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Japon

Dimanche 28 janvier 2007 7 28 /01 /2007 05:20

Quand ce billet apparaîtra sur le net, je serai sur un bateau, traversant la mer de Chine pour un séjour au Japon. Après avoir longtemps rêvassé sur les destinations possibles de mes vacances, l’évidence du Japon s’est imposée. A l’heure où j’écris ces lignes, alors que je suis en pleine préparation du voyage, je ne peux pas imaginer une meilleure destination. Le Japon, c’est exactement ce dont j’ai besoin pour mieux comprendre l’Asie et la Chine même. Les temples et les jardins, leurs dettes et leurs distances à l’égard de la culture chinoise, les villes modernes, fascinantes et supposément incompréhensibles, j’attends tout cela comme un exorbitant bol d’air.

Après, s’il me reste de l’argent et du temps, je descendrai, toujours par bateau, vers Taiwan, puis vers Hong Kong pour retourner à Shanghai. Ce serait une belle façon de souligner la façade maritime de la Chine, et il ne manquerait que la Corée pour réaliser un instantané du monde confucéen crypto chinois hors république populaire.

Comme toujours, je m’organise mal et peu. La seule chose dont je sois presque sûr, c’est l’heure du départ, demain à la mi journée. Je vous tiendrai au courant.   

Par Guillaume - Publié dans : Japon
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Mercredi 31 janvier 2007 3 31 /01 /2007 10:00

Le ferry Shanghai-Osaka  est un petit monde tranquille ou l'on peut vivre quelques jours sans manquer de rien. C'est mieux que l'avion, voila ce que je me disais en me deshabillant pour prendre une douche. Les sanitaires sont propres, on a envie d'y revenir souvent, pour tuer le temps.

Le tangage est relaxant, et meme endormant. On y fait des siestes, on marche au ralenti, on pense moins vite et moins, on se concentre plus sur des petits rien. Vive le bateau. Ca laisse le temps de lire, de travailler son chinois, de fumer des clopes en plissant les yeux, comme un vieux Chinois.

Comme je n'avais pas de yen japonaises, j'ai du manger les provisions que j'avais apportees. C'etait frugal. Je pouvais ecouter avec enchantement les petits groupes de Japonaises qui riaient d'un rire etudie : de tendres cascades sonores.

On se reveille avec bonheur et on s'endort le sourire aux levres. Le matin, une grande joie vous inonde a l'idee que vous n'etes pas arrive, qu'il reste encore 24 heures a ne rien foutre. Se dire, avec cette lenteur un peu debile qui vous possede, "je vais me faire un cafe", ah! quel delice.

De temps en temps, marcher sur le pont et voir les cotes japonaises vous froler. Et retourner tracer des caracteres avec cette ecriture d'enfant qui fait rire les Chinois qui passent pres de vous et regardent par dessus votre epaule.

Par Guillaume - Publié dans : Japon
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Jeudi 1 février 2007 4 01 /02 /2007 09:28

Au Japon, tout est net. Tres propre. Dans les cafes de la ville, regnent une tres grande proprete et une tres grande politesse. Ajoutees a la chaleur et a l'exiguite des lieux, le tout donne un sentiment immediat de confort.

Le voyageur, en revanche, se sent un peu sale, mal rase, de traviole, degingande et debraille. Il lui prend des envies de bains publics, de hammam, de chemises blanches immaculees.

Suis alle au bain dit de la Montagne Blanche. Je n'y ai pas senti le regard insistant des Chinois qui tiennent a regarder si l'etranger a une quequette differente de la leur. Les jeunes peres de famille apprennent l'hygiene a leur petit garcon. Les differentes piscines ont des temperatures et des remous varies. Le voyageur s'y detend en se disant : mais par quel mystere avons-nous echappe, nous, Europeens de l'ouest, a cette coutume grandiose du bain turc ? Par quel vice et quelle ideologie retorse nous l'avons abandonne, et quand ? Une amie chinoise avait traduit un bouquin d'histoire sur les bains en France, et l'auteur en parlait encore a propos du dix-huitieme siecle. Apres, j'ai oublie. Puis mon esprit a divague sur autre chose.

Par Guillaume - Publié dans : Japon
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Samedi 3 février 2007 6 03 /02 /2007 02:12

Resumons Kyoto. Ville moyenne entouree de montagnes et parsemee de temples. Vous prenez une bicyclette, vous allez au hasard, et vous tomberez sur des choses a visee religieuse dans les dix minutes. Des musees, des musees et des rues charmantes, mais aussi la ville moderne sans grand relief.

Toute chose egale par ailleurs, Kyoto est un peu comme Florence ou Rome. Si un touriste voulait tout voir, il serait sur les rotules au bout d'une semaine et aurait toujours le sentiment d'ignorer bien des tresors. Comme a Florence, il faut venir ici pour rever et pour verifier deux ou trois choses de ce que l'on a vu et lu.

Autour de Kyoto, une myriade de destinations accessibles en bus ou en train, ou l'on peut voir d'autres temples, d'anciennes capitales, des chateaux inexpugnables ou les filles vivaient dans des dortoirs qui, dit-on etaient tres vivants la nuit.

Resumons Kyoto. Y rester une semaine ou davantage, et en partir sans s'inquieter de l'impression tenace de n'avoir rien compris, de n'etre pas entre dans la ville.

Je profite de ce billet pour feter un bon anniversaire a mon frangin JB et a mon poteau Ben.

Par Guillaume - Publié dans : Japon
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Samedi 3 février 2007 6 03 /02 /2007 02:27

Les Japonais sont le peuple le plus poli du monde. Meme les Anglais ne leur arrivent pas a la cheville. Pour qui veut faire des recherches, une etude, elaborer une anthropologie de la politesse, le Japon est le pays ideal.

Les Japonais se contorsionnent et poussent des petits cris de respect qui, pour l'etranger, peuvent s'averer genants. Ils s'inclinent de nombreuses fois et recitent des formules de politesse rapidement comme s'ils ne pouvaient assez en dire.

Ils ont pousse l'obsequiosite a un point ou elle ressemble a la demence. Une femme, dans un groupe de femmes en noir que j'ai vu sortir d'un temple, s'inclinait tant et tant lorsqu'elle prenait conge de ses camarades, qu'elle ne pouvait plus adopter une attitude normale apres. Elle s'eloignait de ses commeres qui continuaient les salamalecs, avec une demarche de grue, ou de flamand rose, sur la pointe des pieds, dans la culpabilite d'avoir l'outrecuidance de partir. Elle sautillait en se retournant, comme dans l'eau froide, repetait des signes d'inclinaison au cas ou, et s'eloignait comme une enfant qui imite un oiseau.

Et ce n'est rien compare a ce cafetier qui poussait de petits cris plaintifs, contris, poussifs, pour me servir et prendre mon argent, ou pour me montrer la direction des toilettes. Ces vocalises sont difficiles a decrire si ce n'est en usant de metaphores liees a la constipation. Que ceux qui ont deja ete constipes se souviennent du son que leur voix produit quand ils s'acharnent sur les toilettes. J'aurais pu prendre d'autres images, par exemple celle du demenageur de piano, mais je prefere celle de la constipation car la politesse, comme phenomene social, a quelque chose de constipe. Bon j'arrete la. Mais il y a la quelque chose a creuser.

Par Guillaume - Publié dans : Japon
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Dimanche 4 février 2007 7 04 /02 /2007 02:48

Comment passer a cote de l'utilisation des mousses ? Les maitres jardiniers disposent les mousses et en recouvrent des surfaces au sol, de maniere tres etudiee. Je n'ai pas le souvenir que les jardins chinois mettent un tel accent sur la mousse.

Au nord de Kyoto est un tres joli temple, nomme Ginkaku Ji, ou 48 especes de mousses ont ete cultivees et reparties en 3 categories. Il y a la "Moss the interrupter", la "The illisible ginkaku ji" et la "Very Important Moss (like VIP)". Certaines mousses sont des tapis de velours vert, d'autres ressemblent a des pieuvres, leurs tentacules poussant au point qu'on en vient a se poser des questions de definition sur l'essence de la mousse. Car au fond, qui sait ce qu'est la mousse ? Si on ne vous demande rien, vous pensez que vous le savez, mais si on vous demande de definir... 48 especes, vous imaginez ?

A part ca, le temple lui-meme, fut construit par un homme tres inquietant en des temps tres incertains. Et la mousse, mes amis, la mousse n'aide pas a fuir l'idee d'inquietude et de calme froid qui prend possession de l'ame du sage precaire. 

Par Guillaume - Publié dans : Japon
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Dimanche 4 février 2007 7 04 /02 /2007 03:14

Les auberges sont les meilleurs lieux d'habitation pour le voyageur. Il y rencontre d'autres voyageurs et ca lui donne toute sorte d'idees. Beaucoup de Taiwanais, qui sont en vacances comme les autres Chinois, mais qui ont plus de liberte pour visiter les pays qu'ils veulent.

Et beaucoup d'Anglo-saxons qui font un tour du monde, ou de l'Asie, pendant un an. Ils font tous rigoureusement le meme trajet, Australie, Philippines, Japon, etc. Des Canadiens mutiques. Un londonien qui, avec un accent russe, vous parle de ses conquetes amoureuses et venales dans des pays pauvres dont il dit que c'est un paradis, et qui deteste parler politique. Il dit que ca ne mene a rien, et reve d'ouvrir un commerce sur une ile de Malaisie ou des gens travailleraient pour lui, et des filles locales s'occuperaient de lui. Il a une idee claire de ce qu'est le bonheur, mais la politique, non il desteste en parler. Il a adore Taiwan, et est reste totalement ignorant des tensions qui y existaient avec la Chine. En revanche, des prostituees de seize ans, il peut en parler car elles sont tres peu cheres, pas come au Japon, ou "pour vingt livres sterling, qu'est-ce qu'on obtient ? Un baiser sur la joue ?"

Des filles espagnoles qui etudient le japonais en Espagne et achetent plein de mangas.

Des Taiwanaises qui vous disent qu'elles vont bientot se marier, ou qu'au contraire, en vous regardant dans les yeux avec insistance, qu'elles sont seules et qu'elles se sentent seules. Des Taiwanaises pleines de vie et de joie dans le visage. Des taiwanaises qui me rappellent combien les Chinois sont des gens communicatifs et chaleureux, et marrants et agreables a vivre.

Et puis les Anglais, les irremplacables Anglais. Sans faire injure a mes amis grands bretons, quand deux ou trois Anglais deboulent, ce sont des soirees arrosees de biere, des discussions qui vont dans tous les sens, des clopes, des veilles tardives et des filles qui finissent la nuit dans le dortoir des garconsm des filles qui ronflent plus fort que les garcons.

Les auberges, vraiment, de jeunesse ou pas, il n'y a rien de tel pour le voyageur zen et rigolard.

Par Guillaume - Publié dans : Japon
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Lundi 5 février 2007 1 05 /02 /2007 01:59

Voici venu le temps de parler du jardin le plus extraordinaire, celui pour lequel on traverse des mers et gravit des montagnes. Le jardin zen de Ryo-An Ji.

C'est un jardin celebre, mais qui inspire mal les voyageurs et les ecrivains. Il inspire trop ou trop peu. Citons pour exemple un auteur que j'aime, Nicolas Bouvier dans Chronique Japonaise : "Quant au jardin (une des manifestations les plus parfaites de l'esthetique du Zen), c'est quelques rocs aux formes tourmentees choisis avec un soin jaloux par des "specialistes" voila bientot cinq cents ans et merveilleusement disposes sur un eblouissant fond de sable blanc. Cela et cela seulement."

Qui connait Bouvier reconnaitra qu'il n'etait pas inspire. Il nous habitue a mieux. Les rocs "aux formes tourmentees" ? Faux, elles ne sont pas tourmentees du tout, les formes de ces pierres, il confond avec les jardins chinois. Ici, les pierres ont des formes, des couleurs et des tailles differentes, mais elles n'ont rien de tourmente. "Merveilleusement disposes" : c'est ce qu'on dit quand on ne sait pas quoi dire, un peu comme quand on s'exclame que la Chine est fascinante. "Eblouissant fond de sable" : d'abord c'est du gravier (je sais je suis chiant mais c'est plus fort que moi, et si on confond sable et gravier, bordel, mais ou va-t-on ?), et "eblouissant" seulement s'il fait un grand soleil. Sinon c'est gris. Ou plutot c'est noir et blanc.

Bouvier oublie trois choses importantes. Le jardin est entoure d'un mur en terre assez bas, dont la matiere n'est pas indifferente et dont la couleur joue avec celles du jardin. Le gravier est ratisse en stries nettes et droites, sauf autour des massifs de pierres ou les stries fond des ondes comme autour d'un ilot. Et il y a de la mousse autour de certaines pierres, donc du vert, de la vie, de la vie rampante, donc de l'eau. Dans un lieu consacre au vide, si on oublie les details, on risque de ne rien voir du tout. Le jardin est cense condenser l'essence de la nature avec un symbolisme puissant mais dense, rendu a son extreme pauvrete. Un travail abstrait qui n'a de sens que si l'on reste longtemps a le regarder et a s'en impregner.

L'industrie du tourisme est obligee, comme toujours, d'en rajouter sur le symbolisme, de faire croire que l'on peut voir des tigres et des dragons. L'abstraction ne passe toujours pas, en fevrier de l'an 2007.

La simplicite du lieu, la nettete des lignes droites de gravier, les lignes tirees au cordeau, l'evidence et l'indifference aveugles des pierres devant soi reste une realite constamment deroutante.

La force du lieu tient au fait qu'il inspire des desirs de comprehension, il ne laisse pas l'ame en paix, il ne dit pas : "cessez de reflechir, appreciez et taisez-vous!", mais il ne promet aucune explication non plus et vous ne saurez jamais pourquoi les pierres sont la, pourquoi le gravier est strie ainsi, mais vous serez toujours appeles a en chercher la raison.

Il faut en rester a ce que cela offre materiellement a la vue. A l'oblique, de biais, des lignes d'ombre et de blancheur. Verticalement a ces lignes, on revoit une surface plane. En faisant jouer son regard, en le laissant circuler d'avant en arriere, on voit apparaitre et disparaitre ces lignes ; le noir et le blanc se distinguent et se confondent alternativement, et, l'espace de moments tres brefs, simultanement.

J'y suis reste longtemps. Jusqu'a la tombee de la nuit, pour tout dire. Cela ne vous dit rien si vous ne savez pas a quelle heure je suis arrive.

Quelques jours plus tard, Ryo-An Ji reste le plus beau souvenir de Kyoto. Il s'est impose a ma memoire plus clairement que tous les autres sites, tout aussi importants, plus celebres, plus prestigieux que lui. Il s'est impose avec la force de la clarte. Il laisse une impression de blancheur. Une impression de vide, ou de plein, je ne sais plus tres bien.

J'ai vu d'autres lieux tres simples aussi, tres depouilles, mais aucun ne s'est impose avec une telle grace, comme un visage blanc aux yeux clos.

  

Par Guillaume - Publié dans : Japon
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Lundi 5 février 2007 1 05 /02 /2007 11:13

Je suis frappe par le contraste qu'il y a entre la retenue des Japonais, dans la rue, leur maniere  de ne pas se regarder, de ne pas entrer en relation, mon incapacite a capter un regard, ce qui me ramene a l'etat de fantome, et la sexualite lascive, omnipresente, des mangas que tout le monde lit dans le metro, l'hedonisme des affiches publicitaires.

Ici meme ou je vous ecris, ce n'est pas un simple cybercafe, mais une bibliotheque de mangas, il y en a des milliers, peut-etre davantage. On se fait preter un ordinateur portable et on surfe tant qu'on veut dans une ambiance feutree, avec des boissons gratuites. On paie a la fin, un prix exorbitant. En feuilletant ces bande dessinees, j'ai realise combien les fantasmes sexuels sont a fleur de peau. Sous la reserve, juste sous la couche de politesse et de marbre qu'affiche la population la plus respectable du monde, bouillonne une violente envie de jouir comme des betes en rut.

Mais comment se rencontrer ? Un jeune Japonais tres sympa, bien sous tout rapport, m' a dit qu'il allait avec ses amis dans des "girls bars", des bars ou des filles (pas des prostituees) sont payees pour faire la conversation avec les clients. C'est bien, c'est pragmatique, ca avoue clairement que les hommes modernes ne savent plus aborder une femme, qu'ils ne savent plus comment s'y prendre, comment parler a une femme, comment la seduire en pleine lumiere. Cela avoue aussi peut-etre que les femmes modernes ne sont plus la pour cela non plus, qu'elles non plus ne savent plus se laisser aborder par des hommes, se laisser seduire et seduire. La galanterie, ne l'oublions pas, ca marche dans les deux sens.

Les quelques contacts que j'ai avec de jeunes femmes japonaises montrent qu'elles n'ont pas une minute a elles. L'une vient de m'ecrire qu'elle doit rester au bureau jusqu'a minuit car elle a une reunion a 22 heures. L'autre m'avait deja dit qu'elle aimerait me voir le 2 fevrier. Comme je n'etais pas dans sa ville le deux fevrier, elle me propose le neuf. Les autre jours, elle est vraiment trop busy. Mon Dieu, et si je manque le rendez-vous le neuf, pour cause de voyage, que se passera-t-il donc ?

Et pendant qu'ils travaillent tous jusqu'a point d'heure, l'industrie du sexe invente des objets d'un grand raffinement, les sites gentiment porno sont legions et tres propres, ou des jeunes Japonaises sont a la fois esclavagisees et honorees comme des deesses. La jeune Japonaise aux gros seins, ainsi que les images labiales de tout acabit, rendent fous soixante millions d'hommes qui n'ont ni le temps ni le savoir-faire pour faire la cour a la copine de leur femme, a leur voisine ou leur collegue.

Alors bien sur, vous etes contre les 35 heures, vous etes pour, vous vous en fichez, vous votez Sarkozy, Segolene ou Le Pen, moi je m'en balance, mais voudrions-nous, nous Europeens, par amour de la croissance economique, en arriver a ne plus pouvoir boire un verre avec des amis venus de loin, a ne plus savoir parler aux femmes, a ne plus les regarder ? Ne vaut-il pas mieux garder notre mauvaise reputation de faineants, mais essayer de rester en contact encore un peu ?

Par Guillaume - Publié dans : Japon
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Lundi 5 février 2007 1 05 /02 /2007 23:26

Mon bon filleul,

C'est aujourd'hui ton anniversaire. Ou c'etait hier, ou ce sera demain, ou dans quelques jours. je te souhaite tout le bonheur envisageable pour ta huitieme annee d'existence. Ou neuvieme annee.

Je t'ecris du Japon, un pays lointain ou il fait generalement froid l'hiver. Tu n'es pas encore a l'age ou tu peux rendre visite a ton parrain pour qu'il t'enseigne les vertus du travail et de la fraternite, mais ce jour viendra et nous irons faire du snowboarding au nord de Hokkaido. Je t'entretiendrai de quelques grands principes republicains dans le red light district de Kabuki cho, a Tokyo. Quand les neons rouges se confonderont avec tes pensees metaphysiques, tu croiras apercevoir un element important de la pensee zen, et il te faudra te mefier de cette illusion. La vie, tu l'apprendras avec joie, est pleine d'illusions et de merveilles.

En attendant, sois sage et bon avec ta mere et rends ton pere fier de toi, 

ton parrain qui pense a toi.

Par Guillaume - Publié dans : Japon
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