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7 juillet 2007 6 07 /07 /juillet /2007 12:36

En cette fin d'année universitaire, je me régale à lire les copies de mes chers étudiants. Il ne vous a pas échappé que sous ma sévérité, sous la dureté apparente de ma carapace républicaine, j'éprouve pour mes étudiants un mélange d'affection et d'admiration. Ils trouvent toujours le moyen de m'impressionner, de me faire rire, de me surprendre. Ils savent aussi me faire plaisir, je l'ai dit l'année dernière à propos des étudiants de Nankin, mais je pourrais le répéter à Shanghai.

Percevoir, à travers la lecture de leurs travaux, que de jeunes gens ont non seulement bien compris ce qu'il leur a ete enseigné, mais qu'en plus de cela ils font des efforts pour aller plus loin dans l'analyse, dans la recherche, dans l'expression, dans la réflexion, que ce qui leur était demandé de faire, c'est un motif de joie et même d'émotion, pour un professeur.

Et en Chine, le prof précaire est gâté en ce type d'émotion.

Après avoir lu de superbes mémoires sur Madame Bovary écrits par les étudiants de troisième année, des mémoires dignes d'étudiants français à mon avis, je suis en train de corriger des travaux de fin de deuxième année, concernant des peintures baroques. La concentration, l'attention, le sérieux et la joie qu'ils mettent à analyser une toile étrangère, vieille de quatre cents ans, me ravissent. Quand je lis leurs travaux, je me fous des fautes de syntaxe et de sémantique, j'ai l'impression d'être avec eux, de les voir réfléchir. Je vois leur visage et leurs gestes. J'ai envie de les remercier et de les embrasser.

Devoir mettre une note à cela me fait toujours aussi mal, mais je le fais, contraint par un système que je respecte, au bout du compte, du moment qu'il n'empêche pas mes étudiants, ces jeunes adultes, de travailler et d'éclore à des pensées nouvelles.

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Published by Guillaume - dans Profs-Etudiants
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Guillaume 08/07/2007 15:10

Ne vous laissez pas envahir par la colère ou l'ennui, Juliette; quoique la colère ait du bon, de temps en temps. Ma joie vient aussi de l'impression que j'ai d'être privilégié d'avoir accès à des compositions de dizaines de jeunes Chinois. Pour rencontrer un pays ou une culture, c'est quand même une chance assez exceptionnelle. Mais j'ai déjà dit tout cela.

Juliette 08/07/2007 08:51

Il semble que le commentateur au-dessus ait quelque chose à dire à quelqu'un, mais quoi et à qui ? Peut-être s'est-il trompé d'article, ou de blog, ou de langue, ou d'interlocuteur...
Tu as bien de la chance, Guillaume, d'avoir de l'émotion en corrigeant des copies. Pour moi, qui ne suis pas en Chine, mais dans le Far East de la France, c'est devenu une tristesse quand ce n'est pas de la colère ou de l'ennui. On est payé pour cela alors on le fait, mais de plus en plus, la frustration augmente de faire quelque chose que ni les élèves, ni les parents d'élèves, ni les enseignants, ni les entreprises ne veulent qu'on fasse. Enfin, peut-être que ce n'est pas pareil dans le Far West de la France.

Nicolas 07/07/2007 23:31

La censure, le puritanisme et le dogmatisme français portent un nom : le poliquement correct. Sous le cache-sexe de la liberté d'expression, le politiquement correct français encourage la grossièreté, la pensée pornographique et la tare de l'ignorance. Il vise à éviter de heurter les sensiblités de divers communautés organisées en groupe de pression. Et pour vous prouver ce que je viens d'écrire, voici quelques exemples de censure dans la littérature :- Rabelais a écrit : "Ha ! Babedec, ma migonne, m'amie, mon petit con (toutefois elle en avait bien trois arpents et deux sexterées), ma tendrette, ma braguette, ma savate, ma pantoufle, jamais je ne te verrai…" Dans la plupart des manuels, le texte original est gentiment modifié. Par exemple dans le Bordas, on lit ceci : "Ha ! Babedec, ma migonne, m'amie, (...) ma tendrette, ma braguette, ma savate, ma pantoufle, jamais je ne te verrai…"Admirez ces points entre parenthèse !!!- Dans la vie de tous les jours, les politiciens se parlent entre eux de manière vulgaire. Aucun journal ne reprend ces termes. Par exemple, Jacques Chirac traite Tony Blair de "pompeux imbécile". Quitte à choisir entre deux imbéciles, je préfère, en ce qui me concerne, un imbécile qui réussit à un imbécile qui échoue.- Dans de nombreux livres, le poème de Baudelaire "Les Phares" est amputé de cette strophe :"Goya, cauchemar plein de choses inconnues,De fœtus qu’on fait cuire au milieu des sabbats,De vieilles au miroir et d’enfants toutes nues,Pour tenter les démons ajustant bien leurs bas ;"- De Voltaire à De Gaule, de nombreux grands noms français ont des propos racistes. Comme ce sont des personnes célèbres français, on efface soigneusement ces propos des manuels. Pour mémire : * Voltaire dans Essai sur les Mœurs et l'esprit des Nations : "Il n'y a point de voyageur instruit qui, en passant par Leyde, n'ait vu une partie du reticulum mucosum d'un Nègre disséqué par le célèbre Ruysch. Tout le reste de cette membrane fut transporté par Pierre-le-Grand dans le cabinet des raretés, à Petersbourg. Cette membrane est noire, et c'est elle qui communique aux Nègres cette noirceur inhérente qu'ils ne perdent que dans les maladies qui peuvent déchirer ce tissu, et permettre à la graisse, échappée de ses cellules, de faire des tâches blanches sous la peau. Leurs yeux ronds, leur nez épaté, leurs lèvres toujours grosses, leurs oreilles différemment figurées, la laine de leur tête, la mesure même de leur intelligence, mettent entre eux et les autres espèces d'hommes des différences prodigieuses. Et ce qui démontre qu'ils ne doivent point cette différence à leur climat, c'est que des nègres et des négresses transportés dans les pays les plus froids y produisent toujours des animaux de leur espèce, et que les mulâtres ne sont qu'une race bâtarde d'un noir et d'une blanche, ou d'un blanc et d'une noire. "* Pierre Larousse : "C'est en vain que quelques philanthropes ont essayé de prouver que l'espèce nègre est aussi intelligente que l'espèce blanche. Un fait incontestable et qui domine tous les autres, c'est qu'ils ont le cerveau plus rétréci, plus léger et moins volumineux que celui de l'espèce blanche. Mais cette supériorité intellectuelle qui selon nous ne peut être révoquée en doute, donne-t-elle aux blancs le droit de réduire en esclavage la race inférieure ? Non, mille fois non. Si les nègres se rapprochent de certaines espèces animales par leurs formes anatomiques, par leurs instincts grossiers, ils en diffèrent et se rapprochent des hommes blancs sous d'autres rapports dont nous devons tenir grand compte. Ils sont doués de la parole, et par la parole nous pouvons nouer avec eux des relations intellectuelles et morales, nous pouvons essayer de les élever jusqu'à nous, certains d'y réussir dans une certaine limite. Du reste, un fait plus sociologique que nous ne devons jamais oublier, c'est que leur race est susceptible de se mêler à la nôtre, signe sensible et frappant de notre commune nature. Leur infériorité intellectuelle, loin de nous conférer le droit d'abuser de leur faiblesse, nous impose le devoir de les aider et de les protéger."* Jules Ferry : "Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures... "* Charles de Gaulle : "Qu'est-ce que les Arabes ? Les Arabes sont un peuple qui, depuis les jours de Mahomet, n'ont jamais réussi à constituer un État... Avez-vous vu une digue construite par les Arabes ? Nulle part. Cela n'existe pas. Les Arabes disent qu'ils ont inventé l'algèbre et construit d'énormes mosquées. Mais ce fut entièrement l'œuvre des esclaves chrétiens qu'ils avaient capturés... Ce ne furent pas les Arabes eux-mêmes... Ils ne peuvent rien faire seuls."