Jeudi 17 juillet 2008

Comment passer du bois à la fleur ? Cette question qui vient du plus antique émerveillement de notre enfance, est une des tâche de la poésie. Considérons une seconde ce vers de Wang Wei :

木末芙愹花 

La prononciation importe peu : Mu mo fu yong hua, et le sens est banal : La fleur éclôt au bout de l’arbre, ou quelque chose comme ça (Ebolavir pourra établir une traduction à la fois plus belle et plus correcte.)

L’intérêt du vers réside en fait dans la succession des caractères.

Il s’agit de passer de l’arbre (début du vers) à la fleur (fin du vers).

Les deux premiers sinogrammes sont construits sur le caractère de l’arbre : auquel est ajouté un trait. Le signe de l’arbre est donc en transformation, il grandit, il accumule de nouveaux éléments. Le troisième caractère voit disparaître l’arbre, mais donne l’impression de faire évoluer le deuxième caractère. Apparaît alors la clé de l’herbe : , si bien qu’est accentuée la transformation de la végétation, du bois vers la fleur.

Les deux derniers sinogrammes comportent celui de l’homme : , ce qui, d’après la collègue qui m’en a parlé, peut vouloir dire que le poète, ou tout au moins une figure humaine, est déjà incluse dans le paysage, dans la nature, mais dans un état latent, ou spirituel. L’homme est d’ailleurs déjà introduit dans le troisième caractère, avec l’élément qui, laissé seul (sans la clé de l'herbe qui le couronne) signifie « mari », ou « monsieur ». La présence de l’herbe, puis celle de l’homme, prépare l’éclosion du dernier caractère, qui en est constitué, et qui se prononce dans une ouverture de la bouche, après quatre sons plutôt étouffés.

C'est une des raisons pour lesquelles on dit la poésie chinoise classique intraduisible. N'empêche, les Chinois eux-mêmes n'ont pas conscience de ces ramifications sémantiques dans la succession des caractères. Pas plus que les Français dans leur ensemble ne savent lire un poème avec la musique qu'il contient, et ne savent déceler dans la rythmique des mots toute la richesse du sens que le poète a su introduire.

par Guillaume publié dans : mots
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Mardi 15 juillet 2008


En écrivant sur de la pierre, les Chinois pouvaient diffuser des textes canoniques, classiques ou politiques, par milliers d'exemplaires, vers tous les coins de l'empire. Il suffisait d'inventer le papier et de l'estamper. Une seule pierre pouvaient contenir des milliers de caractères. On lui appliquait une grande feuille de papier, puis on la pliait et cela constituait un trésor de savoir qui ne nécessitait pas le travail de copiste des milliers de moines qui, chez nous, reproduisait les grands textes au Moyen-Âge.
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Samedi 26 janvier 2008
Né en 1894, Roger Poidatz a combattu dans l’armée de l’air lors de la première guerre mondiale. Déjà, ça en impose, je trouve. Les vieux avions, tout ça, les risques qu’il fallait prendre, rien que pour ne pas s’écraser au moindre soubresaut du moteur.

Après la guerre, il va travailler au Japon en tant qu’ingénieur, il s’occupe de photos aériennes. Voilà qui en impose encore un peu plus. Moi je donnerais volontiers un mois de salaire pour avoir quelques unes de ces photos.

Il écrit un bouquin qui se passe au Japon, Une bonne partie de campagne (1924), une histoire qui a l’air d’être intéressante : un étranger poursuit une Japonaise et cherche à l’inviter à visiter une île, tandis qu’un Japonais poursuit ledit étranger pour l’accompagner sur ladite île. Une course poursuite où la politesse le dispute au désir et aux préjugés raciaux.

Il prend pour pseudonyme Thomas Raucat, inspiré par l’expression japonaise « Tomarô Ka », qui signifie : « Ne m’arrêterai-je point ici ? »

Dans son nom même, il médite sur son appartenance territoriale. Va-t-il rester et s’établir au Japon ? Son roman rencontre un joli succès et sera réédité jusqu’au 21ème siècle, en poche et chez L’imaginaire/Gallimard. Il se promène en Asie et écrit un récit de voyage, De Shanghai à Canton, publié en 1927 chez Emile-Paul. L’année suivante, il ajoute quelques textes et publie le tout chez Gallimard, sous le titre Loin des Blondes. Il s’y montre, on l’a vu, pédophile, mais aussi colonialiste drolatique. Une nouvelle commence ainsi :

« Le Mé-Kong est un de nos grands fleuves français, avec la Loire et l’Oubanghi. »

Le lecteur se demande tout de même s’il ne rigole pas, ce mystérieux ingénieur, quand il parle d’Angkor comme de l’architecture française, « aussi français que Versailles. »

Il continue : « Le peuple khmère qui le bâtit descend évidemment des Athéniens, comme nous aussi. Et Angkor est français car son sol est français. On aura beau dire que la cité d’Angkor était construite avant notre venue. Est-ce qu’il n’y a pas dans notre pays d’autres merveilles qui existèrent avant que les Français ne fussent nés : le Puy de Dôme, par exemple. » Moi, je trouve cela hilarant.

Sur un bateau, il s’engueule avec un couple d’Européens qui comparent Angkor avec Bourouboudour, un temple de Java. Thomas Raucat, ça l’horripile d’entendre ces gros blonds qui se permettent de critiquer l’architecture française. Il se laisse alors aller à un sentiment de racisme moqueur que je cite ici parce que je trouve ce paragraphe drôle :

  « Tandis que Bourouboudour, quoi qu’on dise, est un monument germanique, puisqu’il se trouve à Java. Maintenant je discernais la vraie nationalité de ces deux étrangers. J’aurais parié qu’ils étaient nés à Leipzig. Et sans doute à Bourouboudour, dans une nuit de sabbat, assis sur les marches de pierre, en compagnie de walkyries, avaient-ils dû engloutir d’énormes chopes de bière, le dragon Faffner sur les genoux. »

Il finira par se fâcher définitivement avec ses compagnons de voyage, à cause d’opinions divergentes concernant les panthères. A savoir, montent-elles, oui ou non, aux arbres ? Il y a des gens qui écrivent vraiment sur n’importe quoi !

Thomas Raucat ne publiera plus rien. Personne ne sait s’il est mort. S’il est vivant, il aura cette année 114 ans. Bon anniversaire, Monsieur Poidatz.

 

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Mardi 8 janvier 2008
La deuxième tentative fut la bonne. Nous avons rencontré une dame qui a demandé au fonctionnaire sourcilleux, celui qui nous avait refoulés la première fois, de bien vouloir nous ouvrir les portes de la réserve des livres anciens de l'université Fudan.
Si on en croit le fonctionnaire sourcilleux, 3000 ouvrages sont entreposés là, au 8ème étage de la bibliothèque universitaire. 
On nous a laissé une grosse poignée de minutes dans les lieux. A peine le temps de prendre quelques photos pour tenter d'attirer l'attention de ceux qui pourraient nous aider à faire bouger les choses. Consulat de France à Shanghai, universités, centres d'archives et de recherche, particuliers, sait-on jamais qui saura être déterminant dans la mise en valeur de cette présence française en plein coeur de la plus célèbre université de la Chine du sud. 
Quelques exemples :
La première édition de la Mission archéologique de Victor Ségalen.

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Un récit de voyage à Canton, publié "l'an VII de la République française", à l'époque où l'on disait encore "à la Chine".

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Et puis un livre dont j'adore le titre, promesse d'aventures et de poésie.

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Il n'y a pas de livres plus anciens que le XVIIème siècle (une édition augmentée par l'auteur de La recherche de la vérité  de Malebranche est des seuls que j'aie vu du grand siècle), mais il y a de quoi intéresser des chercheurs et des amoureux du livre.
par Guillaume publié dans : mots
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Mardi 1 janvier 2008
Sollers utilise la Chine comme une catégorie mentale, un rapport au temps et à l’espace. Chez lui, la Chine est un écart avec nous, c’est le recul nécessaire pour penser l’histoire de l’Europe. Le fameux « détour » de François Jullien. C’est une Chine de non-sinologue.

Quand il se décrit comme un « écrivain européen d’origine française », Sollers ajoute : « Exactement ce que dira de moi un dictionnaire chinois. » Un vrai roman, Mémoires, p.261. Outre le narcissisme délirant (car il sait bien que jamais les Chinois ne s’intéresseront à lui, ni aux courants littéraires et théoriques auxquels il a pris part), la vision est assez juste d’une Chine qui sera le prochain maître de l’écriture de l’histoire. Vue de Chine, les Français n’existent pas au même titre que les « vrais » peuples. La France n’est qu’un moment de l’histoire, une induration, qui est née et qui mourra. L’Europe, par exemple, existait avant la France, et elle existera après. Un Chinois du siècle prochain étudiera la culture française comme, aujourd’hui, on le fait de l’Empire austro-hongrois, ou même de l’Europe centrale.

Quand il parle des Chinois, Sollers ne parle pas de gens réels, mais d’un type d’humanité dont nous devrions nous inspirer, et moi qui traverse une longue phase de sentimentalité, d’admiration et presque d’adoration pour la Chine et les Chinois, ça me plaît assez.

par Guillaume publié dans : mots
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Lundi 31 décembre 2007
D’abord il y a son ignorance. Dans ses mémoires, Un vrai roman (Plon, 2007), il est souvent question de la Chine. Il s'en fait passer pour un grand connaisseur, mais c’est son inculture qui saute aux yeux.

Inculture géographique, en premier lieu. Il situe les grottes de Longmen « près de Nankin »… C’est comme dire que celles de Lascaux sont près de Lyon.

Inculture littéraire aussi. Les seuls auteurs qu’il cite sont Sun Zi et Zhuang Zi. Lao Zi de loin. Bo Juyi une fois. Les absences de Cao Xueqin, et surtout de Li Bai, sont incroyables. Un amoureux de Mozart ne peut laisser passer Li Bai, c’est rigoureusement impossible. Plus globalement, pas un mot des narrations et des fictions, comme si les Chinois n’avaient passé leur temps qu’à déclamer des formules obscures dans un style dépouillé. Rien sur la sagesse sexuelle des anciens Chinois, rien sur Li Yu (dont Leyris – que Sollers ignore aussi – avait traduit le célèbre roman pornographique par un très beau : Ton corps est un tapis de prière), rien sur Jin Ping Mei. Pour un érotomane comme Sollers, c’est le signe implacable qu’il est très loin de la Chine, qu’il n’en parle jamais avec ses amis, qu’il n’a pas de commentateurs qui, sur son blog, relance son intérêt et lui font découvrir des choses.

En peinture et calligraphie, il ne parle que de Shi Tao. Soit. Mais ne rien dire de Ba Da Shan Ren, c’est bizarre. Je le répète, c’est impossible. Pour ne pas rester obsédé toute sa vie par la vie et l’œuvre de Ba Da Shan Ren, il faut n’avoir aucune proximité, aucune habitude de la Chine.

Et puis il y a son rapport avec la langue chinoise. Il dit, p.107, avoir « fait deux ans de chinois ». Il l’écrit à nouveau p.173. Qu’est-ce que ça veut dire, deux ans de chinois ? Ca veut dire qu’on n’en a jamais fait, voilà tout. C’est comme les gens qui disent qu’ils ont lu tel livre quand ils avaient 17 ans : ça explique pourquoi ils ont tout oublié, mais ça interdit aux autres toute forme de mépris. D’ailleurs Sollers ajoute, p.107 : « (trop tard, et pas suffisant, il faut commencer à 8 ou 9 ans) ». A la page 173, ça change : « (trop peu, il faut commencer à 9 ans) ». C’est faux, je le dis tout de suite. Je connais des gens qui ont commencé après l’âge de 25 ans et qui ont un très bon niveau. Il dit avoir traduit les poèmes de Mao, ce qui est possible avec des gens qui expliquent chaque caractère et le sens général, et en écoutant la musique du poème plusieurs fois, car dans ce cas ce qui compte c’est l’usage du français, pas la connaissance du chinois. Il dit avoir eu en tête une nouvelle traduction de Zhuang Zi et Lao Zi, ce qui est quasiment une preuve qu’il ne connaît que très partiellement la culture chinoise. C’est le genre d’idées qu’on a dans la fièvre des débuts, quand on n’a pas idée de la complexité des choses.

Alors, il sort des preuves, et leur naïveté d’enfant est touchante. Il dit que Jean Lévi lui offre sa traduction de Zhuang Zi, dont il cite la dédicace : « Avec estime et amitié ». Vous voyez ? Même Jean Lévi m’estime et m’aime, si c’est pas une preuve que je suis aussi un spécialiste de la Chine ! Il dit que Simon Leys est aujourd’hui très gentil avec lui, loin des combats des années 70. Il oublie simplement, il occulte, que c’est Simon Leys qui s’est fait insulté à l’époque, pas lui.

par Guillaume publié dans : mots
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Vendredi 28 décembre 2007
Il y a, paraît-il, dans les étages d’une bibliothèque de l’université, un véritable trésor de livres français.

Les pères jésuites, qui ont fondé l’université « Aurore », au début du 20ème siècle, possédaient de belles ressources. On peut imaginer des milliers d’ouvrages du 19ème, entassés, sous la poussière, dans une pièce fermée. Il paraît que la pièce est grande, plus grande que l'actuelle bibliothèque de l'institut des langues étrangères, toutes langues confondues.

Dans notre département, seul un professeur émérite a visité ce fonds ancien, qu’on appelle parfois le « trésor ». C’était il y a quinze ans. Depuis, il est possible que personne n'y ait mis les pieds.
Ce trésor nourrit mes rêves, cela fait un an que j'imagine m'y promener, comme dans une cité fabuleuse et endormie, un Angkor Vat de papier et de cuir.
 
Le voyageur, qui n'a pas de bibliothèque à lui, qui disperse ses propres livres chez les uns et chez les autres, qui, à chaque déménagement, fait porte ouverte pour laisser ses amis se servir dans tous ceux qu'il ne peut pas conserver, le voyageur fantasme sur la présence mystérieuse, presque mystique, d'un fond intouchable de reliques culturelles.

On peut imaginer des documents d’archive étonnants, des gazettes de l’époque, des récits de voyage oubliés, publiés à Shanghai à l’époque des concessions étrangères, des voyages dans la Chine des Qing.

Je rêve de voir des livres de géographie aux cartes médiévales. 
Je rêve de trouver des témoignages sur le Shanghai du 19ème siècle.

Je rêve de tomber sur de grands Traités des jardins, avec des eaux-fortes sur des pages gigantesques.
On peut imaginer bien des choses encore. N'est-ce pas la spécialité du voyageur, que d'imaginer sans trève ?

 

On peut imaginer, mais sans aller beaucoup plus loin, car il est très difficile d’accéder à la salle du trésor.

L’autre jour, j’y suis allé avec deux membres éminents de l’institut des langues étrangères, nous avions une lettre d’autorisation dûment signée par un directeur de quelque chose, et nous avons reçu une fin de non recevoir. Un fonctionnaire, que nous avons cherché d’étages en étages, a fini par nous dire que non, c’était impossible en l’état. Il fallait encore l’autorisation d’un autre chef, qui était absent ce jour-là.

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Mercredi 5 décembre 2007
Neige et moi allons fabriquer un petit livre. Elle écrit, j’édite. A elle le génie, à moi l’industrie. A elle l’invention, à moi la vision. Que pourrais-je dire encore ? A elle l’écriture, à moi les ratures.

Ce que j’aime tant, dans cet événement que constitue « Neige écrivant », c’est qu’elle déteste l’écriture. Elle n’aime pas les mots, elle les trouve froids, trop grands, sans vie. Elle les voit comme des coquilles vides qui ne peuvent apporter aucun réconfort.

Le bonheur, pour elle, vient des corps, de la chaleur, des battements du cœur, du sang qui coule, des larmes qui roulent, de l’odeur d’un être aimé.

Quand elle écrit, ce n’est pas pour le plaisir. En dépit des apparences, elle n’est pas comme ces adolescents qui s’épanchent dans un journal. Elle n’écrit pas pour s’épancher. Elle écrit contre les mots, contre l’écriture si froide, contre la littérature si cruelle avec les sentiments et les instincts.

Elle dit détester les écrivains, elle a horreur des exercices de composition. Quand nous travaillons sur son manuscrit, parfois, mon insensibilité lui fait venir des larmes. Je parle littérature, construction, style, elle pense sincérité, sentiment, amour.

Elle écrit pour influencer les corps, pour influer sur les esprits animaux de telle ou telle personne. Dans ses phrases, c’est un contact avec quelqu’un qu’elle noue ou dénoue.

Ce n’est pas elle qui dit tout cela. C’est le lecteur qui parle. Le lecteur est touché par quelque chose de physique, de fluide, de viscéral qui emplit les coquilles vides que sont les mots.

C’est très excitant de faire naître un livre. Surtout avec quelqu’un comme Neige qui est toujours sur le point de tout laisser tomber. Elle a déjà écrasé un blog, elle menace souvent d’arrêter l’actuel, et peut à tout moment faire machine arrière pour le livre.

 

par Guillaume publié dans : mots
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Jeudi 20 septembre 2007

Tenez, voyez ce que je lis dans Mao II, de Don Delillo :

« -Quand je pense à la Chine, qu’est-ce que je vois ?

- Des gens, dit Karen.

- Des foules, corrigea Scott. Des gens qui cheminent laborieusement dans de larges rues, pédalant sur des vélos ou poussant des charrettes, foule après foule dans le zoom, paraissant encore plus rapprochés qu’ils ne le sont, l’embouteillage total, et j’imagine comme ils se fondent dans l’avenir, comme l’avenir fait place au non-conquérant, au non-agresseur, au chemineur laborieux, au désindividualisé. Totalement calme dans le zoom, foule après foule, pédalant, marchant, sans visages, survivant à peu près bien. »

 

Je ne suis pas si sûr de la pertinence de l’association Chine / foules. Un professeur de géographie disait : « La Chine, c’est beaucoup d’histoire, beaucoup d’espace et beaucoup de gens. » C’est vrai qu’au-delà d’une certaine limite, la masse change de qualité et devient énergie. On dit par là que la Chine est une affaire de quantité avant tout, et il me semble que cela vient d’une paresse d’observation.

Ils sont nombreux, c’est indéniable, mais sont-ils si « désindividualisés » que cela ? Je ne sais pas, je ne crois pas. J’aime me poser dans un coin et regarder les gens passer. Je ne vois que des individus. Et si je regarde la foule, alors elle n’est pas différente de celles de Paris et comporte les mêmes mystères.

Je recommande de regarder les Chinois, avec soin et longuement. Je ne m’en lasse pas, et certains visages me hantent quand je suis seul.

 

 

par Guillaume publié dans : mots
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Mardi 4 septembre 2007

 

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