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23 juillet 2007 1 23 /07 /juillet /2007 16:24

La vie est si chère en France que je procède à des opérations que j'avais abandonnées depuis l'époque où j'étais étudiant : je compte mon argent. J'économise, je fais gaffe, je me limite, je pense à l'argent. Je fais des calculs sur des feuilles, divisant la somme dont je dispose par le nombre de jours qui me restent sur le territoire européen. Je retranche les dépenses incompressibles, train, avion, rendez-vous business avec des copains et autres connaissances, et je sais ce que je peux dépenser, en moyenne, chaque jour, jusqu'à mon retour à Shanghai. Bon, c'est jouable, mais je ne pourrai pas être aussi généreux que je voudrais l'être. Et je ferai en sorte de ne plus trop traîner dans des librairies.

Sauf que j'ai vu le premier tome de Pérégrinations vers l'ouest disponible à l'achat sans le deuxième tome. Cela économiserait 50 euros et me permettrait d'acheter le deuxième tome l'année prochaine. Oui mais 50 euros pour un bouquin, franchement, par les temps qui courent... En effet, Pérégrinations vers l'ouest, comme Le rêve dans le pavillon rouge, n'est publié en France que dans l'édition de la Pléiade.

C'est en me promenant à Lyon que j'en suis venu à me demander s'il était raisonnable de quitter la Chine, l'année prochaine. Ce n'est pas un pays qu'on quitte, comme ça, sur un coup de tête. Et je suis moins sûr de trouver, en Europe, une vie quotidienne aussi excitante que celle que j'ai en Chine. 

Je commence alors à rêvasser sur des projets qui me fassent rester en Chine, ou en Asie. La dernière rêverie en date : aller travailler dans une province éloignée de Shanghai, dans un endroit plus pauvre, et même plus rural. Connaître de plus près les conditions de vie plus rudimentaires du centre ou de l'ouest, ou du sud, après avoir connu les fastes de Shanghai, où l'argent coule à flots, où les étudiants ne vous écoutent parfois que d'une oreille tant ils sont sous le charme des chants de sirène de l'Entreprise, du Marché, des Stages et des Perspectives mirifiques de carrière.

Retourner dans des lieux où les jeunes ne sont dragués par personne. Les jeunes Shanghaiens, on leur propose tellement de choses qu'ils sont blasés. Il faut peut-être les laisser tranquille et solliciter d'autres Chinois. Revoir les Dong, pourquoi pas ? Ou les gens du Xinjiang.

Compter son argent et faire gaffe là où les gens font gaffe.   

 

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Published by Guillaume - dans Voyages
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commentaires

François 25/07/2007 16:18

Ah ce grégoire , toujours le mot pour rire...La vraie question est de savoir si cette idée de sage précaire peut s'"acclimater" partout et a donc une portée universelle valable pour tous les modestes citoyens de cette planéte "mondialisée" que nous sommes. Je ne l'ai pas lu encore , mais je suis sur que c'est quelque qui se rapproche de cette idée , en tout cas se serait bien. D'Albi , François.

gregoire 25/07/2007 09:32

Quand les gens, sous couvert de conseils eclaires, juge negativement de ta capacite a t'adapter, c'est peut etre simplement qu'ils ne souhaitent pas te voir partir ...
Sinon tu as raison, Dieu nous garde de toujours suivre au pieds de la lettre les pensees d'un sage precaire: sans cela le tourisme de masse chinois et l'urbanisme parisien en prendrait un sacre coup :)
Tu as deja fais un billet la dessus ?

Guillaume 24/07/2007 10:06

Merci Damien pour le soutien moral.
Grégoire, tu as déjà cru que je ne m'acclimaterais pas à Shanghai, alors que c'est une ville que j'aime et où je me sens bien. D'autres n'ont pas cru que je suporterais l'Asie quand j'étais en Europe. D'autres encore, que je serais incapable de vivre dans un autre pays européen quand j'étais en France... Je suggère que l'on ne prenne pas mes projets et mes paroles au sérieux, car en effet il m'en vient toutes les semaines de nouveaux, mais que l'on cesse de me croire inapte à l'adaptation géographique. Cette dernière, au contraire, est chez moi un point fort. 

gregoire 24/07/2007 08:54

ca va passer, c'est le mal du pays :)
 

En tout cas ca m'etonnerait de te voir passer un an chez les dongs: ton inspiration viendrait probablement a se tarir et tu ne tarderais pas a repartir ....
 

damien 24/07/2007 06:17

J'aurais sincèrement aimé aimer Shanghai...Las, la ville et les shanghaiens toujours très surs d'eux que j'ai croisé (faut-il refuser de sourire avec sympathie quand on a réussi ?) ne m'ont jamais trop donné envie de m'y installer. Je vous soutiens moralement dans votre envie d'aller voir ailleurs !