Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Rechercher

Archives

7 mai 2007 1 07 /05 /mai /2007 04:51

C'est le nouveau mot a la mode. Sarkozy l'avait prononce dans le debat de l'entre deux tours, a propos de l'ecole significativement. Le vieil ecrivain decrepit, Jean d'Ormesson, le repete en etouffant sa joie. Enfin de l'autorite, dans cette chienlit qu'est la France, exulte-t-il.

C'est donc un president explicitement autoritaire que la France a elu. Un homme qui reve d'une ecole ou les enfants se levent quand le professeur entre dans la classe, ou les professeurs se transforment en pions s'ils veulent arrondir leurs fins de mois (cf. le debat Sego-Sarko, visionnable sur YouTube). Un reve de garde-a-vous et de larbins, ou le citoyen devient soit obeissant soit delinquant.

En quoi cela est-il un probleme ? En ceci que, comme on le voit partout ou la revolution neo-conservatrice a eu lieu, les mots ont perdu une partie de leur sens et ont glisse de sens. L'autorite, c'est un mot noble dont l'etymologie latine renvoie a une certaine sagesse, a un melange de competence et de d'experience. Celui qui a de l'autorite, c'est celui qu'on consulte parce que son opinion est eclairee, respectee. Ainsi on a coutume, en philosophie politique, d'opposer l'autorite et le pouvoir, car ce dernier peut etre ignorant, aveugle, et possede des moyens de coercition. L'autorite, au sens noble du terme, n'a d'influence que par sa hauteur de vue, sa moralite et son expertise.

L'autorite incarnee par Sarkozy est un absurde simulacre. Les enfants qui se levent, les profs qui surveillent les eleves : vide sideral de toute pensee, de toute creativite. Image d'Epinal d'une enfance sage comme une image. Le professeur n'est plus un acteur, (ni un auteur, pour prendre un terme a l'etymologie commune avec celle de l'autorite) qui doit se cultiver et developper un savoir, c'est un agent  (avec toute la passivite que ce terme enveloppe) qui a pour mission "d'apprendre a lire, a ecrire et a compter" (cf. le debat).

Le pauvre ecrivain officiel du Figaro, Jean d'Ormesson, l'ecrivain academique, brillant bavard et et sympathique intellectuel de droite qui n'a jamais enfante un concept operant pour penser la societe ou le monde, dont l'oeuvre litteraire disparaitra aussi vite qu'elle est apparue, ecrit : "Nous entrons dans un temps de convictions, de fermeté, d’autorité. On parierait pourtant volontiers sur une présidence d’ouverture et de rassemblement." Tout se melange avec joie, avec une jubilation histerique ; l'ordre va regner, a la baguette, et en meme temps, aucun risque d'ajouter que la tolerance regnera aussi, et que ceux qu'on a insulte finiront par se joindre a l'ideal d'une France au travail, tourne vers le profit et tournant le dos a l' autoritas.

Partager cet article

Repost 0
Published by Guillaume - dans Politique
commenter cet article

commentaires

François 07/05/2007 08:54

Excellent article ! Tout à fait d'accord surtout sur le vol du sens des mots par la révolution néo-conservatrice (libéralisme,autorité , tolérance...) Bravo ! Oh moi aussi je viendrai bien vous voir à Putuoshan , ca me changerait des gremlins que j'ai a garder pour arrondir mes fins de mois (mais justement , je n'ai pas bbeaucoup d'argent...donc je reste) En tout cas c'est pas bien de taper sur les petits vieux comme tu le fais , même si ils viennent de l'académie française...