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22 mai 2007 2 22 /05 /mai /2007 11:18

Dans la salle de theatre, pas de scene a proprement parler, mais des tabourets disposes par grappes, par troupeaux, separes les un des autres par des espaces informes. On se demandait, mais ou vont evoluer les actrices, ou faut-il regarder, ou faut-il s'asseoir ?

Sur le sol, des feuilles de papier, assez grandes, a peu pres aussi grandes que les feuilles de calligraphie chinoise. Sur les murs, des calligraphies, justement, entre tradition et art moderne : des taches, des hexagrammes, des lignes, des choses qui ressemblent a des caracteres et qui n'en sont pas.

Les textes de Duras, Ecrire et L'homme de l'Atlantique sont declames tantot en chinois, tantot en francais. Les actrices occupent tout l'espace, evoluent au milieu du public, vers les murs, ouvrent des fenetres sur la rue. Les spectateurs doivent donc se deplacer sur leur tabouret, se retourner, faisant par la du bruit avec les feuilles sur le sol. Le texte est donc soutenu par le son de froissements de papier, bien venus quand le texte tourne autour du theme de l'ecriture.

La mise en scene etait a moitie improvisee. Cela se vit lorsqu'une actrice fit des gestes vers une spectatrice qui faisait du bruit, ou lorsque les actrices souriaient sans qu'on sache pourquoi. Cette improvisation leur permettait de reagir constamment avec ce qui se passait dans le public. Quand il y avait de l'agitation quelque part dans la salle, une actrice y allait et, en quelque sorte, prenait sur elle l'agitation, ou l'incarnait, ou l'accompagnait et, partant, la calmait. De meme, quand les actrices etaient a terre, couchees, des gens dans le public se levaient, et c'est la salle entiere qui bougeait, au fond, qui faisait des vagues. Je voyais des spectateurs marcher, changer de place, sortir et partir pour certains. Tout cela me plaisait bien. Moi-meme, fatigue d'etre assis, je me suis leve avec la vague crainte, ou le vague desir, qu'une des actrices chinoises viennent "reagir" vers moi. Meme l'eclairagiste improvisait, les lumieres reagissaient avec les actrices et le public.

Enfin, beaucoup de choses, et plus encore, des jeux assez interessants avec les feuilles sur le sol, des jeux avec les tableaux.  Au bout du compte, je n'ai pas beaucoup ecoute le texte, mais j'ai ecoute les voix, vu les corps et ressenti des mouvements, des gestes. Et moi qui trouve le theatre parfois assez emmerdant, je me suis reconcilie avec lui, le temps d'une soiree.

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Published by Guillaume - dans sons
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