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27 mai 2007 7 27 /05 /mai /2007 12:53

Plusieurs fois, je me suis permis de conseiller à des jeunes gens de réfléchir à une carrière possible dans la recherche, dans les lettres, dans l'enseignement ou dans l'art, bref dans quelque chose de désintéressé. Des jeunes gens qui étaient dotées, à mon avis, d'un talent particulièrement impressionnant.

Certaines m'ont répondu une phrase qui me plonge – mais je plonge facilement – dans une consternation muette : « Je ne suis pas contre, mais je veux aussi connaître la société. »

Je m'interroge : quelle vision a-t-on de la société, quand on en exclut l'art, la pensée, le savoir et la transmission du savoir ?  

Ce ne sont pas ces jeunes gens qui sont en cause, elles sont le reflet de ce que l'on pense dans la société, précisément. Mais il convient de hurler sur les toits une autre vérité. Dans une société, il y a des gens qui produisent des machins, il y a des gens qui inventent de nouveaux machins, il y a des gens qui administrent les producteurs de machins, il y a des gens qui ne savent rien faire, et souvent on leur donne le pouvoir, il y a des gens qui font de la musique, il y a des gens qui sont beaux et pour cela seulement on leur donne des fortunes, il y a des gens qui sont des intercesseurs avec des forces supérieures, il y a des gens qui passent d'une classe à l'autre, d'une activité à l'autre, il y a des gens qui ratent ce qu'ils entreprennent, il y a des gens qui n'entreprennent rien. Et il y a des gens qui ont un talent étonnant : ils créent de la pensée, ou de l'émotion.

Et la société a besoin d'eux.   

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Published by Guillaume - dans Profs-Etudiants
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commentaires

Catulle for ever 29/05/2007 09:47

Etonnée par ce raccourci forcément réducteur concernant les lettres classiques. 

Guillaume 28/05/2007 15:57

J'avais lu cet entretien qui montre le populisme de notre président. En effet, ce qu'il dit semble relever du bon sens; sauf que : 1- Il n'existe pas de filière d'étude qui s'appelle "littérature ancienne", donc c'est une invention pour bien montrer au contribuable qu'il y a des intellos qui s'occupent vraiment de n'importe quoi. En revanche, il y a lettres classiques, mais ça devrait lui plaire, à lui, les lettres classiques, pour retrouver une école autoritaire, les vraies valeurs, pour "liquider 68". Comment s'interroger sur l'identité nationale si on méprise dès le départ les classiques ?
2- Il sous entend que l'Etat donne des bourses d'études à des milliers d'étudiants en lettres, mais je doute qu'il pourra en donner encore moins, car aujourd'hui, les humanités ne sont presque plus aidées du tout par l'Etat. Ce qu'il dit (le ratio nombre d'étudiants/ nombre de postes) est lié à une situation de concours, or qui donc obtient des bourses pour préparer les concours de lettres ? Je ne sais même pas si ça existe.
Ce sont donc des paroles en l'air, strictement des paroles sans rien dessous. Q'il encourage les études scientifiques et techniques, technologiques, moi je n'ai rien contre, mais qu'il ne mente pas constamment. Enfin, il est vrai que la vision de la société qui se dégage de ses discours, ce n'est pas brillant brillant.

xiao-bob 28/05/2007 10:48

Voilà qui ne va pas dans le sens des vues de notre petit Nicolas :
   “Dans les universités, chacun choisira sa filière, mais l’Etat n’est pas obligé de financer les filières qui conduisent au chômage. L’Etat financera davantage de places dans les filières qui proposent des emplois, que dans des filières où on a 5000 étudiants pour 250 places (…) Vous avez le droit de faire littérature ancienne, mais le contribuable n’a pas forcément à payer vos études de littérature ancienne si au bout il y a 1000 étudiants pour deux places. Les universités auront davantage d’argent pour créer des filières dans l’informatique, dans les mathématiques, dans les sciences économiques. Le plaisir de la connaissance est formidable mais l’Etat doit se préoccuper d’abord de la réussite professionnelle des jeunes. »
Je partage vos préocupations