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5 avril 2007 4 05 /04 /avril /2007 12:35

Je demande à une étudiante ce qu’elle compte faire comme recherche, en France. De la linguistique, dit-elle. C’est alors que je me rends compte que très peu d’étudiants ne font de la littérature, à proprement parler. Ils choisissent pour la plupart linguistique, traductologie (théorie de la traduction), ou n’importe quoi d’autre. Mon étudiante m’explique ce phénomène par deux raisons à moitié contradictoires mais également valables : la littérature, c’est trop difficile, et ce n’est pas assez sérieux. Voilà de quoi méditer.

Là-dessus, Neige raconte une histoire poignante sur son blog Pays de neige. La narratrice, séduite par une prof, choisit la littérature comme champs de recherche, et se retrouve avec un bouquin à traduire, la dernière merde concernant Chirac et sa prétendue érudition. Voilà comment étouffer les étudiants. Plutôt que de leur demander des travaux de recherche dignes de ce nom, qui les obligent à lire, à comparer, à réfléchir, à discuter, on leur donne un boulot bassement commercial. Plutôt que de diriger leurs recherches, on accepte sans le dire une forte dose de plagiat. Plutôt que de les inciter à sortir de chez eux et d’eux-mêmes, à s’élever vers des auteurs difficiles mais qui sont nos trésors, on les flatte et on en fait des assistants, des techniciens. Des employés et des administrateurs.

Neige termine par ces mots : « … je me sens…mal. » Il y a quelque chose de ce malaise dans la situation de la littérature étrangère en Chine.

 

 

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Published by Guillaume - dans Profs-Etudiants
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commentaires

Guillaume 08/04/2007 03:59

Oui, et d'ailleurs, moi, si j'étais une jeune Chinoise, libre de toute attache et capable d'écrire en français, je songerais sérieusement à imiter cette WeiWei... 

xiao-bob 07/04/2007 18:09

 Il s'agisait en fait d'une jeune fille de la minorité Zhuang, née en 1957, elle avait été désignée dans son village pour aller étudier à l'école des interprètes, dans ce livre elle racconte sa vie à l'école et ses difficulté à trouver des livres français, juste à la finde la révolution culturelle.
A présent elle vit en Europe, en Angleterre,  elle écrit directement en français sous le nom de Wei Wei

Neige 07/04/2007 17:40

Une fille Zhuang, de Wei Wei,,, c'est une façon de dire : une fille qui s'appelle Zhuang Wei Wei?

xiao-bob 05/04/2007 19:09

Je venais juste de lire, Une fille Zhuang, de Wei  Wei, elle avait eu moins de chance encore dans le choix d'ouvrage en français puisque, pour sa dernière année d'étude, le professeur avait choisi "l'Hebdo de Pekin" pour être certain de n'avoir pas de problèmes idéologiques.

Guillaume 05/04/2007 13:54

Cette conversation n'est pas inutile, elle est gratuite. Non lucrative. Mais tu as raison, va te renseigner sur notre president. Quand tu auras fini ta traduction, il sera notre ancien président, et le livre en question n'intéressera plus personne (mais ce n'est pas grave pour toi puisque tu seras déjà payée, hi hi.) Pour clore, je ne suis pas pessimiste ; avec des étudiants comme toi, qui écrivent et qui traduisent, il y a lieu d'espérer.