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6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 10:23

Les Chinois sont en train d'apprendre à apprécier le vin. C'est une des missions que prend au sérieux la classe privilégiée de la société. Ils suivent des petits stages d'œnologie, où de charmantes hôtesses leur apprend à renifler, à déguster, à reconnaître les arômes.

 

Neige, qui était une brillante étudiante en français, a décidé de quitter l'enseignement et la recherche universitaire pour travailler dans le vin. Son employeuse possède une entreprise d'importation et de vente de vins occidentaux. Comme sa clientèle est la population aisée de Nankin, elle a développé un secteur "stage et formation", où les potentiels clients viennent apprendre l'art de la dégustation.

 

Neige m'a invité à assister à une séance de dégustation à l'aveugle avec son groupe d'"élèves". Ce n'était pas une séance de formation à proprement parler, mais plutôt une soirée de divertissement, une activité de club, pour entretenir la flamme parmi les membres de la congrégation.

 

Chacun devait apporter une bouteille de vin français et la recouvrir de papier aluminium. Ensuite nous devions goûter les vins et deviner ce que c'était. Mais le plus important était d'apprécier les arômes, le corps et l'équilibre. Après quoi, un tour de table était effectué pour évaluer le prix de la bouteille sur le marché chinois.

 

Car c'est le prix qui se révèle être le gros mystère de ce marché en expansion. Comme les Chinois n'y connaissent rien, et que boire du vin français est un signe extérieur de richesse, il arrive que des nouveaux riches friment en mettant en scène le prix des bouteilles plutôt que leur qualité. Des marchands en profitent et vendent à prix d'or des vins médiocres. Ou remplissent des bouteilles aux étiquettes prestigieuses avec du mauvais vin.

 

Le vin en Chine est donc un sujet passionnant, où tout est très mouvant : il faut apprendre à apprécier des goûts nouveaux, tout en sachant maîtrises des fluctuations de prix infernales et parfois irrationnelles.

 

Les entreprises d'importation de vin fleurissent, donc, et semblent avoir la vie assez dure. C'est un monde où les gens se méfient, et quand on n'a pas les reins assez solides, on dépose le bilan après quelques années. J'ai rencontré plusieurs entrepreneurs qui avouaient de pas encore être bénéficiaires.

 

Neige, elle, est heureuse dans son nouveau métier. D'abord elle s'est découvert une passion pour le vin et un talent pour la dégustation. Et puis elle rencontre des gens intéressants, des gens sympathiques, des gens qui, pour certains, ont fait fortune dans l'industrie, et aspirent à une culture plus raffinée. Avec son élégance naturelle, son sourire distingué, son élocution de lettrée, sa qualité de francophone, Neige leur apporte sur un plateau cette promesse de culture élitiste.

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Published by Guillaume - dans saveurs
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commentaires

Toya 09/09/2014 16:21


Merci Guillaume pour cet article et pour les nouvelles de Neige !