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22 mai 2007 2 22 /05 /mai /2007 13:26

Il est des jours où je souffre pour mes étudiants. Je les trouve exténués sur leur bureau, muets et comme vidés de toute envie. A la pause, ils enfoncent leur tête dans leur bras replié et il n’y a rien que je puisse faire pour les divertir de leur ennui : parler fort, parler doucement, analyser des œuvres d’art, montrer des images, chanter des chansons, faire de l’économie, de l’histoire ou des débats politiques, rien ne les motive plus. C’est comme s’ils avaient trop donné, ou trop reçu, et qu’ils abordaient un âge où il fallait leur foutre un peu la paix.

Rappelons-nous que la plupart d’entre eux n’ont pas choisi d’étudier ce qu’ils étudient. Ils se sont retrouvés là sans attirance particulière pour le français, par manque de place dans d’autres facultés plus attractives à leurs yeux. Une étudiante m’a dit un jour qu’en français, on n’étudiait « que des choses banales ». Je crois qu’elle voulait dire inutiles, inintéressantes du point de vue de l’emploi. Mais peut-être voulait-elle dire banales.

Par ailleurs, beaucoup de professeurs pensent aussi que le but de ces études est de parler français, de l’écrire et de le comprendre. L’aspect culturel, civilisationnel, intellectuel, n’est pas encore pris tout à fait en compte dans le système éducatif chinois. Alors les étudiants, à partir du moment où ils ont acquis un niveau, disons, professionnel de langue, ne comprennent pas l’intérêt qu’il y a à venir en classe. Et en effet, si l’université n’avait d’autre utilité que de former les jeunes pour trouver un emploi, il n’y aurait pas de sens à les garder. On devrait leur donner un diplôme, dès qu’ils savent être autonomes, et les laisser chercher un emploi.

 

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Published by Guillaume - dans Profs-Etudiants
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commentaires

Delph 25/05/2007 13:33

Et voilà. Qu'on est bon pour soi. Que la séduction soit neutre, naturelle; que ce ne soit pas un avant-show.
nb: j'ai pas tout compris avant de consulter le dictionnaire mais il y a de belles lignes textuelles aujourd'hui...

Guillaume 25/05/2007 04:13

Difficile question que celle de la détestation. Un prof y pense bien sûr, comme d'ailleurs un directeur, un chef d'équipe, un leader quelconque, c'est une chose à gérer. Mais on ne peut pas forcer les gens à vous aimer, alors la seule chose qui nous reste à faire est d'essayer de travailler du mieux que l'on est capable. Sans trop chercher à séduire -c'est la raison pour laquelle j'ai été ému de voir Giscard d'Estaing à Shanghai, qui représente à mes yeux l'anti Sarkozy par excellence, l'anti poudre aux yeux.

Delph 24/05/2007 19:23

Plutôt normal d'être détesté, ce qui est pas mal d'ailleurs, non? Plus qu'on arrive à séduire une communauté, plus une autre communauté ira le détester.
Il est possible que ceux qui choissent le français comme premier choix s'intéresse vraiment à la langue, mais la langue veut dire bcp de choses. La litté, la civilisation, la langue même, et à Shanghai à Fudan, le diplôme et l'emploi, l'argent assurés dans le futur. Chacun son goût.

Ancienne étudiante 24/05/2007 17:49

Choisir le français comme sa spécialité comme le premier choix n'égale pas qu'on s'intéresse vraiement à cette langue.
Si un étudiant déteste Guillaume, c'est probable qu'il déteste tous ses professeurs de français.
 

qn 24/05/2007 16:43

pourquoi ne penses-tu pas que c'est parce qu'on te deteste?
une chose a ajouter. la plupart des etudiants de francais ont choisi cette specialite comme premier choix.