouille sans que jamais personne, n'ait fait pénétrer ne serait-ce qu'une caméra chirurgicale dans la chambre funéraire ?  Admettons que ce soit risqué, pour des raisons d'émanations chimiques mortelles, ou de dragons cachés, n'a-t-on pas sacrifié d'autres vies pour des lubies moins grandioses ?
Bref, je n'y crois pas beaucoup, à ce mystère. Mais en même temps, je ne crois pas beaucoup au fait que personne ne se soit jamais douté de l'existence de ce tombeau jusqu'en 1974, ce qui me range parmi les dubitatifs stériles.
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30 mai 2008 5 30 /05 /mai /2008 01:21

L'architecte sino-américain a conçu le nouveau musée en s'efforçant de reprendre des motifs de l'architecture traditionnelle chinoise, et de les agencer, de les transformer, de les fusionner dans une construction contemporaine. Le résultat, s'il est intéressant par endroits, est décevant.
Pourtant, le voyageur y va le coeur léger, au milieu d'une journée plutôt joyeuse, où il a réuni tout ce qu'il aime. Le voyageur est prêt à s'enthousiasmer pour un peu n'mporte quoi, mais le sentiment général qui s'impose est une sorte d'ennui. Des formes géométriques qui peinent à donner une idée d'harmonie et de vertige. Quelques photos parviennent à capter des points de vue d'où l'on a une imression de géométrie spiritualisée, mais quand il s'y promène, le voyageur ressent surtout l'atmosphère qui se dégage des bâtiments administratifs français, des collèges de province, des bibliothèques municipales des Villes nouvelles. Sans mentir, je ne me suis jamais cru aussi proche de Villefontaine, voyez, ou de l'Isle d'Abeau, alors que j'aurais dû être transporté dans une expérience aux confins de la Chine éternelle et du postmodernisme. Peut-être cela signifie-t-il que l'Isle d'Abeau est plus classe que ce que j'avais imaginé...


Les portes, par exemple, ont cette forme pointue qui, même en se répétant et en se démultipliant, restent lourdes et sans grâce. Mis à part quelques endroits réussis, l'ensemble donne un goût de fadeur, de manque d'inspiration. On imagine l'architecte bâcler ce travail à coups de crayon rapides, afin de se consacrer à d'autres projets plus lucratifs, et laisser ses crobars aux mains des stagiaires de son atelier pour le réaliser. Puis on imagine les compromis qu'il a fallu faire pendant les travaux pour arriver à un résultat convenu qui va vieillir extrêmement vite.
A la sortie, je vois une jeune femme qui attend un taxi. Je lui demande où elle va, et comme nous allons au même endroit, la gare, nous partageons un pousse-pousse. Je raconte cela pour montrer que j'étais dans une excellente humeur, absolument pas grognon, comme je peux l'être parfois, et que mon jugement sévère sur le musée n'est dû qu'à l'architecture elle-même. La fille a 26 ans et elle termine ses études d'architecte. Elle retourne à Nankin, où elle habite. "Nankin ? Mais j'y ai vécu deux ans! Quelle coïncidence." Elle avoue qu'elle n'a pas beaucoup aimé le musée non plus. L'architecture chinoise, dit-elle, ne s'adapte pas à l'architcture moderne. De toute façon elle s'en fiche, elle veut changer de formation, elle pense qu'être architecte en Chine est trop difficile.



Restent les expositions et les collections. En ce moment, je recommande la visite du musée pour ces curieux cloisonnés, dont un homme d'affaire de Hong Kong a réuni une collection unique au monde. Une autre exposition est très intéressante : une série de photos de Shanghai, de la région entre Shanghai et Nankin, et d'autres endroits de Chine, datant des années 1840/1850, par des voyageurs suisses.
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6 mai 2008 2 06 /05 /mai /2008 14:17








Photos : Cécilia de Varines ©
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25 mars 2008 2 25 /03 /mars /2008 12:17

Quand je suis arrivé à Shanghai, il y a un an et demi, on me parlait de ce nouveau quartier qui allait bientôt être un centre commercial de premier ordre, juste à côté de Fudan.
J'allais me promener dans le coin et voyait cet étrange pont-tunnel, habillé d'une robe en damier. Autour, des chantiers. Moi, je croyais que le pont-tunnel n'était pas terminé. Il l'était, et six mois plus tard, il flamboie de tous ses feux et attire la circulation des cinq rues dont il surplombe le croisement.


En quelques mois, le quartier fut érigé, une architecture réussie selon moi, des blocs de bâtiments que je prendrai en photo quand j'aurai des piles pour appareil.
Et en quelques mois, des centaines, des milliers de riverains qui habitaient autour, mais que je n'avais jamais vu, et qui déambulent jusqu'à minuit sur les places éclairées par le joli pont-tunnel.



C'est un quartier pour la nuit. Pas la nuit des teufeurs, pas la nuit des gens branchés, mais la nuit des familles, la nuit des vieux qui dansent en couple. C'est un quartier pour que les gens qui ont travaillé toute la journée dans la grisaille puissent se reposer et profiter de l'animation d'une vie commerciale, pleine de néons et de rêves en caoutchouc.  
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10 mars 2008 1 10 /03 /mars /2008 00:55
J’écris ces mots à voix très basse car je suis dans une bibliothèque. Dans le quartier commerçant de Xu Jia Hui, à Shanghai, restent encore quelques vestiges de la présence des Jésuites français. Cette bibliothèque, par exemple, ils l’ont construite en 1896. A deux pas de la cathédrale toujours en activité, et non loin du célèbre observatoire, dont je ne sais pas vraiment s’il est toujours debout ou non.

Car ce qui est extraordinaire, c’est qu’on ne sait pas forcément que tout cela existe, même quand on vit à Shanghai, qu’on est étranger, qu’on est curieux, qu’on fouine volontiers et qu’on fourre son tarin un peu partout.

La plupart des résidents étrangers ne connaissent pas la Bibliothèque Zi Ka Wei, sinon elle serait pleine de Français venus feuilleter les vieux numéros du « Journal de Shanghai », une parution de l’entre-deux-guerres, cataloguée consciencieusement, et qu’on va vous chercher dans les archives sans rechigner. Même « L’écho de Chine », écrit et publié à Shanghai, dont nous avons tous les numéros postérieurs à 1897, les bibliothécaires nous autorisent avec grâce à le manipuler. Le papier est tellement vieux que le simple fait de tourner les pages un peu rapidement le déchire.

Cela nous change du vieux fonds de livres français de Fudan, que des pseudo bibliothécaires protègent comme le saint Graal dans la plus grande indifférence de leur détérioration poussiéreuse.

Ici, au contraire, vous demandez un livre au titre intrigant, Confucius en pull-over, de Maurice Dekobra (1934), aucun souci, un personnel diligent vous le pose cinq minutes plus tard sur la belle table en bois qui vous sert de bureau. Vous allumez la lampe art déco devant vous et vous glissez dans une lecture aristocratique pour pas un rond.

En allongeant les pieds sous la table, le voyageur se prend à rêver. Il se verrait bien chercheur dans des endroits haut de plafond comme ceux-là. Du bois un peu partout, un balcon pour prendre le soleil ou l’air frais, plus de 500 000 livres datant d’avant la prise de pouvoir des communistes, vingt langues représentées, un quartier commerçant électrique derrière lequel se ramifient un beau réseau de rues calmes et charmantes pleines de maisons des années trente. Un vrai bonheur pour le piéton précaire.

Pour tout vous dire, ce que je fais, moi, mais je ne veux forcer personne, c’est qu’à la fermeture de la bibliothèque, à 17h00, je prends des petites rues entre-deux-guerres au hasard et je marche dans la direction générale de l’est et du nord-est. Une heure plus tard, j’arrive au Face bar, une autre maison construite à la fin du XIXe siècle et, curieusement, beaucoup plus connue des étrangers (cela doit être dû au quartier, qui est en effet plus fréquenté par les Européens). Là, je me fais battre au billard par la moindre gonzesse qui passe, je bois quelques bières et je peux affirmer que ma journée a été bien remplie.

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2 octobre 2007 2 02 /10 /octobre /2007 03:35
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Je prends un grand plaisir a visiter le Musee du Palais national de Taipei. Mon plaisir est meme augmente par le fait meme que je prenne du plaisir, alors qu'en general les musees sont des lieux ou l'on se fait a moitie suer, ou l'on a mal aux pieds
, etc. 
Nous acquerons, avec le temps, des competences. Elles ne sont pas toutes de meme valeur. Nous ne sommes pas egaux devant les competences developpees. Moi, c'est le musee. Je sais comment prendre mon temps, comment reposer mes genoux et mes yeux, comment balayer du regard certaines salles et comment me laisser absorber par certaines oeuvres. Je sais aussi comment me souvenir de beaucoup de choses, quelle que soit la taille du musee.
Les collections de ce musee sont d'une importance cardinale, puisque ce sont les tresors de l'art chinois amasses par les Qing, des chefs d'oeuvres remontant a la dynastie Han. Posseder ce tresor revenait a posseder la legitimite de gouverner la Chine. Des que la Republique a ete proclamee, les republicains mirent la main dessus, le repertorierent et le conserverent. Puis les Japonais ont menace Pekin, alors le tresor fut enferme dans des milliers de caisses et fut transporte a Nankin. Puis les Japonais se sont rapproches de Nankin, alors Tchank Kai Chek l'eloigna encore, cherchant a le rendre hors de portee a la fois des Japonais et des communistes. Il finit par l'envoyer a Taiwan ou lui-meme se refugia avec ses troupes en 1949. Les voyages de ce convoi magnifique sont une des choses les plus romanesques que l'on puisse imaginer dans toute l'histoire des musees.
Combien de fois, en lisant des livres d'art, n'ai-je pas vu a propos d'une peinture ou d'une calligraphie qu'elle etait a Taipei ? Malheureusement, le musee ne presente au public qu'une partie de ses possessions. Le nombre de peintures est assez limite, compte tenu de ce que j'avais vu dans les livres. Mais je ne vais pas me plaindre, ce qui est presente est suffisamment magnifique pour occuper le voyageur quelques heures.
 
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21 septembre 2007 5 21 /09 /septembre /2007 03:54

Dans un jardin chinois, les yeux - ne parlons que des yeux - sont invités à circuler d'un volume à l'autre. Moins « invités », d’ailleurs, qu' « appelés » à suivre des lignes directionnelles qui mènent à d'autres lignes. A travers les lignes de force de la composition des volumes, le jardinier fait alterner les éléments. L'oeil passe ainsi de la pierre à l'eau, à l'air, à la végétation. Mais c’est la pierre elle-même qui devient fluide comme l’air, etc.
Les jardins sont remplis de petits endroits confinés. Ils n'ont d'autre utilité que de permettre au lettré de s'arrêter et de méditer, tout en laissant ses yeux naviguer circulairement, et balayer l’espace.

C’est la raison pour laquelle les jardins sont difficiles à photographier. Ce sont moins des tableaux, des bosquets bien arrangés, que des mouvements tantôt centripètes, tantôt centrifuges, qui éloignent le regard et le ramènent à un centre toujours fuyant.

Le voyageur se sent davantage poussé à filmer, pour essayer de capter les passages et les transitions d’une forme à l’autre. Les jardins sont les haut lieux de la transformation.

    


 

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