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Mercredi 6 septembre 2006

Vu le film de François Ozon qui raconte une histoire très à la mode. Un jeune homme va mourir dans quelques mois. Thème éminemment littéraire.

Autrefois, je posais souvent cette question aux gens. Que ferais-tu si tu mourais dans un an ? Les réponses sont plus variées qu’on ne l’imaginerait à première vue, et disent beaucoup de choses sur ceux qui répondent. La plupart des gens disent qu’ils voyageraient, mais d’autres disent qu’ils écriraient un livre, d’autres qu’ils iraient voir ceux qu’ils aiment. Des Irlandais disent qu’ils s’engageraient dans des activités humanitaires. D’autres ne savent pas, n’ont aucune idée, disent qu’ils essaieraient de guérir (alors qu’il n’était pas question de maladie dans ma question.) Certains disent qu’ils feraient un enfant. D’autres disent que quelques mois, c’est trop long, qu’ils ne voudraient avoir qu’une semaine à vivre, pour aller déclarer leur flamme à une fille qu’ils savent être à l’autre bout du monde.

En général, la réponse qu’on donne correspond à nos désirs les plus profonds et le conseil qu’on se voit donner presque à chaque fois, est : « Mais fais-le donc, qu’attends-tu ? » Ce que l’on ferait en pareil cas, c’est généralement ce qui, pour nous, fait la vraie valeur d’une vie, ce qui rendrait la vie digne d’être vécue. C’est pourquoi une des réponses qui m’a le plus étonné, et le plus ému aussi, fut celle d’une femme qui n’aurait rien changé à sa vie. Elle voulait seulement être près de son homme, ce qui était déjà le cas. L’homme en question a répondu la même chose que son amoureuse, sans connaître la réponse de celle-ci. 

Alors, que ferais-je si je devais mourir assurément dans quelques mois ? J’enverrais tout balader et j’irais à Nankin enlever Mademoiselle Fleuve. Je partirai une semaine avec elle, nous irions dans des hôtels de luxe. Je lui demanderais quelques sacrifices du point de vue de sa pudeur. Elle refuserait certainement, pour des raisons de travail, alors j’irais convaincre sa patronne. C’est une Française, elle comprendrait. « Je vous prends Mademoiselle Fleuve une petite semaine. Soyez chic, c’est pour donner un sens à ma vie. » Elle comprendrait, c’est certain.

Par Guillaume
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Mercredi 13 septembre 2006

Ah ! Le mot biennale résonne en moi comme un beau souvenir de ma jeune vie française. Je me rappellerai toujours, je finissais mon service national – eh oui, j’ai servi la nation, j’espère qu’elle s’en souviendra le moment venu – et la Biennale de Lyon recrutait des animateurs conférenciers. Ce fut un de mes premiers grands coups de bluff. Moi qui n’y connaissais rien, j’ai grillé la place à des étudiants aux beaux-arts et en histoire de l’art. Je devrais peut-être notifier cela sur mon CV : c’est une qualité indiscutable, dans un monde compétitif, de savoir prendre le job des autres, quand on est monsieur Tout le monde et qu’on sort de nulle part… Quoique. Quoique… je crains que mes employeurs ne se doutent par là du peu de compétences réelles dont je dispose pour les missions qu’ils m’assignent actuellement.

Animer des visites guidées dans des expositions d’art contemporain, c’est un des plus beaux boulots qu’il m’ait été donné de faire. Dans le cadre d’un musée, il n’y a qu’une position qui lui soit préférable, celle de conservateur en chef. Et encore, quand on est animateur, on n’a moins d’emmerdements. Il faut être tout en haut ou tout en bas de l’échelle pour avoir un contact charnel avec les œuvres d’art. Le grand chef les soupèse d’un point de vue financier et intellectuel, l’animateur d’un point de vue pédagogique et existentiel. Il essaie de les faire avaler à un public souvent réticent. C’est passionnant. Les techniques mises en place pour faire en sorte que des adolescents qui vous disent : « mais c’est pas de l’art, ça ! Mon petit frère peut faire la même chose » finissent par participer et réfléchir à ce qui se passe dans une installation, ce sont des trésors de communication, de dialogue, de persuasion.

A Shanghai, le public n’est pas réticent, loin s’en faut. Les Chinois vont au musée, appelé le « Shanghai Art Museum », sur la Place du Peuple, et ils s’amusent sans complexe. Ils se photographient devant les œuvres comme s’ils étaient devant la Tour de Pise, ils prennent des poses amusantes, bref, ils rajoutent une couche de spectacle. A mon avis, un artiste contemporain devrait prendre le public lui-même comme objet d’œuvres d’art, de photos ou de vidéo. Ce serait facile d’y plaquer un discours intellectuel sur la réception de l’art, sur la consommation, sur la mise en scène et la mise en image, sur la perte du sacré des œuvres, sur la notion de sacrilège et de jouissance.

Moi, ce que j’en dis… Je ne suis pas un artiste contemporain, alors je me tais.

Par Guillaume
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Jeudi 14 septembre 2006

Alors qu’est-ce qu’on y voit, finalement, dans cette Biennale de Shanghai ? Ou plutôt, qu’est-ce qu’on n’y voit pas ? D’abord, il est à noter qu’on n’y voit pas une seule œuvre française. Et alors ? Alors rien, je tenais simplement à le préciser. Il y a des Italiens, des Britanniques, des Suisses, des Bulgares (enfin, un Suisse et un Bulgare), un Belge, des Coréens, des Américains et des Chinois, mais aucun Français. De deux choses l’une, ou bien les Français ne font plus rien d’intéressant, ou bien ils sont trop chers, ou bien (et cela fait « de trois choses l’une »)  il y a une volonté nette de les exclure de la biennale.

Ensuite, il faut préciser qu’il n’y aucun « grand nom » de l’art contemporain, aucune star à proprement parler. Ce n’est pas pour dire, mais en Europe, on verrait nécessairement un Bruce Naumann qui traîne, un Sol Lewitt, je ne sais pas, un Mathiew Barney. Jusqu’à présent, je pensais qu’une biennale se devait de reposer sur trois piliers : les grosses pointures, les minots qui montent et les fous qui ne savent pas que ce qu’ils font est beau. En même temps, j’avoue que je ne suis pas de très près l’actualité de l’art, donc il se peut que j’aie négligé des artistes de grand renom. Reste qu’il n’y a aucune « figure historique », et que c’est peut-être une indication de la place réelle de Shanghai dans le monde de l’art d’aujourd’hui.

Enfin, le voyageur ne verra aucune performance, sauf à considérer le public shanghaïen comme l’acteur d’un gigantesque happening sociologique.  

A part tout ça, l’exposition est l’occasion d’une promenade très plaisante. On ne voit pas le temps passer, les œuvres sont de bonne qualité, tout est très pro, on rigole même un peu. Il y a un peu de tout, des peintures, des sculptures, des installations, des vidéos, des trucs interactifs. Compte tenu du prix que coûte la moindre attraction touristique en Chine, je dis que la 6ème Biennale de Shanghai vaut largement les 20 yuans du billet d’entrée. 

Par Guillaume
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Vendredi 15 septembre 2006

D’ailleurs les Chinois n’ont pas besoin d’œuvres interactives. Ils touchent à tout. Dès qu’ils voient un rayon lumineux, ils se mettent devant, ou ils font des ombres chinoises avec leurs mains. Les artistes occidentaux doivent le savoir avant d’exposer en Chine ; s’ils veulent faire des effets de lumières, ils doivent inclure le facteur « public qui s’interpose », car il n’y aura jamais assez de gardiens pour empêcher la foule d’envahir l’espace et de se prendre en photo dedans.

C’est peut-être une vieille résurgence de leur période entriste maoïste, ou une résurgence plus ancienne encore d’un amour éteint de la lumière et des ombres.

Je le dis en passant, mais savez-vous que « cinéma » se dit « ombres électriques » en chinois ?

Par Guillaume
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Dimanche 17 septembre 2006

J'ai des raisons de penser que le peuple Dong, minorite ethnique de la Province du Guangxi et du Guizhou, est un peuple doux, en paix, mais une paix qui cache une formidable violence. Je m'en vais le montrer tout de suite.

Voilà un achat qui me donne des satisfactions. Je l’ai trouvé dans le panier d’une vendeuse, dans le village de Zhaoxing. Alors qu’elle cherchait à me fourguer de jolies choses neuves, mon regard fut attiré par un objet qui ressemblait à un vieux carnet. Ma main curieuse s’en empara.

 

 

                  

 

 

 

 

Je me disais que j’allais voir une vieille écriture, des chiffres cabalistiques, une mémoire d’encre. En ouvrant le cahier, je vis des motifs colorés, des fleurs, des soleils. Les couleurs étaient passées, l’objet avait une bonne vingtaine d’année.

 

 

 

 

                   

 

 

Je me demandais si ce n’était pas un objet religieux, si les dessins n’étaient pas une dérivation de mantras bouddhistes. Des formes circulaires coexistaient et entraient en rapport d’inclusion avec des angles, des carrés, des parallélépipèdes, dont la forme du cahier lui-même.

La vieille marchande me prit des mains la chose et le manipula. Elle me le rendit avec une boîte dépliée.

 

 

                    

 

 

 

 

 

 

                    

 

 

D’un coup de main sûr, elle fit sortir d’un objet plat un objet de trois dimensions. Je crus à un tour de magie. Je m’écriai : « Putain, c’est dingue ! Regarde ça Sigismond. » Sigismond ne disait rien, il n’avait rien perdu de l’événement.

C’était une boîte de brodeuse, qu’elle appelle « Zhen Xiang He », littéralement « aiguille fil boîte ». Faite de papier épais plié et peint, cet outil était toujours en service, il contenait encore des fils, des patrons, des perles et des aiguilles.

Je n’étais pas au bout de mes surprises. Sous les quatre boîtes qui prenaient naissance sur les fleurs peintes, quatre autres boîtes étaient dissimulées, qu’on ouvrait en soulevant les fleurs.

 

 

                   

 

 

 

 

Mon âme leibnizienne eut un sursaut de joie, une euphorie philosophique. Des boîtes dans des boîtes, des boîtes emboîtées, des cavernes dans des cavernes dans des cavernes dans des cavernes.

Ma jubilation allait croissante chaque fois qu’une nouvelle série de boîte apparaissait, depuis les profondeurs de cet objet plat comme l’eau d’un lac.

 

 

                   

 

 

 

La démonstration était rapide, je n’avais pas le temps de m’habituer à une boîte qu’une nouvelle apparaissait, toujours plus grande et plus profonde.

Très vite, je me sentais plongé dans un univers féminin. Dans un objet de fantasme et de travail qui représentait puissamment la féminité d’une civilisation. Il fallait imaginer les jeunes filles en fleur, possédant leur première (et peut-être leur seule et unique) boîte, les imaginer travailler près des ponts colorés, à l’ombre de cette architecture de bois et de tranquillité, près des cours d’eau fraîche qui irriguent tous les villages Dong.

Les symboles jaillissaient et se recouvraient au même rythme que les boîtes se dépliaient. Le symbole sexuel de la boîte (selon Freud, image inconsciente du sexe féminin) était pudiquement caché par une pliure torsadée d’un papier fleur, la fleur – et le bouton de la fleur pour les Chinois, m’apprendra plus tard Lumière de l’Aube- étant universellement reliée au vagin inviolé. Les ouvertures qui se succédaient, toujours plus larges, plus béantes, faisaient explorer l’intérieur d’un corps qui savait pourtant rester superficiel, d’une profondeur presque virtuelle.

 

 

 

 

                      

 

 

Il faut imaginer les jeunes filles en fleur, apprenant le métier d’être femme en compagnie de ce petit objet précieux, fragile et indestructible. Une enfant, j’imagine, ne peut pas ne pas ressentir la douceur, l’étrangeté et la violence de ces pliures florales qui s’ouvrent et qui se ferment, dans lesquelles on range des aiguilles de toutes tailles, que l’on bourre de fils, d’étoffes, de patrons, de modèles.

Chez certaines femmes, les boîtes débordent de fils de toutes les couleurs, c’est à la fois obscène et magnifique. La boîte est si remplie de matière que le cahier ne peut plus se refermer, les fleurs sont perpétuellement exposées aux regards. Au contraire, d’autres femmes le tiennent fermé par soucis de pudeur. D’une brodeuse à l’autre, le voyageur voit se décliner différentes images de la féminité, différentes images de femmes, dignes, froides, dures, pudiques, ouvertes, chaleureuses, printanières, solaires, coquines, concupiscentes, langoureuses, riantes, ingénieuses, secrètes.

Limpides, obscures, fragiles.

Tenaces.

 

 

      

 

 

 

Par Guillaume
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Vendredi 3 novembre 2006

Le Doland Museum a inauguré, le vendredi 27 octobre, une nouvelle exposition d’un artiste suédois, Tobias Bernstrup. Rien que le nom en impose.

Moi, je n’y connais rien en art contemporain, que cela soit clair, mais là, les œuvres vidéo de concerts donnés par l’artiste, déguisé en Mad Max, et les longs travellings en forme de jeu vidéo où il n’y a aucun combat à mener, c’était à la limite de l’ennui. Non, pas à la limite, c’était ennuyeux, mais je suspendrai mon jugement sur cet artiste pour le moment. J’ai besoin de revoir les choses pour m’en faire une idée, je ne suis pas très sûr de ce que je ressens et de ce que je comprends dans le domaine de l’art.

Un film montre une énorme mante religieuse, en ombre chinoise, en train de monter sur les fameuses tours de Shanghai, dans un remake de King Kong. Le tout évoque une image convenue de la fin du monde, et de fait, la fin d’un monde cultivé brisé par les coups de massue d’une culture populaire pleine de fureur et de virtualité. L’artiste dit, d’ailleurs, qu’il s’est inspiré des idées de Baudrillard sur le simulacre et l’irréalité.

Heureusement, on a pu assister à un concert de l’artiste, déguisé en mante religieuse. Il était effrayant dans sa veste cintrée, sa cagoule de cuir noire, avec ses yeux globuleux. Une théorie d’étudiants aux beaux-arts de Shanghai, costumés eux aussi en personnages sortis de mangas futuristes, faisaient une chorégraphie décadente. La musique, électronique, était de bonne qualité, autant que je puisse juger, mais elle inspirait vraiment de la terreur.

Je craignais que la jeune amie que j’avais emmenée m’en voulût de lui avoir imposé une telle démonstration de négativité. Point du tout. Au sortir du musée, elle tenta un : « C’était intéressant, mais je ne suis pas sure d’avoir bien compris. » Puis elle rit d’un rire charmant, qui rassurerait un enfant apeuré. Elle trouva que la musique avait été bonne. 

Par Guillaume
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Dimanche 3 décembre 2006

Au moment où l’on aborde Rimbaud, quelle n’est pas la surprise du voyageur d’entendre que pour les Chinois, la voyelle A correspond à la couleur rouge ?

Pour Rimbaud, comme pour moi et pour vous, A est noir. Cela m’a toujours paru tellement évident que je n’en ai jamais parlé à personne. Pour les autres voyelles, je ne suis pas d’accord avec Rimbaud, mais les autres voyelles ne sont pas aussi franches que le A, de toutes façons. Les opinions chinoises aussi sont très variées, c’est tout juste si une ou deux couleurs ressortent majoritairement de chacune d’elles.

(Pour ne prendre qu’un exemple, pour moi, E ne peut être que bleu clair ou transparent, comme l’eau ou une vitre. C’est bien une lettre que l’on voit mais qu’on ne prononce pas souvent, c’est un peu comme si on voyait à travers elle. Le E, c’est un peu l’eau courante de la langue française, qui lui donne sa fluidité et sa labialité.)

C’est quand même un peu fort ! Comment les Chinois en arrivent à cette équation : A = rouge ? Une étudiante m’a dit : « Notre drapeau est rouge, donc le rouge est une couleur importante pour nous. Et comme le A est la première lettre de l’alphabet, il est logique qu’on les assemble.

- Mais, dis-je, vous n’avez pas d’alphabet !

- Si, celui du pinyin.

- Ah! Oui, c'est vrai."

Bien. Le drapeau mis à part, c’est vrai que le rouge est la couleur festive, fastueuse. Mais le A n’a rien de festif, ni de fastueux. En outre, pourquoi les Chinois voient-ils leur couleur préférée dans la première voyelle, alors que nous n’y voyons pas la nôtre ?

 

Voilà un mystère qui me paraît, à première vue, insondable.

 

 

 

 

Par Guillaume
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Samedi 16 décembre 2006

Retourné au centre d’art de Moganshan lu. Après plusieurs visites, le voyageur n’en a pas forcément fait le tour. Surtout pas moi qui ai l’habitude de ne passer qu’un temps assez rapide dans les musées. Sur ce point, je suis très anglais, j’apprécie vraiment les musées gratuits de Londres et de Dublin, où l’on va pour se promener, comme une extension d’un jardin ou d’un parc. Les musées chers, comme le Louvre, nécessitent un tel investissement financier, nerveux, physique, que l’amour de l’art passe parfois un peu au second plan.   

Dans la galerie ShangArt, des peintures font bon ménage avec un merdier ambiant où je me sens très à l’aise. Ne dirait-on pas que ces trucs posés dans un coin sont une installation, ou une proposition de sculpture postmoderne ?

 

Puis il suffit de se retourner pour voir ce tableau qui s’amuse avec Courbet. Je lui laisse la parole. En français dans le texte. L'artiste s'appelle Zhou Tie Hai, vous le connaissez certainement, c'est lui qui peignait des chameaux, ou des dromadaires, dans toutes les situations, autrefois.

 

Par Guillaume
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Dimanche 17 décembre 2006

Les entrepôts de Moganshan lu.

A la galerie HSpace, lexposition "A lot of dust", beaucoup de poussière.

Les artistes chinois, vous leur laissez le matos, des lieux et du temps, et ils photographient les fous, comme les artistes du monde entier.

Ils s'amusent avec le porno et les images malsaines, qu'ils mélangent aux productions d'images commerciales, enfantines, patriotiques (pas trop), et mythologiques.

Ils diversifient les lignes d'exposition. Ils revisitent les paysages urbains.

Ils déconstruisent et reconstruisent les espaces de vie.

Vous leur donnez une technique, et ils l'utilisent. Ca sert à ça, la technique.

Par Guillaume
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Mercredi 3 janvier 2007

Les voyages sont souvent placés sous le signe de l'art visuel. On prend des photos, on dessine, on prend en photo les gens qui dessinent, on visite des musées. Claire a dessiné le Lac des nuages pourpre, à Nankin. Dans mon calepin, pour m'en faire cadeau.

Plus tard, on est allé au centre d'art de Moganshan lu, où un artiste nous a invité à boire le thé. L'artiste donnait un cours de dessin à une petite fille. Un jeune homme prenait des photos autour de nous. Une jeune femme traînait là. Tout ça faisait communauté d'artistes, c'était agréable, on s'engourdissait.

L'artiste, Zhang Zongmei, nous a montré un tas de photos de ses voyages en Sibérie, ses carnets de dessins, ses calligraphies, ses travaux en tous genres. Dont une belle calligraphie écrite sur papier toilette.

Pendant que nous mangions des cacahouètes, le maître a fait le portrait de Dominique et l'élève continuait de nous prendre pour modèle. Son portrait de moi est très réussi.

Elle est parvenu à me rendre plus laid que je ne le suis en vrai, ce qui n'est pas une mince affaire. J'ai un nez moins grand, un menton moins rentré, un regard moins noir (mais pas moins méchant), j'ai l'air moins vieux et moins vicieux, mais c'est un portrait réussi. Après tout, est-ce que la Joconde ressemblait vraiment à Mona Lisa ?

Au MOCA de la Place du Peuple, Dominique a continué les portraits de sa belle. Les travaux artistiques n'ont pas arrêté, ils sont intrinsèques au voyage.

Par Guillaume
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