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14 avril 2007 6 14 /04 /avril /2007 12:44

Quand Valéry Giscard d'Estain est monté sur scène, j'ai ressenti une légère émotion. Des souvenirs de télévision des années quatre-vingt me sont revenus en mémoire. Les imitateurs qui contrefaisaient sa voix, sa maigreur squelettique, c'était comme revoir un épisode de Dallas ou de Télé foot.

Il a parlé de l'Europe pendant quarante minutes. C'était pédagogique, clair comme le cours d'un professeur qui ne cherche pas à séduire ses étudiants. Un professeur qui ferait confiance dans l'intelligence de ses étudiants, mais qui, en même temps, ne verrait aucun intérêt à les surprendre, à les inspirer, à provoquer en eux des interrogations et des enthousiasmes. Confiance dans la force de persuasion d'une idée juste.

Il avait une confiance inébranlale en lui-même et en son projet de constitution européenne. Le non des Français au referendum, il en parlait comme d'une anomalie qui serait tôt ou tard surmontée, ainsi que celui des Hollandais. Puis les Anglais y viendraient, pour lui, si on l'écoutait "entre les lignes", tout cela ne faisait aucun doute.

Dans sa conclusion, il a avancé l'idée que la grande mission à venir dans les cinquante ans à venir serait de constituer une identité pour les Européens. Il n'a pas dit comment cela pourrait se réaliser, mais j'ai sondé mon coeur : je suis déjà européen, et je sens que je l'ai toujours été. Moi, je veux bien d'une citoyenneté européenne et ça ne me dérangerait pas le moins du monde d'avoir pour dirigeants des Finlandais, des Allemands et des Italiens. Je ne suis pas certain que le personnel politique français soit le meilleur d'Europe et, franchement, je déléguerais bien mon pouvoir à des sociaux démocrates scandinaves.

Ce n'est pas une opinion politique, c'est un sentiment. Mon coeur me dit que je suis européen d'origine française. Si vous me demandiez de vous expliquer ce que cela signifie, je serais bien en peine de vous le dire, mais j'aurais autant de mal à vos dire exactement ce que signifie être français. Ici, quand il faut comparer la Chine avec chez moi, je compare avec l'Europe. Quand je pense à Dublin, je suis chez moi ; l'Italie, c'est chez moi ; mon origine directe, c'est la Grèce antique et des Vikings violeurs d'Anglaises.

Giscard, lui, il était au-dessus de tout ça. Avec son sourire narquois et son air de n'avoir jamais douté de rien, il donnait une impression de sagesse, d'être au-dessus de la mêlée ("si les Européens donnent la majorité aux partis de gauche, eh bien la politique européenne sera plus sociale, et la constitution n'aura rien à voir là-dedans".) A la différence d'un Chirac, qui a tant de fois retourné sa veste et changé de personnalité - revoyez son débat avec Mitterand en 88 sur le site de l'INA, vous ne reconnaîtrez pas le vieil amateur d'art asiatique - Giscard donne l'impression de penser continuellement dans ce qu'il estime être le bien général.

Pour finir, je vous le dis tout net (et depuis la plus grande incompétence politique), moi je suis plutôt de gauche, j'ai en tout cas toujours voté à gauche, mais j'aime l'idée que mon pays ait eu un jour Giscard comme président, cela prouve que nous ne tombons pas nécessairement dans les bras du plus démagogue de la liste. 

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Published by Guillaume - dans hommes politiques
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Jennifer a Shanghai 20/04/2007 07:55

J'ai lu ton commentaire sur mon blog. Enfin heureuse d'en avoir un de toi! Car j'aime beaucoup ton blog! En plus, tu me fais un compliment, la classe!
Pour la proposition electorale, ce n'est pas trop tard, mais finalement c'est peut etre pas une bonne idee. :-)
Ca fait des mois que je polemique avec mes amis sur cette campagne, donc ce serait un peu du gachis. :-)
J'hesitais car a force d'etre tatillon sur n'importe quoi, on en oublie parfois le principal et ainsi mon choix est fait.
1er tour dans deux jours! ta da da daaaa!

Francois 19/04/2007 11:59

Rassure toi , je plaisante ! Petit bourgeois moi-même , j'ai des poussées d'aggressivité mal contrôlée, surtout quand on parle politique. Le message précédent  etaitT un message crypto-ségo-bayrouiste d'adieu au François e-militant que je suis. Bien a toi

François 19/04/2007 04:24

Oh la honte , ton président adoré dont tu bave d'admiration vient de se rallier à Sarkozy... (qui lui m^me vient de se rallier à Lepen) Sur ce , je te laisse avec ta petite conscience petite bourgeoise (qu'aurait vomi un deleuze ou un Barthes ) et te laisse dans ton narcissime sans fin, cest la honte vraiment de laisser des commentaires sur ce blog...Pouah
Adieu,
François.
 

Jennifer a Shanghai 18/04/2007 08:56

Je ne veux pas trop en parler ici, envoie moi un mail via le "contactez moi" de mon blog, je te dirais le fond de ma pensee a propos de ce que je te propose
 
 

Guillaume 18/04/2007 03:41

Tu ferais ca, Jennifer ? Attention, je te prends aux mots tres serieusement. C'est un deal que j'ai failli proposer a des Francais qui etaient toujours dans le doute recemment, et que j'ai envie de faire souvent. Votez pour moi, a ma place plutot, car en effet je me sens mal de ne pas faire ce devoir democratique. Encore hier un etudiant disait, lors d'un expose sur un candidat : "Un ami francais m'a dit que les elections, c'etait juste un jeu, une grande farce." Je m'attriste de ce genre d'attitude, superieures et vaines. Pour moi, ce sont des moments historiques, qui disparaitront tout a fait un jour, et les gens y penseront comme a un age d'or de la pratique politique. Mais je m'enflamme, Jennifer.
 J'attends ta reponse sans rire.