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26 mars 2007 1 26 /03 /mars /2007 01:44

Mademoiselle Zhao est passablement déçue par les hommes.  

Elle dit vouloir rompre mais veut rester honnête. Elle ne veut pas faire de mal à son petit gars, donc n’ose pas, mais d’un autre côté elle ne le supporte plus et rentre tard, rejette tout contact avec lui. Elle se plaint de son attitude pressante et évoque sa jalousie pour justifier son attitude ambiguë vis-à-vis de lui. Elle me parle de tout cela et me demande des conseils. Je lui dis : « Tu veux un conseil, un avis indépendant, ou tu veux juste entendre dire des paroles qui vont dans ton sens. Tu veux que je te dise ce que je pense ou que je te dise ce que tu voudrais entendre ? » Elle veut une opinion franche.

Alors, moi, vois-tu, j’ai vécu les deux situations. Il m’est arrivé de rompre et de faire face à des colères hystériques que je n’avais pas prévues. Ou au contraire de faire face à des silences déçus et stoïques, des filles mieux que moi sous tous rapports et qui murmuraient : « J’ai dû faire ou dire quelque chose de mal. » C’est à vous mettre le cœur en miette.

J’ai aussi connu la rupture de l’autre côté de la barrière, des femmes qui n’osaient pas rompre clairement et qui, soit me trompaient, soit laissaient pourrir notre histoire (et mon état mental avec), option qu’a choisi mademoiselle Zhao, visiblement.

Mon conseil est donc d’une simplicité absolue, une simplicité dure et grave. Du moment que tu sais que cette histoire n’a pas d’avenir, tu dois rompre franchement en prenant toute la responsabilité de l’échec de votre histoire. Attends-toi à recevoir des reproches, des insultes, du mépris, de l’incompréhension, et accepte tout. Ne cherche pas à être aimée au moment où tu déclares précisément que tu n'aimes plus. N’essaie pas de lui faire admettre, ni même de sous-entendre qu’il est aussi un peu responsable de la rupture. C’est toi qui veux rompre, c’est toi qui, par ce geste, obtiens ce que tu désires, donc c'est à toi d'être magnanime. Tu es libre, ne cherche pas en plus à être comprise de la personne dont tu te libères. C’est un prix à payer, la haine que tu risques de voir exprimer à ton égard, un prix à payer assez léger compte tenu que pour toi, c’est un mauvais moment à passer, alors que pour lui, ce sera des semaines et des mois de déprime, de dégradation intérieure de l’image qu’il se fait de lui-même, de perte de confiance, de cuites avec des copains plus ou moins compréhensifs, de solitude, que sais-je ? d'activité sexuelle désordonnée et vénale.

Conclusion : pour rompre sans être détesté, il faut rompre nettement, avec le tranchant du boucher de Zhuangzi, sans avoir peur d’être détesté.

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Published by Guillaume - dans sexe-amour
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commentaires

ben 02/04/2007 09:27

Je ne vois pas où est le vice. Qu'il y ait des choses qui durent toujours ou du moins qu'il y ait des actes réalisés dans l'idée d'une permanence, n'enleve rien à la necessité d'adapter nos comportements et nos perceptions à la possibilité du changement ou de la rupture, à partir de la perception claire de la réalité de la précarité ou de l'impermanence. C'est ça, le zen. Quand tu conduis, tu évites d'aller trop vite, non parce que tu sais que tu auras un accident si tu le fais, plein de gens conduisent trop vite sans jamais en avoir eu, mais parce que tu sais que cela pourrait arriver. c'est une regle de prudence élémentaire. En definitive, il ne s'agit que de tirer les consequences d'une extension de la précarité au domaine de la vie amoureuse. Or, comme tu le disais, si le sage précaire a un avantage sur le fonctionnaire titulaire d'un emploi à vie,c'est bien la conscience de la mortalité de nos sentiments comme celle de l'incertitude de notre avenir. Elles se mêlent à l'emerveillement et produisent un sentiment nouveau, plus fort, peut-être.

Guillaume 31/03/2007 11:14

Il y a quelque chose d'évidemment vicié, dans le raisonnement ci-dessus, et ce pour la raison qu'il y a des choses qui durent toujours. Chez moi, il y a des choses qui dureront jusqu'à ma mort. Je ne sais pas encore quoi, car je ne peux pas être certain de ce qui se passera dans les années à venir, mais entre toutes mes passions, mes inclinations, mes amitiés, mes admirations, mes attachements, il est impossible que la vie brise tous ces noeuds. Donc, sous ma dureté cynique, je suis un romantique, je crois à la possibilité de l'amour éternel, ou en tout cas à un émerveillement pour une seule femme qui se renouvelle sans arrêt.
Et puis, il faut croire aux instants présents puisque, après tout, il n'y a qu'eux qui existent.

ben 31/03/2007 04:54

J'ai l'impression que ce que tu proposes, ce serait une maniere responsable d'envisager les ruptures, en assumant la souffrance qu'elles peuvent causer. Mais si la responsabilité est d'assumer les consequences prévisibles de nos actes, ce qui serait completement responsable, si tu aimes quelqu'un, ce serait d'anticiper sur la rupture à venir. Quand tu passes du temps avec une fille, tu crées en elle une habitude,  elle et toi aurez l'impression de ne plus pouvoir vivre l'un sans l'autre, et comment ferez-vous lorsqu'il vous faudra rompre, comment fera-t-elle pour survivre lorsque tu la laisseras tomber? On croit tous que tout est éternel, qu'on n'abandonnera jamais ceux qu'on aime,... Cessons donc de faire comme si tout devait durer toujours. Si tu aimes vraiment quelqu'un, il te faut mener cette personne à se passer de toi. Comment feras-tu pour l'y préparer? Ton devoir est d'être décevant, désagréable, de laisser trainer tes chaussettes sales et de montrer à celle que tu aimes le plus qu'en fait tu l'aimes déja moins, de démolir vos relations lorsque tu es le plus amoureux, pour la détacher de toi. C'est un peu horrible, comme idée, la responsabilité.

Jennifer a Shanghai 29/03/2007 11:10

Moi, j'ai jamais eu d'affaires a recuperer... :-D
Et puis, je fais partie des gens, malgre moi, pour qui c'est impossible de rester ami apres une rupture...Donc bon, etre detestee ou pas...
Apres, ca depend sans doute de la relation, comme tu le dis, car je pense qu'il est peut etre possible de rompre en restant ami quand il s'agissait d'une relation saine et respectueuse.
Enfin, bref, j'arrete ici "le courrier du coeur" de Jeune&Jolie. Ton blog est interessant pour pleins d'autres choses...

Guillaume 29/03/2007 11:09

Peut-être Fanny, mais je dirais autrement : rompre nettement afin que l'amitié puisse avoir une chance de subsister. Mais il n'y a pas de règle, dans ces choses. Certaines personnes ont l'amitié chevillée au corps et peuvent pardonner des tonnes de trahisons.